BABIN Jean, Marie, René

Par Marie-Louise Goergen, Michel Gorand

Né le 16 octobre 1930 à Roiffé (Vienne) ; chef d’entretien de service électrique à la SNCF ; secrétaire fédéral de la JOC (1948-1951) ; permanent de la Fédération CFDT des cheminots (1984-1986) ; secrétaire de la Fédération d’Eure-et-Loir du Parti socialiste unifié (PSU) entre 1960 et 1964.

D’une famille d’agriculteurs de trois enfants, Jean Babin, jeune électricien, déroba des munitions aux Allemands pendant la Seconde Guerre mondiale, pour confectionner des bombes qu’il fit exploser le long des routes aux passages des véhicules des occupants. Selon son témoignage, il avait toujours dans sa poche une pince pour couper les fils téléphoniques installés aux bords des routes par les Allemands.

Jean Babin entra dans un centre de jeunesse à Tours à l’âge de quatorze ans. Tombé malade l’année suivante, il fut envoyé en maison de repos à Jurançon pendant trois mois. En 1946, il y découvrit la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC) , ce qui orienta toute sa vie de militant au service des travailleurs. Il revint ensuite au centre de jeunesse, devenu centre professionnel d’où il sortit en 1948 avec le CAP d’électricien. Jean Babin fut président fédéral de la JOC à Tours de 1948 à 1951, ce qui lui permit, avec René Salanne, du secteur international de la JOC, d’avoir de nombreux contacts avec des jocistes étrangers, notamment portugais.

Jean Babin prolongea son engagement chrétien dans le cadre de l’Action catholique ouvrière (ACO), faisant partie de son comité diocésain à Chartres en 1958. En 1980 encore, il fut membre du bureau diocésain de la Pastorale d’Évry et président du conseil pastoral.

Entré dans une entreprise d’électricité, il essaya de créer un syndicat mais se fit « virer ». Il effectua son service militaire en Allemagne de 1951 à 1953, puis entra au service électrique de l’hôpital de Tours où il adhéra à Force ouvrière. En 1953, Jean Babin passa le concours de surveillant électrique à la SNCF et fut embauché à Auneau puis muté l’année suivante à Châteaudun. Il rencontra Lucien Rasle et Yvon Cousin qui le firent adhérer à la CFTC puis devint rapidement secrétaire du syndicat des cheminots CFTC de Châteaudun. Il siégea pendant quelques années (fin des années 1950) au conseil régional des cheminots CFTC du Sud-Ouest. Il aurait participé à la Commission internationale des transports de la Confédération mondiale du travail (CMT).

Dans les années 1950 il participa à des stages de formation économique avant de se lancer dans la politique en 1957 en adhérant à la Nouvelle gauche. Il adhéra à l’Union de la gauche socialiste (UGS) dès sa création en 1957 et devint secrétaire fédéral de l’Eure-et-Loir, puis secrétaire de la Fédération d’Eure-et-Loir du Parti socialiste unifié (PSU) entre 1960 et 1964. Il fut candidat aux élections municipales de Châteaudun en 1959 et 1965. Il fut élu conseiller municipal de Châteaudun (Eure-et-Loir) en 1965 et représenta le PSU aux élections législatives de 1967 dans la 4e circonscription de l’Essonne. Habitant Dourdan à partir de 1965, où il fut nommé chef d’entretien du service électrique, il y fut tête de liste aux élections municipales en 1971, et fut élu conseiller municipal. Il se présenta aux cantonales de 1971 à Saint-Chéron (Essonne) sous l’étiquette du PSU et à Dourdan en 1974 sous l’étiquette du PS.

Élu au bureau national de l’Union fédérale des cadres en 1984, dont il fut le secrétaire national permanent, il termina sa carrière au grade d’inspecteur honoraire de la SNCF en 1986. Militant interprofessionnel, il fut élu, en 1966, secrétaire de l’Union locale CFDT de Dourdan et fit partie de l’Union départementale de l’Essonne, au titre des retraités.

Son activité s’étendait à de nombreux autres domaines. Ainsi, il fut tour à tour secrétaire d’associations familiales des cheminots, délégué départemental de l’Éducation nationale, vice-président d’une association de parents d’élèves dans les années 1970, administrateur de lycée, président d’une association de prévention de la délinquance de 1980 à 1985, président de conseil de copropriété, donneur de sang, brancardier, secouriste, figurant au cinéma, membre d’une troupe de théâtre amateur, chanteur dans une chorale, animateur d’auberge de la jeunesse, créateur de clubs de judo, etc. Depuis 1993, il fait partie du conseil d’administration de l’Association des amis des Éditions de l’Atelier.

Jean Babin s’était marié le 18 mai 1957 avec Françoise Goujon, institutrice. Ils eurent deux enfants devenus ingénieurs.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article15412, notice BABIN Jean, Marie, René par Marie-Louise Goergen, Michel Gorand, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 2 décembre 2008.

Par Marie-Louise Goergen, Michel Gorand

SOURCES : Fichier des adhérents du PSU. — La Tribune socialiste, 7 mai 1960, 1er juillet 1961, 27 mars 1965. — Les Élections législatives de 1967, La Documentation française. — Notes de Gilles Morin. — Entretiens de Claude Pennetier avec Jean Babin. — Correspondances de Michel Gorand avec le militant, 2003 et 2004. — État civil de Roiffé.

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