PÉCASTAING Philogone [Pécastaings]

Par Jean Maitron, notice complétée par Thierry Bertrand, Rolf Dupuy, Guillaume Davranche

Né le 20 décembre 1893 à Saint-André-de-Seignanx (Landes), mort le 23 juin 1971 à Biarritz (Pyrénées-Atlantiques) ; tailleur d’habits ; anarcho-syndicaliste.

Pécastaing (Pécastaings à l’état civil) quitta Paris pour à Marseille en mai 1921 en provenance de Paris, et s’installa au 16, rue Augustin-Fabre (6e arrondissement) chez M. Castel. Il travailla alors à la coopérative ouvrière La Couture marseillaise au 6, cours Saint-Louis.

Dès 1921, il fut élu secrétaire du syndicat des travailleurs de l’Habillement de Marseille. Il donnait des causeries dans des groupes anarchistes et notamment au groupe de l’UA (au bar Bruno, place du marché des Capucins) auquel il appartenait.

En février 1922 il prit la parole, au nom des anarchistes, sous le nom de Trecastel, lors d’une réunion communiste. Au cours de celle ci furent envisagées les mesures à prendre à l’occasion du meurtre du communiste Salah à la bourse du travail et attribué aux majoritaires de la CGT.

Après la scission syndicale il fut, sur la proposition de François Mayoux*, élu secrétaire de l’union départementale CGTU des Bouches-du-Rhône lors de son congrès fondateur, le 5 mars 1922.

Le 9 mars, il assistait à la réunion de la 4e section communiste en compagnie de Henri Toti, secrétaire de la CGTU. La police le surveillait alors particulièrement.

Sa gestion de l’UDU fut contestée et, dès le congrès départemental du 11 septembre 1922, il fut remplacé au secrétariat par Louis Boisson. Il resta néanmoins trésorier.

Il fut vraisemblablement élu le 8 juillet 1923 au conseil national de la fédération de l’Habillement mais aurait démissionné le 20 du même mois. Au mois d’août, il participa à une réunion du comité d’action pour l’amnistie intégrale à la bourse du travail de Marseille.

Dans les mois suivants il se réinstalla dans la Seine, où il occupa les fonctions de secrétaire du syndicat de l’habillement.

Le 11 janvier 1924, lors d’un meeting tenu à la Grange-aux-Belles, il fut blessé par balles avec Boudoux lors de la fusillade qui entraîna la mort de Clos* et Poncet*

Il participait alors à La Bataille syndicaliste, organe de la Minorité syndicaliste révolutionnaire (MSR) de la CGTU. Au terme de sa conférence des 1er et 2 novembre, la MSR éclata, et sa sensibilité « anarcho-syndicaliste » forma l’Union fédérative des syndicats autonomes (UFSA), rompant définitivement avec la CGTU. Pécastaing fit partie de la commission administrative de l’UFSA (voir Lucien Huart). Il était alors le compagnon de Lucie Job*.

Pécastaing suivit l’UFSA lorsqu’elle se fondit dans la CGT-SR au congrès des 15 et 16 novembre 1926 à Lyon. Le 13 mars 1927, 17 syndicats constituèrent l’union régionale parisienne de la CGT-SR, et il en fut le secrétaire adjoint, Marchal* en étant le secrétaire.

Le 12 juin 1928, il épousa Jeanne Victorine Eulalie Étienne Courtade à Paris.

Toujours militant de l’Union anarchiste, Pécastaing fut particulièrement actif lors des grèves de juin 1936.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article154356, notice PÉCASTAING Philogone [Pécastaings] par Jean Maitron, notice complétée par Thierry Bertrand, Rolf Dupuy, Guillaume Davranche, version mise en ligne le 21 avril 2014, dernière modification le 22 janvier 2019.

Par Jean Maitron, notice complétée par Thierry Bertrand, Rolf Dupuy, Guillaume Davranche

SOURCES : AD Bouches-du-Rhône, M 6/10801 — Arch. Municipales de Marseille — Etats civil. — Le Petit Provençal, 2 mai 1922 — La Couture, octobre 1921. — L’ouvrier de l’Habillement, août-septembre 1923 — L’Humanité, 13 mars 1922 — Le Libertaire, année 1924 & 25 mars 1927 — Samuel Jospin, mémoire, op. cit. — Boris Ratel, « L’anarcho-syndicalisme dans le bâtiment en France entre 1919 et 1939 », mémoire de maîtrise d’histoire sociale, université Paris-I, 2000.

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