MURJAS Alexandre [Étienne, Louis, Pierre, dit] [Dictionnaire des anarchistes]

Par Jean Maitron, notice complétée par Guillaume Davranche

Né le 4 janvier 1860 à Alais (Gard), mort le 2 août 1894 à Paris ; tailleur puis journaliste ; anarchiste.

Fils de petits commerçants, Alexandre Murjas commença des études chez les jésuites d’Avignon, puis apprit le métier de tailleur. Il vint à Paris en 1883 et devint rédacteur à La Bataille de Lissagaray. En 1884-1885, il collabora également à Terre et Liberté (voir Antoine Rieffel).

Le 14 février 1885, Murjas comparut devant la 8e chambre du tribunal correctionnel pour l’affaire du rassemblement des sans-travail place de l’Opéra (voir Gustave Leboucher). Il fut condamné à trois mois de prison.

En 1886, il adhéra à la Ligue des antipatriotes (voir Tortelier), et présida son grand meeting du 18 septembre 1887 à la salle Favié, à Paris. L’année suivante, militant au groupe La Panthère des Batignolles, il édita L’Avant-Garde cosmopolite avec Paul Paillette*, Tennevin* et Octave Jahn*. Il fut condamné, le 6 juillet 1887, à 100 francs d’amende.

Le 11 décembre 1892, il participa à une des soupes-conférences organisées par les anarchistes salle Favié, avec Leboucher*, Eugène Renard*, Lucas*, Brunet*, et d’autres.

D’après un rapport du directeur de la Sûreté générale, 31 décembre 1892, Murjas, depuis son arrivée à Paris, « s’est toujours mêlé d’une façon plus ou moins active au mouvement anarchiste parisien, et, dans cette période qui s’est écoulée de 1885 à 1888, il s’est fait remarquer parmi les plus militants. Il a organisé ou provoqué un grand nombre de réunions et meetings ; il y a souvent pris la parole [...] faisant l’apologie des vols commis aux dépens des propriétaires et des riches, préconisant l’emploi de moyens violents et la grève générale ». Le rapport indiquait ensuite que « depuis 1888, il ne fréquente plus guère les réunions, ses coreligionnaires ayant à maintes reprises suspecté la sincérité de ses convictions ».
Amputé d’une jambe, Murjas n’exerçait plus depuis longtemps son métier de tailleur. Il fut gérant de journaux et travailla comme correcteur. En 1893, il aurait été placé par l’abbé Garnier chez les franciscains de Vaugirard. Il mourut à l’hôpital Lariboisière.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article155933, notice MURJAS Alexandre [Étienne, Louis, Pierre, dit] [Dictionnaire des anarchistes] par Jean Maitron, notice complétée par Guillaume Davranche, version mise en ligne le 20 janvier 2019, dernière modification le 26 juillet 2021.

Par Jean Maitron, notice complétée par Guillaume Davranche

SOURCES : Arch. PPo. BA/1196 — L’Idée ouvrière du 24 septembre 1887 — Le Journal des débats du 15 février 1885 et du 12 décembre 1892 — René Bianco, Un siècle de presse… , op. cit.

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