SCHNEIDER André [Dictionnaire des anarchistes]

Par Notice complétée par Guillaume Davranche

Né le 23 février 1866 à Hayange (Moselle) ; terrassier ; anarchiste, premier secrétaire de la Fédération révolutionnaire communiste.

André Schneider (1907)
André Schneider (1907)
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Soupçonné par la police d’avoir pratiqué le sabotage pour appuyer la grève des cheminots, André Schneider fut, pendant quelques semaines en 1910, membre de la section de Paris 13e du Parti révolutionnaire impulsé par Miguel Almereyda. Il fut ensuite le premier secrétaire de la Fédération révolutionnaire communiste (FRC) à sa création en novembre 1910. Il résidait alors au 126, avenue de Choisy, à Paris 13e.

Ayant déménagé à Bezons (Seine-et-Oise), il passa la main le 2 avril 1911 à Auguste Dauthuille. Le mois suivant, il fut mêlé à « l’affaire du complot contre la police » (voir Paul Trouillier).

C’est au titre de délégué du groupe de Bezons qu’André Schneider assista, le 4 juin 1911, au congrès régional de la FRC. Pour ne pas se laisser surprendre par d’éventuels événements révolutionnaires, il proposa d’organiser dès à présent des « dépôts d’explosifs » connus uniquement du « comité directeur et de militants sûrs ». Avec l’aide de Paul Trouillier, il expulsa du congrès un perturbateur individualiste.

Le 31 juillet 1911 André Schneider fut condamné en correctionnelle à dix-huit mois de prison. Il avait incité son fils de 12 ans à voler des stylos de luxe dans un magasin où il était employé. Son ami Eugène Mouchebœuf, à qui il avait donné un stylo, fut condamné à six mois pour recel, et un certain Dubois à huit mois.

André Schneider, fit partie de la commission de six membres qui prépara le congrès national des 15, 16 et 17 août 1913 (voir Albert Goldschild). À l’issue du congrès, il fut élu membre de la commission « chargée de constituer définitivement » la Fédération communiste anarchiste révolutionnaire (FCAR).

Durant la guerre, André Schneider fut, avec d’autres camarades de la FCAR, affecté aux travaux du camp retranché de Paris. Ils y maintinrent une activité révolutionnaire clandestine dans le cadre des Amis du Libertaire, collectant de l’argent en vue d’une reparution de l’hebdomadaire. Il était alors domicilié 10, rue de la Glacière à Argenteuil. C’est lui qui, en juillet 1916, lors de l’enterrement d’Helène Lecadieu*, prononça un discours au nom de Pierre Martin, trop malade pour se déplacer.

Le 14 novembre 1917, il lui fut confié la gérance de l’école libertaire La Ruche, de Sébastien Faure, alors désertée faute de crédits.

À la fin de la guerre, Schneider fut un des refondateurs de l’organisation, qui prit le nom de Fédération anarchiste. En 1919 il rédigea pendant quelques temps le « Billet de la glèbe », une chronique paysanne dans Le Libertaire.

En 1919, Sébastien Faure, qui venait de fonder, au capital de 120 000 francs, l’imprimerie coopérative La Fraternelle, sise 55, rue de Pixérécourt, à Paris 20e, fit appel au concours d’André Schneider. Le 27 mars 1919 il épousa à Paris Eugénie, Amandine Laurent, de seize ans sa cadette.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article154218, notice SCHNEIDER André [Dictionnaire des anarchistes] par Notice complétée par Guillaume Davranche, version mise en ligne le 19 avril 2014, dernière modification le 6 janvier 2015.

Par Notice complétée par Guillaume Davranche

André Schneider (1907)
André Schneider (1907)
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SOURCES : Arch. Nat. F7/ 13053, 13332 et 13620 (rapport du 29 janvier 1919). — Arch. PPo BA/1513, 1514, 1654, 1899 et 1702, rapport du 13 avril 1913. — Arch. Dép. Moselle. — Guillaume Davranche, Trop jeunes pour mourir. Ouvriers et révolutionnaires face à la guerre (1909-1914), L’Insomniaque/Libertalia, 2014 — Notes de Rolf Dupuy.

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