COLLAS Roger, Paul, Raymond [Dictionnaire Algérie]

Par René Gallissot

Né le 9 février 1914 à Granville (Manche), mort le 19 janvier 2001 à Beaumont-du-Gâtinais (Seine-et-Marne) ; militant de la JOC puis permanent du Mouvement Populaire des Familles, avec sa femme, militante d’action catholique dans l’entourage des ministres MRP : Paul Bacon et Robert Prigent ; parti en Algérie de 1947 à 1951 pour développer le MPF en milieu musulman ; de retour en France, sous le ministère de Paul Bacon, appelé comme contrôleur au Service de la main d’œuvre nord-africaine du ministère du travail ; ensuite, directeur à l’ASSEDIC.

Né dans une famille de cheminots, après son certificat d’études primaires et un CAP de serrurier, R.Collas décide de changer de métier pour payer les études de son petit frère et part comme marin au long cours de 1934 à 1937. Il se forme à la pensée sociale de l’Église, lit rrégulièrement L’Aube et devient militant jociste. C’est au sein du mouvement de jeunesse catholique ouvrière qu’il fait connaissance de Madeleine Bourbon, originaire de Flers dans l’Orne, qui devient responsable régionale de la JOCF en 1935, puis nationale en 1939, et qu’il épouse le 28 avril 1939 à La Lande-Patry (Orne).

Mobilisé dans la Marine, débarqué en Bretagne au service des Anglais, puis à Londres, il est refoulé au Maroc jusqu’en octobre où il revint à Flers. Le couple met en place à la fin de 1941, dans le cadre du Mouvement populaire des familles (MPF) qui succède alors à la Ligue ouvrière chrétienne, une série d’activités d’aide sociale, notamment par des jardins ouvriers sur des terrains réquisitionnés (près de 25 hectares). Des comités de quartier regroupent les 1 200 familles ouvrières concernées.

Membre du bureau national du MPF, rédacteur en chef de Monde ouvrier, Paul Bacon comme Robert Prigent, autre fidèle catholique d’action sociale, en contact régulier, avec le couple Collas, suivent attentivement l’expérience de Flers. Paul Bacon fait entrer Roger Collas au bureau national du MPF. Muni d’une fausse carte d’identité, celui-ci se déplaçe dans les départements normands.

Dès la libération de la France, Paul Bacon et Robert Prigent, dirigeants MRP, font appel au couple Collas à la direction du MPF à Paris. Roger Collas devient permanent et dirigeant national avec la charge de la région ouest. La famille Collas habitait dans le XIIIe arrondissement.

En octobre 1945, Madeleine Collas, qui avait connu, avant-guerre à la JOCF, Thérèse Béhague, l’épouse de Robert Prigent, nommé ministre de la Santé et de la Population, devient attachée de cabinet, poussant en avant des projets d’aide aux familles. Pour sa part, au sein du MPF, Roger Collas fait admettre le principe du droit des filles-mères à la prime pour la première naissance. Il est alors le représentant MPF des consommateurs dans des commissions du ministère de la Santé et de la Population. Mais le couple se sent mal soutenu par la hiérarchie de l’Église catholique.

Roger Collas et sa femme décident de partir en Algérie pour développer le Mouvement familial. Durant quatre ans, ils s’efforcent de s’insérer parmi les Musulmans, notamment dans le cadre d’ateliers de couture, ce qui leur vaut quelque incompréhension de la part de certains Européens, catholiques compris. De retour en France en avril 1951, Roger Collas accepte la proposition du ministre Paul Bacon de devenir contrôleur dans le Service de la main-d’œuvre nord-africaine, qui dépend du ministère du Travail et de la Sécurité sociale. Pendant huit ans, il travaille avec quatre adjoints dont un Algérien.

Quittant ce service, il s’investit ensuite dans la caisse des ASSEDIC de l’Île-de-France dès sa création en 1959 ; il s’agit de mettre en place des conventions collectives régissant les conditions de travail et les niveaux de rémunérations sur tout le secteur des entreprises travaillant dans la métallurgie. Tenant informé Paul Bacon, le couple s’implique dans la défense de militants algériens du MTLD et du MNA durant cette période.

Père de cinq garçons et d’une fille, Roger Collas réside à Brétigny-sur-Orge (Essonne) puis à Échilleuses (Loiret). Il entre à la maison de retraite de Beaumont-du-Gâtinais (Seine-et-Marne) le 27 juillet 1998, année du décès de son épouse, et y meurt le 19 janvier 2001.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article153526, notice COLLAS Roger, Paul, Raymond [Dictionnaire Algérie] par René Gallissot, version mise en ligne le 17 février 2014, dernière modification le 17 février 2014.

Par René Gallissot

SOURCES : Bruno Béthouart, « Madeleine et Roger Collas. L’expérience de Flers. La solidarité en actes », Les Cahiers du GRMF, 11, 2002. — Éric Belouet, « Le couple jociste », Chrétiens et ouvriers en France 1937-1970, Paris, Éditions de l’Atelier, 2001. — Interview de Roger et Madeleine Collas, 2 novembre 1991, Brétigny-sur-Orge, et renseignements fournis par la mairie, par la maison de retraite de Beaumont-du-Gâtinais (Seine-et-Marne) et par Jacques Collas, 17 avril 2006 à Bruno Bethouart pour la notice, DBMOMS, t. 3, 2007.

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