POMMIER Antoine [Dictionnaire des anarchistes]

Par Guillaume Davranche, Rolf Dupuy

Né le 29 juin 1884 à Saint-Vincent (Puy-de-Dôme), mort le 3 janvier 1964 à Rennes (Ille-et-Vilaine) ; ouvrier cimentier ; anarcho-syndicaliste.

Antoine Pommier était, en 1921, militant à la Fédération du bâtiment et membre des Comités syndicalistes révolutionnaires (CSR). En décembre 1921, il appartint au conseil d’administration du Syndicaliste révolutionnaire (voir Jean-Baptiste Vallet), organe du comité central des CSR.

En 1922, Antoine Pommier était trésorier du Comité de défense sociale (CDS) dont Jean-Louis Thuillier était le secrétaire. Il habitait alors 120, rue Marcadet, à Paris 18e. Il était alors militant du Syndicat unique du bâtiment (SUB) de la Seine, affilié à la CGTU, dans la tendance dite « anarcho-syndicaliste » par ses détracteurs. En mai-juin 1922, il participa à la réalisation de La Bataille syndicaliste, organe de la tendance anarcho-syndicaliste au sein de la CGTU.

Après le congrès de Saint-Etienne, en juin 1922, qui mit les anarcho-syndicalistes en minorité dans la CGTU, ceux-ci recréèrent le Comité de défense syndicaliste (CDS), et Pommier appartint à sa commission exécutive.

Du 4 au 7 juillet 1923 à Paris, il fut délégué au congrès de la Fédération unitaire du Bâtiment qui vit la victoire des anarcho-syndicalistes sur les communistes, et fut élu à la commission exécutive de la fédération.

En juin 1924 il fut nommé secrétaire du SUB de la Seine. Celui-ci rompit officiellement avec la CGTU le 19 octobre 1924, suivi par la Fédération du bâtiment le 31 octobre.

Du 18 au 20 juin 1925, Antoine Pommier fut délégué au congrès de Lyon de la Fédération autonome du bâtiment qui devait trancher un important débat : maintien dans l’autonomie ou retour à la CGT. La motion cosignée de Barthe, Pommier, Le Pen, Alliet et Cotinaux qui préconisait « la fusion immédiate » avec la CGT obtint 29 voix. La motion cosignée par Boisson, Vagneron, Simon, Boudoux, Juhel, Pastergue et Malgloire obtint 30 voix. Il y eut également 3 abstentions. À une voix près, la Fédération du bâtiment demeura donc dans l’autonomie. À l’issue du congrès, Pommier fut élu à la commission exécutive, qui rassemblait des partisans des deux tendances qui s’étaient faites jour au congrès.

A cette même époque Antoine Pommier était chargé de la diffusion de La Bataille syndicaliste, devenue organe commun de l’Union fédérative des syndicats autonomes (UFSA) et de la Fédération autonome du bâtiment. Il collabora en parallèle au Libertaire quotidien.

Pommier participa au congrès de la Fédération autonome du bâtiment tenu les 13 et 14 novembre 1926 à Lyon, puis au congrès de l’UFSA tenu les 15 et 16 novembre, qui décida la création de la CGT-Syndicaliste révolutionnaire (CGT-SR). A l’issue des débats, il fut élu à la commission administrative provisoire de la CGT-SR.

Il n’y resta cependant pas longtemps, et rejoignit la CGT, suivant les syndicats hostiles à cette « troisième » centrale.

Il recentra alors son activité sur le Comité de défense sociale (voir Jean-Louis Thuillier) dont, de 1926 à 1930 environ, il fut le secrétaire, avant de passer la main à Auguste Huet*. En 1929, le CDS comptait 12 comités régionaux (Alger, Biarritz, Bordeaux, Limoges, Lyon, Marseille, Montigny-en-Gohelle, Reims, Roubaix, Toulouse, Tours et Trélazé. Il organisa notamment les campagnes contre les expulsions d’Ascaso, Durruti et Jover (1927), pour la défense de Louis Paul Vial (1928) et en faveur de l’objecteur de conscience Eugène Guillot (1929).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article154663, notice POMMIER Antoine [Dictionnaire des anarchistes] par Guillaume Davranche, Rolf Dupuy, version mise en ligne le 2 mai 2014, dernière modification le 7 avril 2020.

Par Guillaume Davranche, Rolf Dupuy

SOURCES : Arch. Nat. F7/13062 & 13651 — Comptes rendus des congrès cités — L. Lecoin, Le Cours d’une vie, auto-édition, 1965 — René Bianco, Cent ans de presse anarchiste…, op. cit. — Boris Ratel, « L’anarcho-syndicalisme dans le bâtiment en France entre 1919 et 1939 », mémoire de maîtrise, université Paris-I, 2000. — Etat civil.

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