FROMONT Maurice

Par Jean Quellien, notice complétée par Thierry Marchand

Né le 24 avril 1897 à Boulogne-sur-Seine (Seine, Hauts-de-Seine), fusillé le 13 novembre 1943 à Grand-Quevilly (Seine-Inférieure, Seine-Maritime) ; directeur de pompes funèbres ; résistant, membre du réseau Hector et du réseau Buckmaster Jean-Marie.

Maurice Fromont, archives Lucien Levillain, communiqué par Thierry Marchand

Marié et père de trois enfants, Maurice Fromont fut directeur des pompes funèbres à Lisieux (Calvados).
Dès 1940, par l’intermédiaire de son fils Jean, il entra dans la Résistance et fournit des renseignements à une branche du réseau SR Air 40 (après la guerre, Maurice Fromont et son fils Jean seront homologués au sein du réseau Hector). Arrêté une première fois au mois d’avril 1941, comme son fils Jean, Maurice fut interné plusieurs mois à la maison d’arrêt de Caen (Calvados), puis à Fresnes (Seine, Val-de-Marne), avant d’être remis en liberté, faute de preuves.
Son fils Jean, chef scout à Lisieux et étudiant à l’Ecole supérieure de commerce de Paris, fut arrêté en plein cours dans cette école le 23 mars 1941 par la GFP. Avec l’aide de son père et de son assistant routier-scout Georges Lastelle, il fournissait des renseignements sur des aérodromes de Normandie à une branche du réseau SR Air 40 de Marc Desserée (fusillé au Mont-Valérien le 5 novembre 1941). Georges Lastelle, Maurice Fromont et d’autres sont également arrêtés, emprisonnés puis jugés du 7 au 13 août 1941 par les militaires allemands dans les locaux de l’Automobile club de France, place de la Concorde. Le tribunal est alors présidé par le juge Otto Wöhrmann. Jean Fromont et Georges Lastelle, condamnés à mort, voient leurs peines suspendues à la suite d’interventions de Charles Saint (DGTO). Ils furent ensuite emprisonnés en Allemagne dans la terrible maison de sureté de Rheinbach. Jean Fromont décéda à Lisieux le 14 février 1944, en raison des mauvais traitements subis en Allemagne, un mois après son retour en France. Il devait épouser la sœur de Georges Lastelle.
« Nous lui avons donné l’autorisation de faire de la résistance puisque mon mari faisait partie du réseau Jean-Marie (Buckmaster) à Lisieux. Nous lui envoyons même certains documents et plans dont il avait besoin. Il s’occupait surtout de reconnaissance en camps d’aviation ennemis, car il connaissait la langue », déclare en 1952 Simonne Fromont, mère de Jean et épouse de Maurice.
Sans crainte des risques encourus, Maurice Fromont se rattacha alors au réseau Buckmaster Jean-Marie. Lieutenant de réserve, il se chargea de donner clandestinement, dans les bois de Rocques, une instruction militaire aux nombreux réfractaires au Service du travail obligatoire (STO) réfugiés dans la région de Lisieux (Calvados). Il cachait aussi des aviateurs dans le fond de son établissement de Pompes funèbres générales.
Victime de la rafle qui frappa le réseau Jean-Marie à l’automne 1943, Maurice Fromont fut à nouveau appréhendé par la Sipo-SD pour « activité de franc-tireur et aide à l’ennemi » le 6 octobre 1943.
Transféré à la prison Bonne-Nouvelle, à Rouen (Seine-Inférieure-Seine-Maritime), il fut traduit avec cinq de ses camarades devant le tribunal militaire allemand de Rouen (FK 517).
Condamné à mort, Maurice Fromont a été fusillé au stand de tir du Madrillet, le 13 novembre 1943, en compagnie de Robert Martin*, Paul Besson, François-Xavier de Maistre, René Capron et Albert Manuel.

Sources :

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article153390, notice FROMONT Maurice par Jean Quellien, notice complétée par Thierry Marchand, version mise en ligne le 9 octobre 2014, dernière modification le 1er avril 2021.

Par Jean Quellien, notice complétée par Thierry Marchand

Maurice Fromont, archives Lucien Levillain, communiqué par Thierry Marchand

SOURCES : AN, F 60 1570, Recours en grâce, DGTO. AVCC, Caen (Notes Thomas Pouty). — SHD, 21 P 452 407 et 187 939. – J. Quellien (sous la dir.), Livre mémorial des victimes du nazisme dans le Calvados, op. cit. – Notes Jean-Paul Nicolas.

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