COUNILLON Georges [Dictionnaire Algérie]

Par René Gallissot

Médecin assistant de Franz Fanon* à l’hôpital psychiatrique de Blida (Algérie) en 1955 ; communiste soignant les blessés de l’ALN, aidant à la formation du maquis communiste de l’Ouarsenis puis envoyé par le PCA dans le massif des Aurès ; disparu à la fin de 1956 dans les affrontements entre fractions maquisardes.

Jeune médecin que Frantz Fanon* connaît depuis ses études à Lyon, Georges Counillon assiste le psychiatre antillais dans le service qu’il dirige à l’hôpital psychiatrique de Blida. Avec des hospitaliers communistes et les jeunes médecins Slimane Asselah du MTLD, Meyer Timsit du PCA, le frère de Daniel Timsit*, l’interne Charles Geronimi, lui aussi communiste, l’externe Alice Cherki, le docteur Counillon assure dès 1955 les soins aux blessés de l’ALN et l’assistance médicale en médicaments et fournitures.

Le PCA a pris en juin 1955, la décision de former des groupes de Combattants de la libération ; le choix se porte sur les massifs de la vallée de La Chiffa et du Chéliff. Georges Counillon est associé aux préparatifs. Après le détournement du camion d’armes par l’aspirant Maillot*, il collabore avec Auguste Chatain* et Marcel Montagné*, entrepreneurs du bâtiment qui ont camions, hangars et baraques de chantiers, à la dissimulation de l’armement autour de Blida. Le PCA envoie à l’hôpital de Blida, Hamid Gherab* rappelé à l’armée, pour se préparer à devenir le responsable militaire du maquis de l’Ouarsenis au-dessus d’Orléansville. Le docteur Counillon aide au convoyage des maquisards ; il est volontaire pour le maquis.

Hamid Ghrerab* lui transmet la réponse de la direction clandestine du PCA qui est, curieusement, de rejoindre les maquisards des Aurès. C’est après le démantèlement, début juin 1956, du groupe de l’Ouarsenis et la mort de Laban*, Maillot* et autres, en juillet peut-être que le docteur Counillon s’ajoute à Laïd Lamrani*, Georges Raffini* et d’autres communistes de Constantine qui montent au maquis dans l’Aurès ; ils sont tués dans les rivalités entre groupes maquisards en fin d’année, en novembre-décembre, par rejet des communistes sinon d’« Européens » instruits.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article153625, notice COUNILLON Georges [Dictionnaire Algérie] par René Gallissot, version mise en ligne le 19 février 2014, dernière modification le 15 octobre 2014.

Par René Gallissot

SOURCES : J.-L. Einaudi, Un Algérien, Maurice Laban, Le Cherche midi éditeur, Paris, 1999. — S. Kastell, Le maquis rouge, L’Harmattan, Paris, 1997. — A. Cherki, Frantz Fanon. Portrait, Le Seuil, Paris, 2000.

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