DESPLANQUES Charles [Dictionnaire des anarchistes]

Par Notice complétée par Rolf Dupuy

Né le 6 février 1877 à Ivry (Seine), mort le 17 juillet 1951 ; ouvrier coiffeur ; militant syndicaliste et antimilitariste.

Charles Desplanques, domicilié, 15, rue Ferdinand-Duval, Paris, IVe arr., qui aurait participé avec Libertad à l’organe d’éducation intégrale Germinal (Paris, au moins 2 numéros en juillet 1898), fut un collaborateur de Jean Grave* aux Temps Nouveaux (1895-1914) où il assura la rubrique syndicale. Il était également le responsable à la correspondance et à la trésorerie de la revue syndicaliste révolutionnaire L’Action Directe (Paris, 9 numéros de juillet 1903 à février 1905) à laquelle collaboraient régulièrement Delesalle*, Victor Griffuellhes, Marc Pierrot*, E. Pouget*, G. Yvetot*, etc. Pour avoir signé une affiche de l’AIA (Association internationale antimilitariste) créée en juin 1904 à Amsterdam, il fut condamné, en décembre 1905, par la Cour d’assises de la Seine, à un an de prison et 100 F d’amende. En ce qui concerne le problème de la désertion sur lequel les anarchistes différaient d’opinion, Desplanques se prononça dans les Temps Nouveaux du 26 décembre 1908 « contre tout conseil de désertion », mais non « contre la désertion ». Il collaborait alors au bulletin L’AIA (Paris, 3 numéros d’octobre à décembre 1906) qui était imprimé dans les locaux du 32 rue de la Grance aux Belles et comptait 55 sections.

Mais c’est sur le plan syndical que ce militant exerça l’action la plus étendue. En 1904, l’Union des syndicats de la Seine ayant décidé de se doter de quatre secrétaires permanents, furent élus à ces postes Baumé, Bouanchaud, Desplanques et Dubéros. Il était également secrétaire adjoint de la Chambre syndicale des ouvriers coiffeurs. De 1904 à 1914, Desplanques assista à plusieurs congrès nationaux corporatifs : au XIVe — 8e de la CGT — à Bourges, septembre 1904 ; au XVIe, Marseille, 5 au 12 octobre 1908, il était alors le secrétaire adjoint de la CGT ; au XVIIIe, Le Havre, septembre 1912. Au congrès de Marseille, il intervint au sujet de la Voix du Peuple dont il était, par interim — Pouget étant détenu depuis le 1er août — un des secrétaires avec Thil puis avec Robert qui remplaça Thil le 28 octobre (cf. compte rendu, pp. 111-113). À la suite de ce congrès, Desplanques fut élu adjoint à Yvetot au secrétariat de la Fédération des Bourses du Travail par 56 voix contre 12 à G. Paul.

Mobilisé en 1914, Desplanques était, en février 1916, infirmier affecté à une ambulance, secteur postal 139.

Après la guerre, il ne milita plus dans le mouvement syndical, mais continua à fréquenter les libertaires, ceux du moins des revues Les Temps Nouveaux (Paris, 24 numéros du 15 juillet 1919 à juin 1921) et Plus Loin (n° 1, 15 mars 1925) animées toutes deux par Marc Pierrot*. Il fut notamment gérant et administrateur de Plus Loin. À partir de mars 1927, ayant déménagé en grande banlieue, il n’assura plus que la gérance. L. Haussard* lui succéda en avril 1931.

Marié à Paris, IIIe arr., le 28 mai 1904, Ch. Desplanques mourut à Paris, IVe arr., le 17 juillet 1951.

Outre les titres cités dans la notice, Charles Desplanques avait collaboré à un très grand nombre de titres de la presse libertaire et syndicaliste révolutionnaire dont : Almanach de la révolution (Paris, 1901-1913), L’Avant-Garde (Paris, 46 numéros du 23 avril 1905 au 4 mars 1906), Le Combat social (Limoges, 35 numéros du 1er décembre 1907 au 21 mars 1909), L’Emancipateur (Liège, 52 numéros du 18 septembre 1910 à mars 1913), Germinal (Amiens, 391 numéros du 19 novembre 1904 au 27 juillet 1914), Régéneration (Paris, 1896-1908) dont le rédacteur principal était Paul Robin*, Le Travailleur des Ardennes (Charleville, au moins 32 numéros de mai au 31 décembre 1908).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article153901, notice DESPLANQUES Charles [Dictionnaire des anarchistes] par Notice complétée par Rolf Dupuy, version mise en ligne le 5 avril 2014, dernière modification le 5 avril 2014.

Par Notice complétée par Rolf Dupuy

ŒUVRE : Barbiers, perruquiers, coiffeurs, Paris, 1927, x-278 p. (collection « Bibliothèque sociale des métiers), Bibl. Nat. 8e V 47 345.

SOURCES : Arch. Nat. F7/13053. — Comptes rendus des congrès syndicaux. — R. Brécy, Le Mouvement syndical en France, op. cit. — La CGT, op. cit., p. 578. — Registre d’État civil, 11 mars 1985. — R. Bianco, Un siècle de presse, op. cit.

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