ARRIGONI Enrico [dit Frank Brand, Harry Goni] [Dictionnaire des anarchistes]

Par Marianne Enckell

Né le 20 février 1894 près de Milan (Italie), mort le 7 décembre 1986 à New York ; ouvrier boulanger puis tourneur mécanicien, violoniste de rue, écrivain.

Entré en contact avec des anarchistes lors de l’agitation suivant l’exécution de Francisco Ferrer (13 octobre 1909), Arrigoni milita dans un groupe de jeunes à Milan. A la déclaration de guerre, il continua l’agitation antimilitariste sous l’uniforme avant de déserter avec Francesco Ghezzi. Travaillant dans une usine militarisée, il y lança une grève puis s’enfuit en Suisse en 1916. A Genève il fréquenta le milieu du Réveil ; arrêté en septembre pour une manifestation contre la guerre, il fut condamné à trois mois de prison. Une grève de la faim et une campagne orchestrée par Bertoni lui évitèrent l’expulsion, et il resta travailler en Suisse, à La Chaux-de-Fonds, Lucerne puis Zurich. Selon lui, il y avait alors quelques centaines de déserteurs italiens en Suisse, dont la moitié étaient des anarchistes.

Pour éviter l’internement (des déserteurs étrangers), il se rendit en Allemagne où il alterna la prison et le gagne-pain comme violoniste de rue, et participa au mouvement des conseils. Il se rendit ensuite en URSS avec Mario Mantovani. Emprisonnés sous l’inculpation d’espionnage, ils furent libérés grâce à l’intervention d’Angelica Balabanoff, qu’ils avaient connue en Suisse, et rapatriés en Italie. Il reprit alors les chemins de l’exil : Argentine, Etats-Unis où il arriva en 1922.

Expulsé vers l’Italie, s’échappant à nouveau, il passa un an à Paris, puis quelques mois à Cuba. En 1924 il s’établit à New York, travaillant dans divers métiers et militant avec des groupes de langue espagnole, anglaise et italienne, et résidant illégalement sous le nom de Frank Brand. Il y publia des journaux en italien (Eresia) et collabora plus tard à l’édition américaine de L’Unique de Stirner (couverture de Fermin Rocker) et aux activités du Libertarian Book Club, auquel il légua ses livres et ses collections d’opéra. En 1937 il passa plusieurs mois en Espagne avant de rentrer aux Etats-Unis. Il a publié plusieurs ouvrages en italien et en anglais.

"Je suis probablement le seul individualiste qui reste parmi les anarchistes italiens aujourd’hui", disait-il à Paul Avrich en 1972.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article155627, notice ARRIGONI Enrico [dit Frank Brand, Harry Goni] [Dictionnaire des anarchistes] par Marianne Enckell, version mise en ligne le 22 mars 2014, dernière modification le 23 juillet 2021.

Par Marianne Enckell

SOURCES : Arch. Etat Genève, Service de la police administrative et judiciaire. — CBACH — DBAI — Bollettino del centro studi libertari Pinelli, 1996 — Decreto di accusa della procura elvetica del 5.3.1919 — Paul Avrich, Anarchist Voices — Abraham Lincoln Brigade Archives.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément