BÉRARD Auguste, Pacifique [Dictionnaire des anarchistes]

Par Marianne Enckell

Né en 1865 à Fribourg (Suisse), mort en mars 1940 à Genève ; charpentier, anarchiste et syndicaliste.

Le 1er mai 1891, une cinquantaine de manifestants défilèrent dans les rues de Genève. Sur la Place Neuve, « un ouvrier charpentier, nommé Bérard, monte sur un banc et invite “ceux qui ont du cœur et du sang dans les veines“ à se joindre aux manifestants. Ces paroles provoquent un éclat de rire général parmi les curieux qui, assez nombreux, suivaient depuis une demi-heure les socialistes. » Lors des discours, auxquels il participa, « on a même dit passablement de mal de la fête du 1er mai elle-même, instituée par les politiciens ».

En janvier 1893, une dame Bérard qui participait à une « promenade d’anarchistes » a « chanté et récité des vers dont le refrain suivant était répété en chœur : Vive l’anarchie ! Vive Ravachol ! »

En 1894, Bérard qui habitait 1, rue des Pitons était l’éditeur responsable de l’Avenir (17 numéros, 1893-1894), tandis que J. Karlen en était l’administrateur. Tous deux assistaient en février, avec leurs compagnes, à une réunion du Groupe anarchiste socialiste allemand à la brasserie Theuss, 21 route de Carouge, en présence de 250 personnes.

Il se maria en août 1895 avec Elise Thomas.

Vice-président du syndicat des menuisiers, il fut un des animateurs de la grève du bâtiment de juillet 1898 (au cours de laquelle fut aussi arrêté l’Espagnol Pablo Nin) ; arrêté à son domicile, il tira au pistolet contre les agents, ce qui lui valut une condamnation à trois ans de prison. Les syndicats et les anarchistes firent campagne pour sa libération et il fut grâcié au 31 juillet 1899.

Il fit campagne en janvier 1907 contre l’expulsion de Bertoni du canton de Genève, prenant la parole au nom de la Fédération des syndicats ouvriers (aux côtés de Margarethe Faas-Hardegger, Charles Fulpius, Adrien Wyss, Avennier, Herzig). Il continua à être un des principaux animateurs du mouvement ouvrier, au moins jusqu’en 1914, où il participa à une assemblée anarchiste contre la guerre avec Bertoni, Herzig, Amiguet. Il resta fidèle au mouvement et au journal jusqu’à sa mort subite.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article155356, notice BÉRARD Auguste, Pacifique [Dictionnaire des anarchistes] par Marianne Enckell, version mise en ligne le 28 mars 2014, dernière modification le 26 octobre 2015.

Par Marianne Enckell

SOURCES : Arch. féd. suisses, E21 13967. — Chantier biographique des anarchistes en Suisse – Réveil n° 1044, 9 avril 1940. – Journal de Genève, 2.5.1891 ; 5.1.1894 ; 21.7. et 23.9.1898 ; 31.1. et 5.6.1899 – Le Père Peinard, août 1898.

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