REITTER Ernest [REITTER Alfred, <em<Ernest]

Par Léon Strauss

Né le 27 juillet 1922 à Colmar (Haut-Rhin), mort le 3 juillet 2013 à Ribeauvillé (haut-Rhin) ; instituteur, puis PEGC dans les Hautes-Alpes (1942-1945), puis dans le Haut-Rhin ; syndicaliste SNI du Haut-Rhin, militant de la Ligue de l’Enseignement, d’une association de solidarité avec les immigrés et du Parti socialiste.

Ernest Reitter
Ernest Reitter
Cliché fourni par son neveu, René Reitter

Frère de René Reitter. Il fut admis, deuxième de sa promotion, à l’École normale d’instituteurs protestants de Strasbourg (Bas-Rhin) en juin 1939. À la suite de l’évacuation de Strasbourg, il commença sa scolarité en octobre 1939 à cette école repliée à Périgueux (Dordogne). Comme la grande majorité de cette promotion, il refusa durant l’été 1940 le rapatriement en Alsace germanisée et nazifiée. Il fut confirmé dans cette décision par la seule lettre reçue de ses parents de 1940 à 1945 et qui lui était parvenue par l’intermédiaire d’une Colmarienne expulsée, mais aussi par l’influence de ses professeurs alsaciens, notamment Marcel-Edmond Naegelen*. Après sa réussite au Brevet supérieur, il accomplit son année de stage dans les Bouches-du-Rhône, à Marseille et à Aix-en-Provence. À la rentrée de 1942, il demanda à être affecté dans les Hautes-Alpes, où le ravitaillement était plus facile. Il y enseigna l’allemand au cours complémentaire de Laragne.

Frappé par le Service du Travail obligatoire en 1943, mais préservé de l’envoi en Allemagne en qualité d’Alsacien, il fut affecté à la direction des Eaux et Forêts à Gap. Volontaire FFI dans le maquis du Drac de juin à septembre 1944, il reprit son enseignement à la rentrée d’octobre 1944, d’abord au camp de réfugiés étrangers ‘(Espagnols, Allemands, Autrichiens) de Fort-la Dame, puis à Marseille. Il retrouva sa famille à Colmar aux vacances de Pâques 1945.

Rapatrié dans le Haut-Rhin, il y fut instituteur à Horbourg de 1945 à 1960, puis maître de CEG à Bischwihr, et finit sa carrière comme PEGC au CES Victor Hugo de Colmar. Il pratiquait activement la pédagogie Freinet et il était correspondant de « L’École moderne » pour le Nord du Haut-Rhin. À la Ligue de l’Enseignement ; il était en 1952 délégué départemental de l’UFOLEA en 1952 . Il fut aussi délégué du CLTC (Centre laïque du tourisme culturel). Membre de la commission exécutive de la section du Haut-Rhin du SNI, il était en 1947 rapporteur de la commission des jeunes. Un des rédacteurs les plus talentueux de La Fraternelle, son bulletin, il publia en 1953 « Monsieur Meck, vous vous moquez des instituteurs d’Alsace ! », à propos d’une intervention du député MRP du Bas-Rhin et président régional de la CFTC, auprès du ministre de l’Éducation nationale pour obtenir une indemnité spéciale pour les maîtres donnant l’enseignement de l’allemand, enseignement refusé par le SNI. A la CE du 8 novembre 1956, il proposa une motion condamnant l’intervention soviétique en Hongrie qui fut ajournée à la demande de Maurice Olry*. En 1957, il s’opposa aux conférences de pédagogie religieuse organisées un jour de classe alors que les ateliers des CEMEA et les ateliers de l’ICM ne pouvaient se tenir que le jeudi. Il donna en novembre 1966 sa démission de la CE dirigée par les militants « Unité et action » en arguant du fait que les réunions de bureau n’avaient plus jamais lieu à Colmar, point fort des « autonomes ».Il fut cependant réélu le mois suivant à la CE et même désigné par celle-ci comme secrétaire général adjoint. En novembre 1967, à la suite de la démission de Georges Winterhalter, il assura l’intérim du secrétariat général en attendant l’élection, le 7 décembre, de Pierre Albouy*, qui appartenait aussi à la tendance « Unité et Action », mais n’était pas communiste et que Reitter qualifiait de « tolérant » dans une lettre adressée à Daubard* . Il resta secrétaire général adjoint et devint responsable de la commission CEG-CES.

Après son départ à la retraite, il milita activement à l’ASTI, Association de solidarité avec les travailleurs immigrés (dont avec son épouse, il fut l’un des fondateurs en 1964) et s’engagea également au Parti socialiste. Il épousa le 1er septembre 1951 Suzanne Pulfermuller de Bischwiller ; veuf, il épousa en 1962 Marie-Jeanne Anstett, professeur d’allemand, morte en juin 2012.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article153506, notice REITTER Ernest [REITTER Alfred, <em<Ernest] par Léon Strauss, version mise en ligne le 17 février 2014, dernière modification le 31 mars 2021.

Par Léon Strauss

Ernest Reitter
Ernest Reitter
Cliché fourni par son neveu, René Reitter

SOURCES : Plusieurs lettres d’Ernest Reitter de 2007 - Entretien avec Ernest Reitter, 3 mars 2010. – Archives privées - La Fraternelle, Bulletin de la section départementale du SNI. - Dernières Nouvelles d’Alsace, 6 juillet 2013. – Léon Strauss , La section du Haut –Rhin du Syndicat National des Instituteurs et le statut scolaire local de 1921 aux années 1970, dans : Françoise Olivier-Utard (dir.), Instits, profs et syndicats en Alsace, 1918-2000, Strasbourg, 2008, p.69-95. — Documents transmis par son neveu, René Reitter fils.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément