MAZADE Gaston, Justin [Dictionnaire des anarchistes]

Par René Bianco, notice complétée par Thierry Bertrand

Né le 29 juillet 1860 à Marseille (Bouches du Rhône) ; ouvrier sertisseur en bijouterie ; anarchiste de Marseille.

Mazade en 1940
Mazade en 1940

Son père se prénommait Ange et sa mère Marie, Marianne Mas. En 1880 ses parents habitaient au 82 boulevard de la Major à Marseille.
Il était dispensé du service militaire car son frère était à l’armée.
Célibataire demeurant, par la suite, toujours avec ses parents, place de l’Observance, Justin Mazade s’occupa très tôt de politique.
En mai 1880 il était secrétaire du Groupe d’Études Sociales "Le Cosmopolite" qui se réunissait au Cercle de l’Indépendance sur la Cannebière.
Au congrès ouvrier régional de Marseille le 29 juillet 1880, il était secrétaire à la 4ème et dernière séance avec Tressaud comme président.

Le 27 octobre 1881 le conseil municipal de Marseille votait sur la proposition du Maire un supplément de crédit aux chambres syndicales afin d’envoyer au Congrès de Reims du Parti ouvrier J. Mazade en tant que délégué de trois syndicats : les cochers réunis, les cordiers et les employés au nettoiement de la ville.
Son activité au sein de la chambre syndicale des bijoutiers lui avait valu d’être signalé par la police dès 1880.

En janvier 1882 il participait à l’organisation d’une causerie avec Plezent, Couloubrier, Pourcelly, Cavalier, Torrens, Toche... qui se déroulait à Saint-Antoine (quartier de Marseille).
En 1882 il militait activement au Club International qui réunissait de nombreux anarchistes et recevait alors la correspondance et les journaux révolutionnaires. Il entretenait une correspondance suivie avec Herzig, fondateur avec Kropotkine du Révolté (Genève), et avec Jean Grave qui était alors émigré à Genève.

En février 1884 le Comité Révolutionnaire Anarchiste faisait un appel à l’abstention pour les élections municipales de mai. Les signataires étaient Auguste Chauvin, ouvrier cordonnier et Mazade, candidat.

En mars 1884 il était présent lors de la célébration de l’anniversaire de la Commune. Cette même année il participait aux réunions des socialistes.

En mai 1884 il fut avec Chauvin l’un des principaux promoteurs du journal L’Affamé (Marseille, 6 numéros du 15 mai au 27 juillet 1884) paru pendant une épidémie de choléra dont fut victime le premier gérant Louis Bouisson. Mêlé aux troubles de juillet 1884, il fut poursuivit pour délit de presse.
Le 13 juillet 1884 il participait à une tentative de meeting sur la Plaine (place de Marseille) avec Bouisson comme intervenant. Mazade était accompagné de Torrens, Fabre, Chrétien et Chauvin. Le but était de lancer une discussion publique afin de prendre des mesures pour détruire les causes de misère et de mort de la classe ouvrière. Le meeting ne pu pas se faire car la police intervint.

Exilé en Suisse il fut condamné par défaut en décembre 1884 à 8 mois d’emprisonnement par la Cour d’assises des Bouches-du-Rhône pour "provocation, non suivie d’effet, à l’incendie, au meurtre, au pillage et excitation des citoyens à s’armer contre l’autorité du gouvernement de la République". Mais sur opposition à ce jugement il fut finalement acquitté en appel le 21 mars 1885.

Revenu à Marseille en février 1885, il fut l’objet d’une étroite surveillance, étant suspecté de cacher des armes et des papiers compromettants dans le cabanon de ses parents au quartier des Olives. Intimement lié à Minnie Lecompte, il participa alors à la fondation du journal Le Droit Social ( Marseille, 2 numéros du 16 mai au 13 juin 1885) sous-titré « Mort aux bourgeois » et dont le gérant était Alphonse Lauze.
L’année suivante il faisait partie avec Léonce Cotinaud, Tressaud et Henri Tricaud, pour la partie française, et Ugo Acquabona et N. Converti, pour la partie italienne, du journal bilingue L’Internationale Anarchiste (Marseille, 4 numéros du 16 octobre au 6 novembre 1886).

Justin Mazade fut l’un des principaux responsables anarchistes locaux au cours des années 1881-1886, organisant de nombreuses réunions publiques et donnant lui-même des causeries tant à Marseille que dans les localités voisines. Puis peu à peu son militantisme se ralentit pour cesser complètement après son mariage le 17 mai 1891 avec Marie Louise Minuty, une tailleuse d’habits.
Il déménagea alors dans le quartier de la Bourse, 20 rue des Feuillants, et ouvrit un atelier 49 rue Tapis vert.
Le 10 septembre 1902 il habitait au 29 rue du Tapis Vert (Marseille).
En octobre 1906 il était président du Comité de Quartier de la Rose (quartier de Marseille) qui contribua à la construction du groupe scolaire de la Rose.
Sa femme décédait en 1908.
Lors du recensement de 1911 à Vitrolles il y avait un Justin Mazade né en 1860 qui vivait rue du Cimetière, propriétaire exploitant et patron. Il y vivait avec sa fille Emmanuelle née en 1896, son fils Antonin né en 1897 et un autre fils, Adrien né en 1892.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article154638, notice MAZADE Gaston, Justin [Dictionnaire des anarchistes] par René Bianco, notice complétée par Thierry Bertrand, version mise en ligne le 2 mai 2014, dernière modification le 17 août 2021.

Par René Bianco, notice complétée par Thierry Bertrand

Mazade en 1940
Mazade en 1940

SOURCES : Arch. Dép. Bouches du Rhône M6/ 3389, 3390, 3392, 3393, 3397, 3399, 4694 II M3/31, 1R1044. — Arch. Dép. Aix 14U95 quinto & 17U5 sexto. — Témoignage de la famille Mazade recueilli par R Bianco. — R. Bianco, Un siècle de presse. — Le Petit Marseillais et Le Petit Provençal, certains numéros de 1880 à 1906.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément