PARTENAY (dit PARTHENAY) Jean, Ernest [Dictionnaire des anarchistes]

Par Rolf Dupuy, Guillaume Davranche

Né le 17 avril 1838 à Crucheray (Loir-et-Cher), mort 25 novembre 1914 à Conflans-Sainte-Honorine (Seine, Yvelines) ; ébéniste ; communard, blanquiste puis anarchiste.

Fils d’un cultivateur, célibataire, Partenay habitait 111, rue du Chemin-Vert (XIe arr.) en 1871.

Membre de la Délégation des vingt arrondissements, il assista à la séance du 4 février 1871 et fut chargé le 7, d’organiser la distribution des bulletins de vote à la porte de la section du XIe arrondissement lors des élections du lendemain.

Il déclara avoir été dispensé de service actif dans la Garde nationale pour cause d’infirmité. Membre du Comité central des Vingt arrondissements, il signa le 30 mars 1871 l’adhésion pleine et entière de celui-ci aux premiers décrets de la Commune relatifs aux loyers, à la conscription et aux objets déposés au Mont-de-piété.

Nommé membre de la délégation municipale du XIe arr., il fut chargé de la distribution des secours aux femmes nécessiteuses. Il collabora également au Prolétaire et fut un membre très actif du club des Prolétaires installé à l’église Saint Ambroise, où il déclara le 12 mai vouloir faire la chasse « à tous les marchands de religion ».

Arrêté à son domicile le 26 juillet 1871, considéré comme un homme « exalté et très dangereux », il défia les membres du 14e conseil de guerre : « Vermoulus dans votre stupide égoïsme, vous avez basé la loi sur la soif des jouissances, ne connaissant rien du travail. » Le 28 novembre 1871, il fut condamné à la déportation simple et la dégradation civique et fut embarqué sous le matricule 1205 à bord du Var (4e convoi), qui arriva à Nouméa le 9 février 1873. Il refusa de travailler à bord.
Le 1er mars 1874, il fit une tentative d’évasion mais, reconnu par un matelot du port, il fut écroué au fort de Constantine et renvoyé à l’île des Pins en ayant été condamné à 6 mois d’emprisonnement par le 1er conseil de guerre de Nouméa. Il est mentionné comme faisant partie de la bande dite des « Purs ». Gracié le 31 mars 1879, il revint en France en novembre par la Loire.

En 1886, il fréquenta le Groupe cosmopolite de Charles Malato. « Et le bougonnant Parthenay, écrivit ce dernier quelques années plus tard, très sensé et très révolutionnaire sous sa rude enveloppe ! Il venait à l’anarchie du blanquisme et, comme ceux qui avaient traversé ce parti, assez énergiques pour y avoir séjourné, assez raisonneurs pour en être sortis, il apportait des qualités de ténacité et de précision. »

A la fin des années 1880, il fut membre à Paris du groupe Les Communistes des Amandiers constitué par Lucien Guérineau.

Il s’était marié le 28 avril 1881 à la mairie à Paris (XIe arr.) avec Anna Prudence Tassus, couturière. Le couple eut un fils, Jean Jacques, né le 20 octobre 1886 à Paris (XIe arr.).

Parthenay mourut à son domicile 33 rue Victor Hugo à Conflans-Sainte-Honorine le 25 novembre 1914 .

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article155699, notice PARTENAY (dit PARTHENAY) Jean, Ernest [Dictionnaire des anarchistes] par Rolf Dupuy, Guillaume Davranche, version mise en ligne le 7 avril 2014, dernière modification le 28 octobre 2021.

Par Rolf Dupuy, Guillaume Davranche

SOURCES : Arch. Nat. BB24/757 et BB 27. — ANOM, COL H 94. — Arch. Min. Guerre, 14e conseil GR 8 J 345 (48). — Arch. PPo., BA/368 et listes de contumaces et listes d’amnistiés. — Murailles... 1871, op. cit., p. 187. — Le Prolétaire, « organe des revendications sociales (XIe arr.) », 10-24 mai 1871, quatre numéros. ⸺ Charles Malato, De la Commune à l’anarchie, Stock, 1894 — Souvenirs de Lucien Guérineau dans Le Combat syndicaliste du 4 juin 1937. — Michel Cordillot (coord.), La Commune de Paris 1871. L’événement, les acteurs, les lieux, Ivry-sur-Seine, Les Éditions de l’Atelier, 2021. — Notes de Louis Bretonnière. — AD 78 en ligne acte de décès 1913-1914 4 E6039 vue 65/283 acte n° 85.

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