DUPAIX Leonard ou Léon [Dictionnaire des anarchistes]

Par Marianne Enckell, avec la collaboration de Thom Holterman

Né en Belgique vers 1860 ; tapissier ; anarcho-communiste, partisan de la propagande par le fait.

Depuis mars 1874, Leonard Dupaix était actif au sein du Cercle Populaire de Nicolas Coulon et Jan Pellering. Il fréquentait les cercles de libres-penseurs L’Affranchissement et Les Cosmopolitains et en 1877 devint secrétaire du conseil fédéral des groupes rationalistes de Bruxelles. Dans ce milieu, on le connaissait comme un révolutionnaire et anarchiste sévère. Dans son oraison funèbre pour François Grégoire, l’ancien secrétaire de L’Affranchissement, il déclara, entre autres : « Nous jurons sur cette tombe de pousser à la révolution par tous les moyens qui sont en notre pouvoir : la parole, la presse et les exemples, et que jusqu’au jour du triomphe notre existence soit un apostolat. »

Dupaix ressentait un haine profonde contre tout ce qui était lié à la « bourgeoisie ». C’est pourquoi il repoussait l’évolutionnisme, parce qu’il se compromettait avec la bourgeoisie. En 1877-1878, il exprima son opposition dans le cadre du Parti Socialiste du Brabant évolutionniste. En avril 1878, il fut reçu par la branche bruxelloise de l’Internationale. Peu après sans doute, il alla résider à Paris. Il fut correspondant de la revue anarchiste bruxelloise Le Drapeau Rouge. En avril 1880, il fut expulsé de France avec, entre autres, Malatesta, avec lequel il retourna à Bruxelles.

Comme beaucoup d’autres anarchistes, Dupaix était sous l’influence de théoriciens comme Kropotkine, Reclus et surtout Malatesta, qu’il connaissait personnellement et avec qui il entretint une correspondance depuis 1881. Il fut un adhérent de l’anarcho-communisme et de la « propagande par le fait ». Il publiait, mais on ne trouve presque rien dans les archives. Il propageait que les révolutionnaires devaient montrer au peuple comment on pouvait s’organiser et être actif pour être préparé du compte final. Il désapprouvait l’alternative réformiste des améliorations directes sociales et l’action parlementaire : « Contrairement à l’éducation couarde des anti-internationalistes, nous voulons, nous anarchistes, que l’état normal du peuple soit insurrectionnel jusqu’au jour du triomphe. Aussi croyons-nous que l’historique des revendications prolétariennes ne peut que faire affluer le sang au cœur et faire de nos frères non de pygmées et des avortons ; tels que le sont les évolutionistes, mais des héros tels que Lyssakoff. »

En juillet 1882 il était de retour à Bruxelles pour gagner son pain à son propre compte comme tapisseur garnisseur. Après mars 1883, il devint moins actif. Il collabora à La Persévérance, journal socialiste révolutionnaire dont le directeur était Emile Piette (Verviers, août 1880-octobre 1881, 14 numéros), puis plus tard à l’Emancipation de Thonar et Chapelier (Bruxelles, juillet 1901 à janvier 1902).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article155657, notice DUPAIX Leonard ou Léon [Dictionnaire des anarchistes] par Marianne Enckell, avec la collaboration de Thom Holterman, version mise en ligne le 28 mars 2014, dernière modification le 15 juillet 2021.

Par Marianne Enckell, avec la collaboration de Thom Holterman

SOURCES : Archives générales du Royaume (Bruxelles) — IISG Amsterdam, lettre de Kropotkine à Malatesta, 12-6-1881. — H. WOUTERS, Documenten..., dl. III, p. 1474, 1552, index p. 1754. — Le Mirabeau, 10-9-1876, 14-1-1877, 29-4-1877, 24-6-1877. — Les Droits du Peuple, 15-8-1880. — La Justice Sociale, 7-8-1881. — A. SCHANER, Contributions..., p. 38, 45. — H. VANDEN BROECK, Omdat…, p. 84, 86, index p. 237. — http://janpelleringfonds.be — René Bianco, « Un siècle de presse… », op. cit.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément