NICOLET Albert [Dictionnaire des anarchistes]

Par Gianpiero Bottinelli, Marianne Enckell

Né à La Ferrière (Jura bernois, Suisse) le 23 mars 1850, mort le 2 décembre 1905 ; graveur ; anarchiste.

Après un apprentissage à Genève, Nicolet revint travailler dans l’horlogerie à La Chaux-de-Fonds. Il adhéra à la section locale de la Fédération jurassienne et fut élu membre de son Comité fédéral en août 1875. Avec deux autres graveurs, Frédéric Graisier et Jacob Spichiger, et le guillocheur Auguste Spichiger*, il reconstitua la coopérative ouvrière du Locle vers 1877. Il envoya plusieurs articles au Révolté à Genève.

Selon le Commissariat spécial de Bellgarde, il avait pour pseudonyme Metternich en 1886.

Les 17 et 18 août 1889, il participait à l’affichage dans les principales villes de Suisse (Genève, Lausanne, Bienne, Thoune, Bâle, Olten, Bienne...) du Manifeste des anarchistes suisses bilingue, imprimé par Jean Grave* à Paris à 10 000 exemplaires. Ce manifeste proclamait la propagande par le fait, dénonçait les expulsions par les autorités de nombreux anarchistes étrangers, s’opposait à la création d’un poste de procureur général de la Confédération suisse et au renforcement de la police politique. Ses responsables présumés pasèrent en procès à la Chambre criminelle du Tribunal fédéral, réunie à Neuchâtel : Nicolet comme auteur du texte (qu’il avait rédigé sur demande du groupe anarchiste de La Chaux-de-Fonds), Félicien Darbellay* de Lausanne et Ferdinand Hänzi de Bâle, comme diffuseurs. Plusieurs témoins, Charles Fridelance, Paul Janner, Marc l’Eplattenier, Arthur Monnin, Jules Coullery, Alcide Dubois*, Rieser, Meyrat, Marthe Wirz, Emile Allemand, affirmèrent avoir participé activement à la diffusion de l’affiche. Les trois accusés furent acquittés le 20 décembre 1889, le Code pénal ne prévoyant pas la répression de menaces générales proférées contre l’ordre social et politique.

Nicolet se chargea depuis 1890 d’encaisser en Suisse les ventes et les abonnements au journal de Jean Grave*, La Révolte (Paris).

En 1892, il rédigea avec Alcide Dubois et Jules Coullery de Saint-Imier la brochure Les anarchistes et ce qu’ils veulent, publiée anonymement à Genève. Il militait parmi les ouvriers contre le socialisme réformiste, notamment avec Aimé Bovet*. Le Premier Mai 1893, ils distribuèrent un manifeste signé des anarchistes jurassiens, encourageant les ouvriers à se distancer de ce qui était devenu la fête du travail, un cortège pacifique menant à la fange parlementaire.

En 1895, il envoya de brèves correspondances de Suisse aux Temps Nouveaux de Paris (voir par exemple les numéros 2 et 3 de mai 1895). La même année, il fut expulsé avec Aimé Bovet du Cercle ouvrier de La Chaux-de-Fonds, en tant qu’anarchiste.

En 1904, il militait toujours au Groupe Libertaire de La Chaux-de-Fonds. Une liste des membres du groupe en 1907 signale son décès.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article155695, notice NICOLET Albert [Dictionnaire des anarchistes] par Gianpiero Bottinelli, Marianne Enckell, version mise en ligne le 22 mars 2014, dernière modification le 3 février 2020.

Par Gianpiero Bottinelli, Marianne Enckell

SOURCES : Chantier biographique des anarchistes en Suisse — James Guillaume, L’Internationale, op. cit. — Hans-Peter Renk, solidarités n°2, Genève, 24.1.2002 — Gazette de Lausanne, 22 et 23.10.1889, 20 au 23.12.1889 — CAC Fontainebleau — Vivien Bouhey, op. cit., annexe 5.

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