RIMBAULT Théophile, François, dit Marceau [Dictionnaire des anarchistes]

Par Guillaume Davranche, Marianne Enckell

Né le 1er avril 1887 à Paris 15e arr. ; mort le 4 janvier 1962 à Paris 14e arr. ; anarchiste.

Théophile Rimbault, qui prit le pseudonyme de Marceau, avait deux frères également anarchistes (voir Charles et Louis).

Dans les années 1907-1908, Marceau Rimbault fréquentait, à Paris, les milieux individualistes des Causeries populaires de la rue du Chevalier-de-la-Barre, à Paris 18e (voir Albert Libertad), ainsi que le groupe anarchiste de Paris 15e. Il aurait également constitué le groupe des Précurseurs, à Livry-Gargan (Seine-et-Oise) vers 1908, lorsqu’il vint habiter chez son frère Louis.

Lors d’une assemblée tenue le 28 mai 1908, à la Maison commune, 111, rue du Château, à Paris 14e, Marceau Rimbault fut élu secrétaire d’une fédération de 8 groupes anarchistes de région parisienne qui, en juin, allait devenir la Fédération anarchiste de la Seine et Seine-et-Oise (FA). Avec dix groupes affiliés de Paris, Saint-Denis, Levallois-Perret, Saint-Ouen, Livry-Gargan et Argenteuil, la FA, qui était en réalité davantage un réseau qu’une fédération, fut paralysée par le clivage entre pro-syndicalistes et antisyndicalistes, dont Marceau Rimbault était un des représentants.

La fusillade de Villeneuve-Saint-Georges, le 30 juillet 1908, précipita la dispersion de cette proto-organisation. En pleine manifestation, le syndicaliste Aulagnier, jugeant suspecte l’attitude de Marceau Rimbault envers les gendarmes, le traita publiquement de provocateur. Ils faillirent en venir aux mains. Plus tard dans la journée, Rimbault fut arrêté par la police, mais ne resta que quinze jours en prison.

Le 29 août, alors qu’il participait à un meeting de soutien aux inculpés, salle du Libre-Échange, ses propos soulevèrent l’indignation des syndicalistes. D’une part, il désigna les anarchistes aux foudres du pouvoir en clamant qu’eux seuls avaient tout fait à Villeneuve-Saint-Georges. D’autre part, il jeta le discrédit sur les dirigeants de la CGT, alors sous les verrous, en affirmant qu’ils avaient organisé l’émeute et qu’au dernier moment ils avaient fui leurs responsabilités. Il réitéra dans un meeting salle des Sociétés-savantes. S’ensuivit une réprobation acerbe dans la presse révolutionnaire et un malaise général dans la FA, dont plusieurs membres se désolidarisèrent des propos de Rimbault. Dès septembre 1908, ce dernier préféra prendre le large, et quitta Paris pour effectuer son service militaire en Algérie.

Par la suite, on apprit que, durant sa détention à Corbeil, Marceau Rimbault avait envoyé un télégramme à Xavier Guichard, chef de la brigade des anarchistes à la préfecture, télégramme ainsi libellé : « Je suis arrêté, venez me défendre. » Le texte de ce « bleu » fut communiqué aux dirigeants de la CGT qui purent ainsi en démasquer l’auteur et prouver que Marceau Rimbault était au service de la préfecture de la Seine.

Théophile Rimbault fut condamné le 10 juin 1915 par le 3e conseil de guerre de Paris à deux ans de travaux publics pour désertion. Il habitait alors 17, rue des Solitaires, à Paris 19e. Il rejoignit probablement la Fédération communiste anarchiste révolutionnaire.

Divorcé de Marguerite Sené, il était à sa mort veuf de Fernande Pignolet. Il avait publié au moins un article dans l’anarchie en 1908.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article155078, notice RIMBAULT Théophile, François, dit Marceau [Dictionnaire des anarchistes] par Guillaume Davranche, Marianne Enckell, version mise en ligne le 16 avril 2014, dernière modification le 2 avril 2020.

Par Guillaume Davranche, Marianne Enckell

SOURCES : AN F7/13053. — Arch. PPo, BA 1499 et 1506. — René de Marmande, L’Intrigue florentine, Paris, 1922. — Jacques Julliard, Clemenceau briseur de grèves, Paris, 1965. — l’anarchie n° 160, 30 avril 1908. — Etat civil. — Notes d’Anaïs Gosselin.

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