LAVAUR Paul [Dictionnaire des anarchistes]

Par Rolf Dupuy, Daniel Vidal

Né le 1er avril 1895 et mort le 6 octobre 1971 à Alès (Gard). Ouvrier mineur, forain en mercerie. militant de l’UA à Alès.

Marchand forain en bonneterie, Paul Lavaur, qui demeurait 9 rue Cavalerie, était en 1934 membre du groupe d’Alès de l’Alliance libre des anarchistes de la région du midi (ALARM) dont le secrétaire était Paul Prade, et recevait à son domicile journaux et imprimés dont 20 à 25 exemplaires du Libertaire. Il était en 1937 le secrétaire du groupe anarchiste d’Alès auquel il militait depuis le début des années 1920 et dont étaient également membres Prade et Rumeau, était en relation avec André Prudhommeaux* à Nîmes et collaborait régulièrement au Libertaire, organe de l’Union anarchiste (UA). La police le suspectait d’être chargé du recrutement des militants pour l’UA. Il fut à plusieurs reprises président ou assesseur de diverses réunions publiques à Alès, notamment celles du 8 mai 1924 et du 26 février 1926 dont Chazoff* était l’orateur, avec Nicolas Lazarévitch* le 4 janvier 1928, lors d’une réunion publique anarchiste le 24 janvier 1928, ou encore le 29 avril 1929 avec Sébastien Faure*, toujours à Alès. S’étant enfui dans les bois pendant quinze mois après la déclaration de guerre, il fut condamné par défaut par le tribunal militaire de la XVe région, à Marseille (Bouches-du-Rhône) à deux ans de prison et 2 000 francs d’amende pour menées anarchistes, ainsi qu’à cinq ans de prison pour insoumission en temps de guerre. En février 1942, un mandat d’arrêt du juge d’instruction d’Alès fut émis contre les militants anarchistes de la région, dont Paul Lavaur et son frère Raoul. Il fut arrêté le 17 avril 1942 alors qu’il cherchait du ravitaillement. Il fut condamné par le tribunal correctionnel le 17 septembre 1942 à six mois de prison pour trafic de tabac et de cartes d’alimentation. Il fut de nouveau arrêté le 20 juin 1943 et emprisonné à Alès. Traduit devant la section spéciale de la cour d’appel de Nîmes (Gard), il fut remis en liberté et revint à Alès. Le préfet du Gard proposa son internement immédiat le 11 septembre parce qu’il continuait à faire de la propagande. Les Renseignements généraux appuyèrent cette demande le 20 septembre, le considérant comme « dangereux » et susceptible de faire des « attentats terroristes ». Son arrêté d’internement administratif pour le camp de Saint-Sulpice-la-Pointe (Tarn) fut signé par le préfet régional le 27 septembre 1943.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article154467, notice LAVAUR Paul [Dictionnaire des anarchistes] par Rolf Dupuy, Daniel Vidal, version mise en ligne le 1er mai 2014, dernière modification le 4 février 2021.

Par Rolf Dupuy, Daniel Vidal

SOURCES : AD Gard 1M702, 1M756, 1W170 & 6J3 — Arch. Dép. Bouches-du-Rhône 5 W 196 (dossier internement). —Terre Libre, Nîmes, novembre 1934 — Libertaire, 15 avril 1937 — Note de J.M. Lebas et de D. Vidal — Note de Jean-Marie Guillon — Etat-civil.

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