PAYAN Adèle [Dictionnaire des anarchistes]

Par Hélène Hernandez

Née le 9 juin 1948 à Guéret (Creuse), morte le 30 juillet 2007 à Champcueil (Essonne). Secrétaire dans les hôpitaux, militante syndicaliste CFDT, SUD-Santé, féministe.

Son père travaillait à EDF, sa mère était femme au foyer. Ils fuirent l’Espagne franquiste à la fin de la révolution espagnole. Adèle eut une fille, Isabelle Payan, qu’elle éleva seule, lui donnant les « armes » pour choisir une orientation professionnelle vers des métiers masculins comme le génie électrique ; elle-même fut contrôleur des travaux (le titre n’existe pas au féminin) et dans la maintenance informatique.

Après avoir fait des études de secrétariat, Adèle Payan occupa un poste de secrétariat de direction puis de technicienne en maintenance informatique à l’hôpital public de Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne). Très vite elle rejoignit la CFDT après 1968 et développa une section syndicale en prenant des responsabilités, tant au niveau de l’hôpital comme militante active que du syndicat départemental comme trésorière, fréquentant assidûment l’Union départementale CFDT du Val-de-Marne, découvrant au fur et à mesure l’action interprofessionnelle qui la passionna durant toute sa vie militante. À son travail, elle affirmait haut et fort que « toute personne a des droits » et « défendait bec et ongles les collègues pour leurs grilles de salaires ». Elle réussit même « à coincer des patrons pour des fautes envers des personnels ». Rejetant toute injustice, toute discrimination, tout sectarisme ou domination, elle se retrouvera dans les luttes interprofessionnelles pour l’emploi, pour la réduction du temps de travail, pour l’augmentation du pouvoir d’achat, pour les droits des femmes et des immigrés, contre l’extrême droite et l’obscurantisme. Elle prit des responsabilités aussi dans le regroupement régional des syndicats CFDT-Santé-Sociaux de l’Ile-de-France.

Elle fit partie des « moutons noirs » exclus de la Fédération CFDT-Santé-Sociaux en décembre 1988 après la mobilisation des infirmières à laquelle elle participa en solidarité. Elle sera de celles et de ceux qui reconstruisirent les syndicats des 8 départements de la région d’Ile-de-France sous la forme de la fédération Coordonner Rassembler Construire (CRC) Santé-Sociaux, puis sur le plan national de la Fédération SUD-Santé-Sociaux. Elle y fut d’emblée la trésorière fédérale, tenant ce poste non seulement avec conscience dans une période difficile au cours de laquelle tous les biens syndicaux furent confisqués, mais avec une conscience politique et non administrative. En tant que trésorière fédérale, elle participa toutes les semaines au secrétariat fédéral de 1988 jusqu’à la fin de sa vie militante. Pendant plus de quarante ans, elle consacra énormément de son temps pour la cause syndicale, « aimant donner son avis, s’investir, organiser et participer aux manifestations, créant des petits drapeaux, des pin’s, des badges, des tee-shirts… » ; en assurant une veille législative elle aida ainsi le syndicat dans sa recherche documentaire et sa mise à jour des textes réglementaires. Refusant tout dogmatisme, elle prônait un syndicalisme politique mais non politicard.

Après une longue maladie, elle est décédée en juillet 2007, n’accédant même pas au bénéfice d’une retraite.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article155489, notice PAYAN Adèle [Dictionnaire des anarchistes] par Hélène Hernandez, version mise en ligne le 11 avril 2014, dernière modification le 7 avril 2020.

Par Hélène Hernandez

SOURCES : témoignage direct de sa fille, Isabelle Payan, juin 2010.

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