GAMBA Lorenzo [Dictionnaire des anarchistes]

Par Rolf Dupuy

Né le 21 novembre 1892 à Sassello (Savona, Ligurie), mort le 12 mai 1977 ; boulanger, puis docker ; communiste libertaire.

Lorenzo Gamba adhéra, adolescent, au groupe libertaire Pietro Gori de Savona (Ligurie). En 1909, il fut l’un des organisateurs de conférences de P. Binazzi et V.S. Mazzoni. En 1911 il fut arrêté pour « cris séditieux et violences contre la force publique ». Appelé sous les drapeaux en septembre 1915, il fut blessé sur le front de Gorizia. Revenu à Savona à la fin de la guerre, il fut l’un des organisateurs, le 3 août 1920, d’une manifestation au cours de laquelle deux ouvriers furent tués et de nombreux autres blessés. Arrêté, il fut condamné à quatre ans de prison.
Libéré en novembre 1924, il retourna à Savona où en 1925 il épousa Libera Giovanna Oddera. En décembre 1926 il fut condamné à trois ans de résidence surveillée, mais parvint à gagner la France par la mer.

Docker à Marseille, il fut impliqué dans une affaire de vol, condamné à quatre mois de prison et expulsé. Installé à Charleroi en Belgique, il se lia avec d’autres réfugiés comme Gigi Damiani, Giuseppe Bifolchi* ou Gelindo Zanasi. En 1928, il s’installa à Seraing-sur-Meuse et milita au groupe anarchiste local. Il fut inscrit au bulletin de recherche des autorités fascistes comme « élément très dangereux pour l’ordre national et l’Etat ».

En 1931, il revint en France, d’abord à Troyes (Aube), puis à Fontenay-sous-Bois (Seine) et enfin à Paris où, sous une fausse identité, il allait collaborer avec la plupart des militants les plus connus de l’émigration anarchiste italienne (Berneri*, Marzocchi*, Casella. etc). Fin 1932, il fut condamné à quatre mois de prison pour « infraction au décret d’expulsion ».

Il participa les 11-12 novembre 1933 au congrès des réfugiés italiens de Puteaux, réunissant de nombreux délégués de la région parisienne, du Havre, de la Savoie, de Nice, de Cannes et de la Suisse et où il fut décidé la publication du journal Lotte Sociali (Paris, 8 numéros du 15 décembre 1933 à février 1935) dont le responsable fut Leonardo Mastrodicasa* puis Virgilio Gozzoli*, et le gérant Jean Girardin*. En 1935, il rompit tout lien avec son épouse restée en Italie et devint le compagnon de Jeanne Mignon.

Lors de la déclaration de guerre il se serait porté volontaire dans l’armée française. En 1940 il fut interné au camp de Roland-Garros puis transféré au camp du Vernet, en Ariège. Le camp était divisé en trois quartiers (A, B et C). Pietro Montaresi*, qui y fut également interné seize mois, témoigna : « Au quartier A, il y avait Bezicheri de Pescaro et un Toscan dont je me souviens pas le nom. Au quartier C se trouvaient Umberto Tommasini de Trieste et Léo Campion* de Bruxelles ; enfin au quartier B où je me trouvais moi-même il y eut Rambaldi, Merli, Gregori, Ludovici*, Gamba et Ernestan*. Par la suite nous avons eu avec nous Ugo Berardi, Olindo Zornari de Bologne et Ramella qui est mort à la Seyne-sur-Mer ».

En novembre 1941, le journal Quelque Part en Suisse (Le Réveil anarchiste clandestin) signalait que Gamba était sur le point d’être extradé vers l’Italie avec d’autres militants comme Tonino Persici, G. Zanasi, Astolfi* et P. Montaresi. Le mois suivant, il fut extradé et remis aux autorités italiennes qui le condamnèrent à cinq années de résidence surveillée. Il fut interné à Ustica puis à Corropoli, et lors de la chute du fascisme, comme beaucoup d’autres internés anarchistes, au camp de Renicci d’Anghiari (Toscane).

Libéré en septembre 1943, il retourna à Savona puis, après guerre, à Paris, où dans les années 1950 il fit le lien entre la Fédération communiste libertaire et les Groupes anarchistes d’action prolétarienne (GAAP) italiens. Après l’échec des GAAP, il réintégra la Fédération anarchiste italienne (FAI) et fut membre du groupe Malatesta de Genova-Pegli avec d’autres vétérans du mouvement libertaire comme C. Stanchi, L. Dall’Olio, C. Piana, V . Grassini et G. Prigigallo.

En juin 1961, il participa au congrès de la FAI tenu à Rosignano Solvay. En janvier 1962, désormais retraité, il s’installa à Gênes. Toujours actif au début des années 1970, il réédita en 1971 une série d’articles de Luigi Fabbri.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article153666, notice GAMBA Lorenzo [Dictionnaire des anarchistes] par Rolf Dupuy, version mise en ligne le 29 mars 2014, dernière modification le 29 mars 2014.

Par Rolf Dupuy

SOURCES : Dizionario biografico degli anarchici…, op. cit. (notice de G. Barroero) — Quelque part en Suisse, novembre 1941 — Bulletin du CIRA, Marseille, n°23/25 « Les anarchistes dans la résistance » (Témoignage de P. Montaresi) — L. Bettini, Bibliografia…, op. cit.

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