SCARCERIAUX Jules (Jules Fontaine, dit) [Dictionnaire des anarchistes]

Par Rolf Dupuy, Marianne Enckell

Né le 22 juillet 1873 à Wasmuel (Belgique), fils de Désiré et de Pauline Fontaine, mort en 1963 à Los Angeles (Californie) ; faïencier, écrivain et sculpteur anarchiste émigré aux États-Unis.

Jules Scarceriaux
Jules Scarceriaux

Jules Scarceriaux aurait été expulsé de Prusse en 1902, après quatre mois de prison (lettre à Alexander Berkman, 28 mars 1925, IISG Amsterdam), mais on ne sait pas pour quelle raison.

Expulsé de France en mars 1902, il émigra aux États-Unis. Il y rencontra Clément Duval après son évasion du bagne et participa plus tard aux campagnes en faveur de Sacco et Vanzetti. Il collaborait aux Temps Nouveaux de Jean Grave, ce qui occasionna une polémique avec Louis Goaziou et L’Union des travailleurs (voir la notice de Michel Cordillot sous le nom de Jules Fontaine). Il collaborait peut-être aussi à la Volkszeitung ainsi qu’à la Communistic Library sise Hudson Street à Trenton (N.J.).

Vers la fin des années 1910, il anima un cours de poterie à l’École modene de Stelton (New York).

À la fin de la Première Guerre mondiale, il résidait en Californie. Il fut menacé de déportation par les autorités américaines, comme nombre d’autres militants, et chercha alors à faire lever son interdiction de séjour en France par l’intermédiaire d’Humbert Rulllière (Laurent Casas), lui-même de retour en France, mais sans succès malgré l’intervention de la Ligue des droits de l’homme. Il put finalement rester aux États-Unis.

Il collabora à de nombreuses revues libertaires dont Défense de l’Homme et L’En-Dehors et figurait dans les années 1950 dans les listes de souscripteurs au Libertaire (Paris).

Jules Scarceriaux, auteur entre autre de plaques à l’effigie de Tolstoï, Bakounine*, Malatesta, Kropotkine* et Reclus*, était en contact avec la CNTF et Le Combat syndicaliste. À partir des années 1930, il fut de longues années membre du groupe Kropotkin de Los Angeles auquel appartinrent notamment C.V. Cook, Henry Cohen, Walter Holloway, Hans Rosner et Sanftleben. Jules Scarceriaux travailla également aux décors de films de Cecil B. De Mille et finança l’édition de la presse et de livres libertaires. Il mourut à Los Angeles en 1963.

Voir aussi sa notice dans le Dictionnaire biographique du mouvement social francophone aux États-Unis.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article155596, notice SCARCERIAUX Jules (Jules Fontaine, dit) [Dictionnaire des anarchistes] par Rolf Dupuy, Marianne Enckell, version mise en ligne le 26 mars 2014, dernière modification le 12 juillet 2021.

Par Rolf Dupuy, Marianne Enckell

Jules Scarceriaux
Jules Scarceriaux

SOURCES : État des anarchistes expulsés… 1902 — AF E21 14031, ministère de l’Intérieur et des Cultes, Correspondance sur le mouvement anarchiste en France n°19, janvier-février-mars 1903 — Combat syndicaliste, années 1952 & 1953 — Défense de l’Homme, n°176, juin 1963 — P. Avrich, Anarchist voices, op. cit. – Pierre Ramus Papers, IISG Amsterdam, n° 465 – Alexander Berkman Papiers, IISG Amsterdam, n° 57.

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