CESBRON Maurice, Émile, Auguste, dit Maurice Aye (ou Ayme) [Dictionnaire des anarchistes]

Par Guillaume Davranche, Rolf Dupuy, Gilles Morin

Né le 10 décembre 1921 à Lyon (Rhône), mort le 20 février 2011 à Nice (Alpes-Maritimes) ; ouvrier biscuitier ; anarchiste, puis collaborationniste, membre de la LVF et de la Milice française.

Fils de Charles et Laurence Perron, Maurice Cesbron suivit des études primaires, suivie d’une année d’école de la Martinière avant de devoir abandonner ses études faute de moyens alors qu’il était un excellent élève. Il fut ouvrier biscuitier.
En 1937 il entra en rapport avec de jeunes anarchistes et se fit remarquer pour son activisme, ses prises de parole publiques et des articles de presse. Il a été le secrétaire du groupe des Jeunesses anarchistes communistes (JAC) de Lyon qui comptait une cinquantaine de membres. En 1937, il essaya de lancer la Tribune rhodanienne des jeunes anarchistes, mais ce bulletin semble avoir eu une vie éphémère. Il était également responsable du bulletin L’Air pur paraissant à Villeurbanne et collaborait au Libertaire, organe de l’Union anarchiste. Il résidait alors 19, rue de la Poste, à Villeurbanne.
En 1938, son frère lui aurait conseillé de cesser cette activité et Cesbron se serait convaincu qu’il faisait fausse route.
Manoeuvre aux câbles de Lyon. Le 20 mars 1940, il fut mis en état d’arrestation et détenu, étant été inculpé à Lyon pour détention en vue de distribution d’écrits tendant à propager les mots d’ordre de la IIIe Internationale. Il avait perdu son portefeuille dans lequel avaient été trouvés des papiers montrant qu’il était secrétaire de la jeunesse anarchiste-communiste. Des imprimés et des écrits antimilitaristes ont été trouvés à son domicile. Mais l’accusation portant sur son activité antérieure, il a été acquitté. Cette même année, il fit paraître, avec l’autorisation des autorités de Vichy, un livre intitulé Rêveries paysannes et poétiques.
Durant l’Occupation, Maurice Cesbron fut un collaborateur actif. Il passa au Rassemblement national des Jeunes français en 1941, puis au Parti populaire français de Jacques Doriot et dirigea le n° 50 de Notre Combat pour la nouvelle France socialiste (juin 1943), intitulé « leur anti-bolchevisme est le nôtre ».
Membre de la Milice, il fut rédacteur au journal collaborationniste de Philippe Dreux (Ferdinand Sape dit), L’Union française. Il résidait 19, rue de la Poste à Villeurbanne.
Il a ensuite appartenu à la LVF étant enrôlé à Versailles le 27 mai 1943 (matricule 10 765) et a été dirigé sur le camp de Kruszyna dont il a été rapatrié le 7 août 1943 suite à de nombreuses punitions (résilié le 11). Il n’est jamais allé en Russie. Il aurait ensuite appartenu à la Waffen SS, portant le numéro 01021.
Après guerre, il se réfugia en Suisse, où il fut présenté à Jean d’Astier de la Vigerie comme un ancien collaborateur de petit niveau désireux de revenir en France.
Le 25 juin 1946, il fit l’objet d’un mandat d’arrêt d’un juge lyonnais pour trahison et campagne de défaitisme.
Maurice Cesbron a été condamné à 5 ans par contumace le 21 avril 1947 par la CJ de Lyon mais seulement 2 ans avec sursis le 3.7.1951 par le TM de Lyon. Il est décédé le 20 février 2011 à Nice.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article154280, notice CESBRON Maurice, Émile, Auguste, dit Maurice Aye (ou Ayme) [Dictionnaire des anarchistes] par Guillaume Davranche, Rolf Dupuy, Gilles Morin, version mise en ligne le 20 avril 2014, dernière modification le 18 août 2020.

Par Guillaume Davranche, Rolf Dupuy, Gilles Morin

SOURCES : AN, 19940460, 20030306/2 — Arch. PPo BA/1899. — Georges Fontenis, Changer le monde, Alternative libertaire, 2008.

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