THEUREAU Marius [Dictionnaire des anarchistes]

Par René Bianco. Notice complétée par Rolf Dupuy et Marianne Enckell

Né le 4 mars 1893 à Paris 4e arr., mort le 1er février 1969 à Aulnay-sous-Bois (Seine Saint-Denis) ; peintre décorateur ; militant individualiste ayant participé à la Colonie de Mastatal (Costa Rica) ; fondateur de la Ligue des réfractaires à toutes les guerres.

Militant de tendance individualiste, Marius Theureau, peintre décorateur et fils d’un gardien de la paix, fut élu au conseil d’administration de la série quotidienne du Libertaire aux côtés de Branco, Courtinat, Doucet, Megnol, Mualdès et Saling, lors du Ve congrès de l’Union anarchiste tenu en novembre 1924.

Dès 1923 il avait correspondu avec E. Armand, à la recherche d’une communauté pour y vivre. Sans doute au printemps 1927, il partit avec sa compagne Fernande Miquet et Georges Vidal au Costa-Rica pour y organiser une communauté anarchiste ; il y fut en relation avec Miguel Palomares, l’un des animateurs de la Colonie de Mastatal, avec lequel à l’été 1927, dans le journal Le Semeur (Santiago de Puriscal, au moins 14 numéros de juillet 1925 à octobre 1928), il lança un projet d’Association pour aider ceux qui voudraient venir s’installer au Costa Rica. Mais, pour diverses raisons, l’expérience échoua.

À son retour à Paris, Theureau, qui s’était séparé de sa compagne, fonda la Ligue des réfractaires à toutes les guerres à laquelle adhérèrent notamment L. Barbedette, S. Faure, V. Margueritte, V. Méric, etc, et qui publia Le Réfractaire (Paris, 13 numéros d’octobre 1927 à décembre 1932) dont en février 1931 il devint l’administrateur à la place de A. Martin. Il demeurait alors 12 rue Vicq-d’Azir (10e arr.).

Partisan de la synthèse anarchiste, il quitta l’Union anarchiste pour l’Association des fédéralistes anarchistes (AFA) fondée par S. Faure et, en 1928, représenta cette organisation au sein du Comité de défense sociale. En 1929, il fut nommé secrétaire du Comité international de défense anarchiste (CIDA). Cette même année, Marius Theureau, qui habitait 84 Boulevard de Port-Royal (Paris 5e arr.) participa à la constitution d’une colonie enfantine libertaire, Nos enfants à la campagne, œuvre à laquelle se joignirent P. Lentente, M. Langlois*, G. Rolland et Jane Morand chez qui allaient être accueillis pendant l’été cinq enfants de compagnons.

Par la suite et jusqu’en 1939, date à laquelle il se remaria, il resta fidèle au groupe qui éditait à Limoges la Voix libertaire (1929-1939) à laquelle il collabora. Auteur d’une brochure intitulée Les Crimes du militarisme, il collabora en outre à l’Anarchie (Paris, 1926-1929) de Simonne Larcher et Louis Louvet, au Réveil du Bâtiment (Lyon, au moins 42 numéros, 1927-1932) dont le gérant était Noël Chabany*, à l’Éveil social (Aulnay-sous-Bois, au moins 29 numéros de janvier 1932 à mai 1934) animé par Laurent et Mohamed Sail.

Dans les années cinquante, il signa plusieurs articles dans le Monde libertaire, organe de la Fédération anarchiste et fut dans les années qui suivirent membre de La Ruche culturelle et libertaire formée autour de May Picqueray et regroupant conférenciers et artistes libertaires.

Marius Theureau, qu s’était remarié au début des années 1960 avec une assistante sociale beaucoup plus jeune que lui, est mort à Pavillon-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) où il résidait et fut incinéré au Père-Lachaise le 5 février 1969.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article154968, notice THEUREAU Marius [Dictionnaire des anarchistes] par René Bianco. Notice complétée par Rolf Dupuy et Marianne Enckell, version mise en ligne le 15 avril 2014, dernière modification le 12 août 2020.

Par René Bianco. Notice complétée par Rolf Dupuy et Marianne Enckell

SOURCES : Défense de l’homme, n° 243, février 1969. — Liberté, n° 157, 1er mars 1969. — J. Garnotel, op. cit. — R. Bianco, Th., op. cit. — Notes de D. Dupuy. — Notice R. Bianco in Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier, op. cit. — Plus Loin, année 1929. — Malcom Menzies, Mastatal (Ed. Plein Chant, 2010). — Etat civil.

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