DARAQUY Bruno, Michel [Dictionnaire des anarchistes]

Par Hugues Lenoir

Né le 4 août 1961 à Louviers (Eure) de père inconnu ; militant de la Fédération anarchiste ; autodidacte, intermittent du spectacle.

Sa mère, Ginette Rousée, née elle aussi à Louviers le 12 avril 1934, fut couturière puis femme de ménage. Daraquy est le nom de son beau-père, électricien, né en région parisienne le 9 octobre 1930. Ses parents, sans engagement militant, étaient « de gauche dans les urnes ». Bruno Daraquy est père de deux filles dont l’une est militante à la Fédération anarchiste.

Il n’a pas fait d’études à proprement parler. Il a interrompu sa scolarité après un apprentissage en boulangerie et il se définit comme un autodidacte. Il a été successivement livreur, magasinier, régisseur lumière. Depuis 1984, il est intermittent du spectacle comme éclairagiste, comédien et artiste de variétés. À ce titre, il interprète Gaston Couté et les chansons de la Commune de Paris.

Il « rencontra l’anarchisme » à 13 ans grâce à Juan Castillo, militant de la CNT en exil et père d’un ami de collège. En 1977, il adhéra à la CNT et participa à sa première grosse manifestation à Creys-Malville contre le surgénérateur nucléaire Super Phénix. Il adhéra à la FA en 1978 et participa à la création d’un groupe libertaire à Évreux en 1979 où il s’impliqua de manière importante dans la lutte des insoumis et objecteurs de conscience. Il collabora alors à un journal de contre-information, LaTribune d’Evreux. En 1981 — en tant que militant FA — il participa à la création d’une radio libre.

De 1982 à 1985, il milita à la FA en Dordogne. Entre 1985 et 1995, il resta sans activité militante, hormis quelques concerts de soutien, du fait de son implication professionnelle et des tournées dans lesquelles il était engagé.

De retour à Évreux, en 1997, il fut à l’origine du groupe FA et d’un comité de chômeurs. Dans cette ville, il participa activement à la lutte des chômeurs et à celle des sans-papiers. Activité militante qu’il continua à Périgueux à partir de 1999, une fois reparti pour cette ville où il impulsa un collectif libertaire en 2001 sur les bases de l’Appel à l’unité des libertaires et d’un groupe FA qui, quelques mois plus tard, est devenu le groupe Emma-Goldman.

À la FA, il suivit plusieurs congrès, 1978, 1980, 1999…

En 2000, il adhéra à Radio Périgueux 103 (radio associative). Bruno Daraquy y anima chaque semaine pendant cinq ans l’émission d’expression libertaire Basta ya. Salarié de cette station au bout de quelques mois sur un contrat de cinq ans, il monta une section CNT qui a lutté énergiquement contre des licenciements programmés. En 2002, déclare Bruno Daraquy, « une AG permet aux libertaires de prendre le contrôle de la radio au bord du dépôt de bilan (8 salariés) et de passer un cap économique difficile, sans aucun licenciement et en investissant dans des locaux et du matériel. La radio sera gérée par un bureau et un CA à forte majorité libertaire pendant quatre ans ».

Il a quitté Périgueux en 2005, depuis, il n’est plus, dit-il « officiellement à la FA parce que je ne me suis pas occupé de réadhérer sur Paris mais il ne s’agit que de négligence ».

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article154900, notice DARAQUY Bruno, Michel [Dictionnaire des anarchistes] par Hugues Lenoir, version mise en ligne le 30 avril 2014, dernière modification le 30 avril 2014.

Par Hugues Lenoir

ŒUVRE : Articles dans Le Monde libertaire (extraits) : De l’anarchosyndicalisme en général et de la CNT en particulier, 15 mai 1997. Vilvorde, Valeo... À qui le tour ? jeudi 5 juin 1999. Sur la bonne voie pour les transports gratuits, 17 septembre 1998. Du travail et de sa valeur, n° 1151, 11 février 1999.

SOURCE : Témoignage direct, janvier 2009.

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