BARIL (ou BARRIL) René, Antoine, dit AUBIER [Dictionnaire des anarchistes]

Par Rolf Dupuy

Né le 21 juin 1892 à Paris, mort début 1964 ; anarchiste individualiste.

Le 31 janvier 1917, René Baril avait été arrêté avec André Chaumard, Alfred Joriot, Félix Hautelard et Fernande Richir, la compagne de Benoit Broutchoux pour avoir distribué sur la voie publique le manifeste Du Charbon ou la paix, signé "Un groupe de mères de familles". Le 19 mars il était condamné à quatre mois de prison pour propagande antimilitariste ; ses co-inculpés furent condamnés à trois mois et Frnande Richir à quinze jours. Il fut libéré de la prison de la Santé le 1er mai 1917 et aurait participé immédiatement à la manifestation où, selon lui, il aurait été l’un des premiers à frapper "sur les agents avec un boudin en caoutchouc" (rapport de police, 21 mai 1917).

Le 20 mai suivant il participait à la sortie champêtre organisée à l’étang de Villeneuve (Garches) par le groupe des Amis de Ce qu’il faut dire du XXe arrondissement. Au cours de cette sortie qui réunit une trentaine de participants dont L. Descarsin, E. Armand, Ferlin, Raoul Vigo, Grandin, Floscher et Laubie, Baril s’était, selon la police, exercé à tirer sur un arbre avec le Browning dont il était porteur. Dans le train qui les ramenait à Paris, les excursionnistes avaient crié "A bas la guerre", "Vive l’anarchie", "A bas Poincaré l’assassin " et chanté divers hymnes révolutionnaires dont l’Internationale, Ni dieu ni maître et Révolution (cf. ibid.)

En mars ou novembre 1917 il était l’un des signataires d’un manifeste en faveur des "socialistes maximalistes et anarchistes russes".

Militant dans les années 1920 de la Fédération des Jeunesses Anarchistes (FJA), il fut arrêté en 1921 avec Albert Duchardes et Raymond Hans, militants eux aussi de la FJA, pour avoir distribué le tract intitulé À la jeunesse française, et interné à la prison de la Santé.

Il fut à la même époque l’administrateur gérant d’un numéro de La Jeunesse Anarchiste (Bagnolet-Paris, 12 n° entre le 15 mars 1921 et le 15 mars 1922) qui était l’organe de la FJA.

En février 1923 il figurait sur une liste établie par la police de militants disparus du département de la Seine et recherchés.

Depuis 1933 environ il habitait Hodenc, près de Beauvais (Oise) ; il fut condamné à plusieurs reprises pour chasse sans permis ou colportage.

René Baril est mort accidentellement dans l’Oise en février (?) 1964. Louis Lecoin écrivit de lui "C’était un voyou, mais un voyou sympathique par bien des côtés. Il fut souvent très courageux au cours de son existence".

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article155124, notice BARIL (ou BARRIL) René, Antoine, dit AUBIER [Dictionnaire des anarchistes] par Rolf Dupuy, version mise en ligne le 23 avril 2014, dernière modification le 2 janvier 2021.

Par Rolf Dupuy

SOURCES : CQFD, année 1917. — Liberté, n°101, 1 mars 1964 (nécrologie de Lecoin). — La Jeunesse Anarchiste, année 1921. — Notes D. Dupuy. — R. Bianco, Un siècle de presse…, op. cit). — Rapport de police, 21 mai 1917 (Dossier E. Armand). — Recrutement militaire de la Seine, Archives de Paris.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément