HENRIOT Hubert [Dictionnaire des anarchistes]

Par Anthony Lorry

Né le 4 novembre 1874 à Vierzon (Cher), mort le 26 mars 1907 à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis). Allumetier ; syndicaliste ; militant anarchiste.

H. Henriot habitait à Aubervilliers où il fréquentait le groupe libertaire des Quatre-chemins. Il appartenait dès 1897 au syndicat des allumettiers des manufactures de Pantin-Aubervilliers. Syndic à la manufacture de Pantin, il fut l’objet la même année de quinze jours de mise à pied pour avoir pris la tête d’un mouvement de grève (il n’évita le chômage que grâce au soutien actif du syndicat).

Il était trésorier du syndicat des Allumettiers de Pantin-Aubervilliers quand Léon Jouhaux*, qui en était secrétaire, fut arrêté avec Libertad* en juin 1901, au cours d’une bagarre à Noisy-le-Sec.

En 1903, Henriot fut nommé secrétaire de la Fédération nationale des Allumettiers qui avait son siège social à Pantin. C’est d’ailleurs le 28 juillet de cette même année que celle-ci adhéra à la C.G.T. En juin 1904, Henriot était secrétaire du syndicat des allumettiers de Pantin-Aubervilliers.

Henriot représenta deux fois cette fédération en congrès. Au XIVe congrès national corporatif - 8e de la C.G.T. - et à la conférence des Bourses du Travail tenue à Bourges du 12 au 20 septembre 1904, il se déclara nettement hostile à la représentation proportionnelle. Même chose à Amiens, au IXe congrès de la C.G.T., où il vota l’ordre du jour syndicaliste-révolutionnaire présenté par Griffuelhes.

Dans le livre de la C.G.T. paru en 1925, l’auteur de l’article relatif à la fédération des allumettiers (Léon Jouhaux ?) l’a caractérisé ainsi : "Considérons-nous dans la même situation que nos frères de l’industrie privée, déclarait notre regretté camarade Henriot.[...] Ne comptons pas sur les autres pour faire notre bonheur : l’homme n’est digne de la liberté que s’il est capable de la conquérir. Ne nous laissons pas entraîner à la remorque des politiciens malgré notre situation particulière [employés de l’Etat]. [...] Sachez le bien, notre avenir n’est pas de nous créer une situation privilégiée, mais d’éduquer nos camarades et de lutter, avec tous, en vue de la transformation émancipatrice de la classe ouvrière.[...] Tels étaient les enseignements que donnait celui qui incarna si bien le syndicalisme révolutionnaire, et qui influa le plus sur l’orientation nettement confédérale et révolutionnaire de la fédération. Par son tact, son esprit de logique et sa forte érudition ouvrière, il avait su conquérir, au sein de la fédération, la confiance de tous et de toutes ; on l’aimait." (La C.G.T. et le mouvement syndical, Paris, 1925, p. 315 et suiv.)

Henriot mourut prématurément de la tuberculose en 1907. Sa mort fut annoncée le 6 avril dans Les Temps Nouveaux, qui le prénomment Paul.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article154791, notice HENRIOT Hubert [Dictionnaire des anarchistes] par Anthony Lorry, version mise en ligne le 29 avril 2014, dernière modification le 17 avril 2020.

Par Anthony Lorry

SOURCES : P. Po : Ba 1408 bis, dossier "Chambre syndicale des allumettiers" ; Ba 1498, rapport du 21 mai 1902— A.N. : F7/13568_ La Voix du Peuple_ "L’Annuaire des syndicats professionnels, "Comptes rendus des congrès"— Le Libertaire, n° 54, du 9 au 16 décembre 1900. ). — Arch. Jacques Faure, ancien secrétaire général de la Fédération FO des Tabacs et Allumettes, reversées au Centre d’histoire sociale des mondes contemporains par sa fille Claudie Faure en mars 2020. — Notes de Louis Botella. — Les Temps Nouveaux, 6 avril 1907. — Etat civil.

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