CHEMIN François, Auguste

Par Bertrand Gogendeau

Né le 28 août 1884 à Champéon (Mayenne), fusillé le 2 mars 1942 à Angers (Maine-et-Loire) ; hôtelier-restaurateur ; résistant, membre du groupe Les Flèches noires.

François Chemin était le fils d’un sacristain et d’une tisserande. En 1939, il tenait avec son épouse Marie Clavreul l’hôtel-restaurant La Belle Étoile, situé rue de Paris à Mayenne (Mayenne). Le couple eut eu cinq enfants.
Suite à l’armistice, en tant qu’ancien combattant de la Première Guerre mondiale, il refusa de voir la France mise à genoux et occupée par les troupes allemandes. Il ne put se résigner à cette situation. Dès le mois de juillet 1940, il intégra le groupe « Les Flèches noires » qui venait de se constituer à Mayenne. Il en devint le responsable. François Chemin organisait des réunions à son domicile. On y discutait des possibilités de recrutement et des moyens à envisager pour résister contre l’occupant.
Suite à une dénonciation, des agents de la Sipo-SD démantelèrent le groupe le 20 novembre 1941. À cette date, plusieurs personnes furent arrêtées à leur domicile par la Feldgendarmerie : François Chemin pour « intelligence avec l’ennemi et activité gaulliste », Marie Chemin (son épouse), Auguste Chemin (son fils), Joseph Peignaud, Gilberte Peignaud, Charles Sindic, Paul Derouet, Raymond Guéret, et René Dedienne. François Chemin et les autres furent incarcérés à la prison de la Cacaudière à Laval.
Le 6 février 1942, il fut condamné, par le tribunal militaire allemand de la Feldkommandatur du Mans siégeant à Laval, à six ans de travaux forcés. Le 23 février, à 21 heures, il fut transféré par la Feldgendarmerie à la prison du Pré-Pigeon, quartier allemand, à Angers (Maine-et-Loire). Il reçut le matricule no 481 et fut enfermé dans la cellule no 19 au deuxième étage. Le premier jugement considéré comme trop clément, semble-t-il, par les autorités allemandes, il comparut une seconde fois, le 27 février 1942 devant le tribunal militaire allemand d’Angers, avec Joseph Peignaud et Charles Sindic. Tous les trois furent, cette fois-ci, condamnés à mort.
Le 2 mars 1942 à 15 heures, son recours en grâce ayant été rejeté par les autorités allemandes du Gross Paris, François Chemin a été fusillé dans la clairière de Belle-Beille à Angers avec ses deux compagnons.
Vers 16 heures, il fut inhumé dans le cimetière de l’Est à Angers (carré no 5, rang no 7, fosse no 23). Le 5 mars 1942, à 9 heures, le cercueil contenant sa dépouille fut exhumé pour identification car les Allemands n’avaient ni prévenu de l’exécution, ni donné l’identité de la victime. Le médecin légiste présent à l’opération funéraire releva sur le corps de François Chemin la présence de blessures par balles, prouvant une fusillade par un peloton d’exécution.
François Chemin, déjà décoré de la Croix de guerre 1914-1918, reçut à titre posthume celle de 1939-1945, ainsi que la Médaille militaire (décret du 18 mai 1960, JO du 24 mai 1960).
Son nom, associé à ceux de Peignaud et Sindic*, fut gravé sur une plaque, inaugurée le 8 mai 1949, apposée sur son domicile (aujourd’hui, 92 rue Paul-Lintier à Mayenne).
Tous les troisièmes dimanches du mois d’octobre, une cérémonie a lieu devant le monument des fusillés de Belle-Beille au cours de laquelle son nom est cité.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article153310, notice CHEMIN François, Auguste par Bertrand Gogendeau, version mise en ligne le 12 février 2014, dernière modification le 21 novembre 2021.

Par Bertrand Gogendeau

François Chemin
François Chemin
Michel Desrues, Magali Even, Mémorial de la Mayenne 1940-1945. Fusillés, massacrés morts aux combats de la Libération, Direction départementale de l’ONACVG de la Mayenne, 2001

SOURCES : DAVCC, Caen (Notes Thomas Pouty). – Arch. Dép. Maine-et-Loire : 303W291. – Arch. mun. Angers : 4H103. – Michel Desrues, Magali Even, Mémorial de la Mayenne 1940-1945, fusillés, massacrés, morts aux combats de la Libération, ONACVG de la Mayenne, 2001. – Acte de décès, Registre des inhumations du cimetière de l’Est à Angers. – Registre de la maison d’arrêt d’Angers, quartier allemand (p. 210-211). – Livre d’or de la France combattante et résistante.

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