VUILLEMIN Virgile, Léon, Louis [Dictionnaire des anarchistes]

Par Claude Pennetier, notice complétée par Marianne Enckell

Né le 13 mai 1898 à Besançon (Doubs), mort le 7 juillet 1981 à Besançon ; matelot mécanicien, mutin en mer Noire en 1919, puis entrepreneur après 1945 ; anarchiste-individualiste ; résistant ; militant communiste (1945-1952).

Fils d’un menuisier, Virgile Vuillemin s’engagea dans la Marine en 1917. En 1919, matelot mécanicien sur le France, il participa aux mutineries de la mer Noire comme délégué élu de son navire. Selon Albert Cané, qui l’avait connu à bord ainsi que Marius Ricros, c’est surtout lui qui fut l’agitateur à Odessa et Sébastopol ; pour Pierre Le Roux, cannonier, c’est "au contact de Ricros, Vuilemin et les autres que j’ai appris à penser". Arrêté le 11 mai avec les autres délégués puis jugé en conseil de guerre à partir du 29 septembre 1919 à bord du France, en rade de Toulon, il apparut pendant le procès comme un homme « cultivé, intelligent et éloquent » (Le Petit Var, 2 octobre 1919) et fut condamné à cinq ans de prison militaire puis libéré un an après.

Virgile Vuillemin dut terminer son service militaire puis, rentré à Besançon, reprit la petite entreprise de son père. Selon une note biographique figurant dans les archives d’André Marty, « il n’a pas participé à la grande campagne pour l’amnistie des condamnés civils et militaires de la guerre » mais resta en contact avec les autres mutins. En 1924, il présidait le groupe anarchiste-individualiste « Vers la Beauté » qui se fixait comme but l’éducation par l’Art. Des historiens l’ont confondu avec Émile Vuillemin, membre du comité central du Parti communiste. En fait il ne mena « aucune action d’aucune sorte avec le mouvement ouvrier de 1921 à 1940 » (Arch. Marty).

Réfugié à Toulouse (Haute-Garonne) pendant l’Occupation, Virgile Vuillemin participa à la Résistance en 1943-1944. Entrepreneur de travaux publics à Besançon (éclairage au néon ; deux à trois ouvriers) après la Seconde Guerre mondiale, membre du Parti communiste depuis la Libération, secrétaire de l’Association fraternelle des anciens de la mer Noire, constituée en juin 1949 et présidée par André Marty, Virgile Vuillemin démissionna du Parti communiste à la suite de l’exclusion de ce dernier. Il envoya à Jacques Duclos copie de sa lettre (31 décembre 1952) adressée à sa cellule où il déclarait : « Le camarade Marty n’a pas démérité de la classe ouvrière [...] il mérite la reconnaissance et le respect de ceux qui luttent pour une humanité meilleure. ». En mai 1955, André Marty lui envoya son livre L’Affaire Marty avec la dédicace suivante : « A Virgile Vuillemin qui le premier s’est dressé publiquement contre l’infamie, exemple de vrai courage. A sa fidèle compagne qui m’a reçu et soigné comme un frère. Ce témoignage de ma fraternelle amitié. »

Virgile Vuillemin était abonné au journal de Louis Louvet Contre-Courant. En 1958 et 1959, il fut candidat aux élections municipales à Maisons-Alfort sur une liste d’action communale pour le progrès social et la liberté constituée par l’UFD, le PSA et l’UGS.

Le journal libertaire Le Réfractaire signala le décès de Virgile Vuillemin.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article154234, notice VUILLEMIN Virgile, Léon, Louis [Dictionnaire des anarchistes] par Claude Pennetier, notice complétée par Marianne Enckell, version mise en ligne le 20 avril 2014, dernière modification le 11 août 2020.

Par Claude Pennetier, notice complétée par Marianne Enckell

SOURCES : Arch. A. Marty, A IV. — Arch. Jean Maitron (fiche Batal). — M. Paz, Les Révoltés de la mer Noire, Librairie du travail, 1921. — Jean Le Ramey et Pierre Vottero, Mutins de la mer Noire, Éditions sociales, 1973, p. 168-169. — Contre-Courant, 10 mars 1954, avant-propos d’Albert Cané aux Mutineries en mer NoireLe Réfractaire, août-septembre 1981.

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