POTIGNY Joseph, Jules [Dictionnaire des anarchistes]

Par Rolf Dupuy, Daniel Vidal

Né le 22 décembre 1867 à Marseille ; ébéniste ; militant de l’AIA et de la CGT à Marseille puis en Algérie.

Demeurant 3 rue Saint Antoine à Marseille et travaillant comme ouvrier ébéniste, Jules Potigny fut porté sur les Etats des anarchistes en décembre 1897. Il était alors membre de la Jeunesse Libertaire et allait figurer à la tribune de nombreuses réunions publiques jusqu’en 1902, époque à laquelle il commença à prendre vraiment la parole, notamment lors du meeting tenu le 23 mars 1902 à la Bourse du travail. Jusqu’à cette date son nom dans les rapports de police est orthographié de diverses manières : Betigno, Bottini, Coutigny, Pottini, Potinier, Potinet, etc.

Au cours des années suivantes il présida les conférences tenues par Sébastien Faure, Ernest Girault et Louise Michel et, en 1903, participa à la création d’un syndicat de locataires. Secrétaire du syndicat des ébénistes, il collabora à l’organe de la Fédération nationale de l’ameublement L’Ouvrier en meuble (Paris, 1901-1914). Il fut par ailleurs le secrétaire du sous-comité de propagande pour la grève générale, comité qui organisa en particulier des conférences avec E. Girault en septembre 1902 et juin 1903. En 1903-1905, il collabora, avec Griffuelhes, Pouget, Delesalle et bien d’autres, à L’Action directe, un journal qui joua un rôle dans l’émergence de la doctrine syndicaliste révolutionnaire.

Potigny fut délégué aux congrès CGT de Lyon (1901) (il y représentait, avec Bonnet, la Bourse du Travail et l’Union des chambres syndicales de Marseille) et Bourges (1904) (représentant du syndicat de l’Ameublement de Marseille). Il assista comme délégué au XIIIe congrès national corporatif — 7e de la CGT — tenu à Montpellier (Hérault) du 22 au 27 septembre 1902. Il s’y déclara partisan de la fusion des fédérations de métiers dans les fédérations d’industries (cf. c. rendu, p. 149). Il y représentait les ébénistes de Marseille, divers syndicats de l’alimentation de Paris et les carriers de Savonnières-en-Perthois (Meuse). Membre du conseil d’administration de la Bourse du Travail (1904) il fut également, aux côtés d’Auguste Berrier, Eugène Merle et Ange Rivelli, l’un des principaux animateurs de la section locale de l’Association internationale antimilitariste (AIA) et collabora à son organe L’Action antimilitariste (Marseille, 4 numéros du 15 septembre 1904 au 15 janvier 1905). C’est vers cette même époque que, sous la pression des éléments modérés, il fut écarté du secrétariat du syndicat des ébénistes par la Fédération des chambres syndicales.

En mars 1908 il accompagna Sébastien Faure lors de sa tournée de conférences.
Dès 1905 il était installé en Algérie, à Alger, 11 route de l’intendance ou 14 rue de Constantine. Une note de police du 1er août 1910, indique que, de passage à Marseille, il y avait rencontré des membres du Comité de défense sociale.
En avril 1911, il se trouvait toujours à Alger.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article154664, notice POTIGNY Joseph, Jules [Dictionnaire des anarchistes] par Rolf Dupuy, Daniel Vidal, version mise en ligne le 2 mai 2014, dernière modification le 3 septembre 2020.

Par Rolf Dupuy, Daniel Vidal

SOURCES : Arch. Dép. Bouches-du-Rhône, M6/3347A, 3347B, 3348, 3351A, 3354A, 3354B, 3355, 3356 & Z1/10, 1R1081. — Arch. Dép. Aix 14U95 quinto. — R. Bianco, « Le mouvement anarchiste… », op. cit. — R. Bianco, « Un siècle de presse anarchiste… », op. cit. — Notes de Guillaume Davranche et de Thierry Bertrand.

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