ANGELINI Claudio [Dictionnaire des anarchistes]

Par Claire Auzias, Rolf Dupuy

Né à Cesena (Emilia Romagna, Italie) vers 1892 ; ouvrier du bâtiment ; militant anarchiste italien actif à Genève et surtout à Lyon.

Claudio Angelini était déjà un militant anarchiste patenté lorsque en 1924, après avoir fui le fascisme en Italie, il émigra clandestinement en France où il s’installa à Lyon et travailla toute sa vie sur les chantiers du bâtiment comme peintre en fausses pierres et en faux marbre.

En 1907 il participa à Genève à son premier groupe anarchiste et syndicaliste où il fut introduit par son frère aîné qui travaillait comme maçon.
Revenu en Italie il milita à l’Union anarchiste italienne (UAI) et participa notamment au congrès de cette organisation tenu à Bologne du 1er au 4 juillet 1920. Il rencontra à plusieurs reprises E. Malatesta.

Avec l’instauration de la terreur fasciste et les affrontements incessants entre fascistes et antifascistes dans sa Romagne natale, Claudio Angelini décida d’émigrer en France. Après avoir gagné la frontière, en mai 1924, il passait à pieds la montagne et arrivait à Grenoble muni de l’adresse d’un compagnon anarchiste qui le reçut et lui fournit les premiers secours avec l’aide du groupe libertaire de la ville. Il trouva à s’embaucher provisoirement à la foire de Grenoble. Puis sur le conseil des compagnons du groupe, assailli par l’afflux de réfugiés, il partit pour Lyon, important centre industriel où il avait plus de chance de trouver du travail. Il y arriva en novembre et s’intégra très vite à l’important groupe d’anarchistes italiens qui y était bien organisé.

Lecteur du Libertaire quotidien et du Risveglio (Genève) de Bertoni, il participa régulièrement aux réunions bi-hebdomadaires (mercredi soir et dimanche matin) du groupe et aux actions de solidarité : « Nous les Italiens, on est d’un coté et de l’autre de l’Italie : alors après la réunion, on causait du pays, alors ici, on a fait des fêtes pour ramasser des sous pour envoyer à ceux qui en ont besoin ». Puis, en liaison avec L. Bertoni qu’il connaissait très bien et les groupes italiens de Genève, il prit une part avec le groupe italien à la campagne internationale en faveur de Sacco et Vanzetti menée avec les compagnons français et espagnols, campagne animée principalement par Luigi Bertoni.

Sur le plan professionnel, lorsqu’à Lyon il postula à l’adhésion au syndicat des cimentiers, il eut à exécuter, selon une vieille tradition compagnonnique, un ouvrage sous les yeux de deux témoins, anciens syndiqués et ouvriers accomplis dans leur métier.

Claudio Angelini participa également au soutien à la révolution espagnole. Dès l’avènement du Maréchal Pétain, et suite à une dénonciation du consul italien le présentant comme « un anarchiste dangereux », Claudio Angelini fut arrêté à son domicile. Aux gendarmes il déclara : « …oui, moi je suis macaroni, mais je ne suis pas un macaroni canaille, moi je suis pas un fasciste…il y a vingt ans que je suis en guerre avec Mussolini... C’est le vôtre de Mussolini, pas le mien, parce que vous autres, vous l’avez toujours protégé ». Sous le coup d’un arrêté d’expulsion, il fut acheminé avec d’autres compagnons dans un camp, entre Roanne et Saint- Étienne, dont il parvint ensuite à s’évader.

Après la Seconde Guerre mondiale, Claudio Angelini continua de militer dans le mouvement libertaire lyonnais ainsi qu’à la Libre Pensée.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article155533, notice ANGELINI Claudio [Dictionnaire des anarchistes] par Claire Auzias, Rolf Dupuy, version mise en ligne le 12 avril 2014, dernière modification le 10 avril 2014.

Par Claire Auzias, Rolf Dupuy

SOURCES : C. Auzias, Mémoires libertaires…, op. cit.

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