TEISSEIRE André [Dictionnaire des anarchistes]

Par Laurent Gallet

Né le 8 juin 1832 à Lyon ; ouvrier tulliste ; participant à la Commune de Lyon ? ; anarchiste.

André Teisseire perdit sa mère le 12 janvier 1836 et résida dès lors avec son père, qui ne le reconnut que le 8 février 1840. Ils habitaient rue du Midi, à la Guillotière, lorsque André fut déclaré bon pour le service militaire en 1852. Son casier judiciaire portait alors la mention “amnistié 1849”, mais les autorités policières regrettèrent de ne pouvoir obtenir de renseignements sur la raison de son arrestation : les dossiers des archives du greffe correctionnel datant de cette époque furent détruits vers 1892.

Il épousa Rose Dubier le 28 juillet 1860 et ils allèrent s’installer 11, cours Vitton à Lyon. Ils eurent un premier fils, Jean Baptiste né le 28 septembre 1861, bientôt suivi de Catherine née le 10 novembre 1862, Marie née le 16 novembre 1863, Désirée Gabrielle Louise née le 7 décembre 1865 et enfin Léon né le 7 octobre 1873.

En 1870-71, Teisseire servit dans les gardes urbains. Il fut mêlé notamment aux manifestations du 4 septembre 1870 et à la proclamation du Comité de Salut public qui s’installa à l’Hôtel de ville de Lyon. Puis il fit partie du comité central républicain durant les périodes des 24 et 16 mai. L’opinion de la police sur lui le déprécie : “comme politique, il est également mauvais, il fréquente les réunions communardes dont il partage les idées, il n’est pas influent, mais il passe pour un homme d’action”. La police signala aussi de multiples condamnations à cette époque : le 25 juillet 1871, un mois d’emprisonnement pour vol ; le 16 septembre 1871, 24 heures d’emprisonnement pour outrage ; le 6 février 1872, 1 mois d’emprisonnement pour abus de confiance (A.D.Rhône 4M648, Dossier individuel Teisseire, renseignements du 06-06-1872). Toutefois un extrait de son casier judiciaire daté de 1893 reste muet sur ces condamnations. Les innombrables erreurs sur l’état civil (mauvaise date et lieu de naissance) et matrimonial de Teisseire contenu dans le dossier de police de 1872 laissent penser à une confusion certaine avec un autre individu. Dès lors, son attitude et son action entre 1870 et 1872 sont entachées de sérieuses incertitudes.

En 1883, il fit partie de la commission de répartition qui avait été constituée pour distribuer des secours aux familles des anarchistes condamnés à Lyon et son nom apparu comme souscripteur dans L’Alarme n°8 puis dans Le Droit anarchique n°3. En 1887, il fit partie du groupe anarchiste de la Croix-Rousse. Ensuite, son nom ne figura plus pendant 4 ans sur les rapports de police constatant la présence des militants lors des réunions politiques. Puis en 1892, Teisseire fit partie du groupe croix-roussien “Ni dieu, ni maîtres”. Entre 1881 et 1887, puis entre 1891 et 1893, il assista aux réunions politiques sans presque jamais y prendre la parole et il ne fit guère d’exceptions qu’à l’occasion de soirée de chansons.

André Teisseire fut radié des listes des anarchistes du Rhône lors de la révision des listes du 31 décembre 1894 au motif qu’il ne fréquentait plus les compagnons. Sa femme décéda le 18 juillet 1895 et il se remaria le 23 novembre 1895 avec Marie Anne Antoinette Rosset. En avril 1896, il fut réinscrit sur les listes des anarchistes : il s’était chargé de chercher à la Croix-Rousse un petit terrain où se réunir avec les compagnons.

Teisseire, que les sources policières créditent d’une intelligence “très peu développée” – sa signature au bas des actes d’Etat civil est parfois mal assurée – fut néanmoins un lecteur assidu de La Sociale. Le style faubourien du journal de Pouget lui était sans doute plus accessible que la docte Révolte. Il fut toutefois définitivement rayé des listes d’anarchistes lors de leur révision le 1er février 1898. Depuis sa réinscription en 1896, Teisseire ne s’était plus occupé de politique révolutionnaire.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article155618, notice TEISSEIRE André [Dictionnaire des anarchistes] par Laurent Gallet, version mise en ligne le 28 mars 2014, dernière modification le 20 août 2020.

Par Laurent Gallet

SOURCES : Arch. Dép. Rhône 4M332, 4M648, 1RP252. — État-civil de Lyon.

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