OUIN Joseph, Firmin, Octave, Alfred [Dictionnaire des anarchistes]

Par Jean Maitron, notice complétée par Guillaume Davranche et Rolf Dupuy

Né le 25 octobre 1870 à Feuquières (Oise) ; colporteur puis ouvrier confectionneur ; anarchiste.

Militant anarchiste à Amiens, Joseph Ouin, qui s’était battu avec un voisin s’étant introduit chez lui à Feuquières, avait été poursuivi et condamné en juin 1888 à 15 mois de prison. Lors de l’audience il s’était écrié : "C’est parce que je suis anarchiste que vous me condamnez ! Vive l’anarchie ! Vive la révolution sociale". Le compagnon Ancelle qui s’était avancé pour lui serrer la main en criant "Courage camarade, Vive l’anarchie !", fut condamné à 25 francs d’amende.

Ouin, qui résidait alors à Wancourt, était au début des années 1890 l’un des responsables de l’œuvre des soupes conférences à Amiens.

Le 1er janvier 1894, comme une trentaine de compagnons de la région et suite à l’attentat de Vaillant, il fut l’objet d’une perquisition où la police saisit plusieurs paquets de cartes de visite (libellées Le compagnon Ouin délégué des soupes conférences), un petit carnet de chansons anarchistes, divers paquets de journaux parisiens ayant trait aux attentats de Ravachol et Vaillant, quelques brochures socialistes et deux boîtes de cartouches de revolver.

Joseph Ouin participa, en novembre 1904, à la naissance de l’hebdomadaire Germinal, et à l’agitation en faveur d’Alexandre Jacob, qui devait passer en procès dans la ville. Une manifestation pro-Jacob rassembla plusieurs centaines de personnes le 11 février 1905, et Ouin fut arrêté en marge d’une bagarre. En mai, il fut condamné à un an de prison pour avoir enfreint une interdiction de séjour.

En 1907, il fut un temps gérant de Germinal.

Arrêté le 14 juillet 1908 au cours d’une manifestation antimilitariste, il fut inculpé pour outrage à magistrat et condamné à un mois de prison.

Le 26 juin 1910, il prit part au congrès fondateur de la Fédération révolutionnaire de la Somme (voir Théodore Graux).

En 1912, il s’installa à Paris comme confectionneur et résida 36 rue Pradier, puis 41 rue Piat. De mars à mai 1912, il appartint au Comité antiparlementaire révolutionnaire – impulsé par la FRC – qui mena une campagne abstentionniste à l’occasion des élections municipales de mai. Ce comité, dont Henry Combes était le secrétaire et Lucien Belin le trésorier, rassemblait 25 personnalités anarchistes et/ou syndicalistes révolutionnaires.

Ouin fut également membre du comité de l’Entr’aide, une caisse de solidarité avec les militants emprisonnés et leurs familles, impulsée par la FCA en juin 1912. Le comité de l’Entr’aide, dont Lacourte était le trésorier, rassemblait une quarantaine de « personnalités » communistes libertaires et syndicalistes révolutionnaires.

En décembre 1912, Joseph Ouin était membre du conseil d’administration du Libertaire (voir Charles Keller). En 1913, il fut trésorier du Comité pour la défense du droit d’asile, impulsé par la FCA dans le cadre du procès de la « bande à Bonnot » (voir Guilbeaux).

Par la suite, sous le nom de Walet, Ouin dirigea un atelier de confection à Paris 20e. Il continuait en décembre 1915, après avoir été réformé.

En mars 1919 il fut l’un des signataires avec Sirolle, Schneider, Boudoux, Liger, Bidault, etc, d’une protestation contre les perquisitions effectuées au siège du Libertaire à la suite de l’attentat de Cottin contre Clémenceau (cf. Le Libertaire, 2 mars 1919).

En 1921, il militait à l’Union anarchiste et au Comité de défense sociale et habitait toujours 36, rue Pradier, à Paris.

Ouin qui avait également été surnommé Cou Tordu en raison d’une tension des muscles qui l’empêchait de tourner la tête, figurait en septembre 1923 sur une liste d’anarchistes disparus du département de la Seine.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article154205, notice OUIN Joseph, Firmin, Octave, Alfred [Dictionnaire des anarchistes] par Jean Maitron, notice complétée par Guillaume Davranche et Rolf Dupuy, version mise en ligne le 19 avril 2014, dernière modification le 28 décembre 2021.

Par Jean Maitron, notice complétée par Guillaume Davranche et Rolf Dupuy

SOURCES : AN F7/13061, 13574 et 13053, F7/13972-13973. État des anarchistes, antimilitaristes et communistes, 27 mai 1921. — Arch. PPo BA/1499 — Collection de Germinal — notes de Renaud Quillet — blog de l’Atelier de Création libertaire sur Alexandre Jacob.

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