NAGLIA Gaetano [Dictionnaire des anarchistes]

Par René Bianco, notice complétée par Marianne Enckell

Né le 7 février 1851 à Ravenne. Cordonnier, militant italien actif en Suisse et à Marseille.

Marié et père d’un enfant, Gaetano Naglia avait été très actif en Italie où, militant de l’Internationale, il fut condamné vers 1875 à deux mois de prison et six mois de surveillance spéciale, puis assigné à résidence pour trois ans à Favignana et Lampedusa. Considéré comme un anarchiste intransigeant, il était constamment surveillé et en 1882 s’exilait en Suisse où, à Genève, il allait être membre de la Section de propagande aux côtés notamment de Jean Grave*, Antoine Perrare*, Jules Alexandre Sadier*, Dumartheray*, Herzig* et Jacques Cretton, et participa à la fondation du groupe anarchiste italien. Il fut arrêté en septembre 1885 pour un vol de montres ; on le considérait comme "un des anarchistes italiens les plus remuants de Genève". Son activité révolutionnaire lui valut d’être expulsé vers 1886.

En 1887 il se fixa à Marseille, où, en compagnie de Francini et de Farini, il allait déployer une très grande activité au sein de la colonie italienne. Il constitua à cette époque trois groupes anarchistes (quartier Vendoume, Belle de Mai et Endoume) et entretint des rapports avec l’Italie, la Suisse, l’Espagne et l’Angleterre.
Selon le Journal de Genève, il fut arrêté fin décembre 1889, suite à une perquisition de son domicile où la police avait trouvé des cartouches de dynamite et de fusil. Condamné à un mois de prison, il fut expulsé par arrêté du 23 avril 1890.

En 1890, avec Decimo Garinei, il contribua à la fondation du journal L’Anarchia (Marseille, 2 numéros, 18 mars et avril 1890) dont il était le directeur et dont la gérance fut assurée par les compagnons français Charles Mercier* et Louis Morel*. Sur le premier numéro, publié à l’occasion de l’anniversaire de la Commune, on pouvait lire dans un encart en français : « De tous les mouvements révolutionnaires qui ont eu lieu dans le courant de ce siècle, celui du 18 mars 1871 fut le seul qui eut lieu d’une façon anarchique, c’est-à-dire, spontanément et sans commandement ». La rédaction du journal était assurée entre autres par Baccheri, Gorini, Salvatore, Vaccari et Victor Villagi qui se réunissaient chaque jour au bar de la dégustation, 30 quai du Port. Naglia tenta à cette époque de monter une imprimerie clandestine, projet qui n’aboutit pas.

Son nom figure dans l’Album photographique des individus qui doivent être l’objet d’une surveillance spéciale aux frontières (Paris, Imprimerie Chaix, septembre 1894).

Retourné à Ravenne, Gaetano Naglia y fut l’un des organisateurs d’une Société de résistance des codonniers et des maçons. En 1898 il collabora à la constitution d’une Fédération anarchiste provinciale. Il résida ultérieurement quelque temps à San Remo chez son fils, puis de nouveau à Marseille, avant de revenir définitivement à Ravenne en 1911 où il continua de défendre les idées libertaires. En 1928 il était signalé comme pensionnaire d’un asile pour mendiants à Ravenne.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article154947, notice NAGLIA Gaetano [Dictionnaire des anarchistes] par René Bianco, notice complétée par Marianne Enckell, version mise en ligne le 16 avril 2014, dernière modification le 7 décembre 2019.

Par René Bianco, notice complétée par Marianne Enckell

SOURCES : AD Marseille M6/3390 — R. Bianco, « Le mouvement anarchiste… », op. cit. — L. Bettini, Bibliografia…, op. cit. — Note de Rolf Dupuy — Emilio Gianni, L’Internazionale italiana fra libertari ed evoluzionisti, Pantarei, 2008 — Journal de Genève, 3 sept. 1885 et 27 décembre 1889 — Chantier biographique des anarchistes en Suisse (Gianpiero Bottinelli).

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