POINARD Francis (François, dit) [Dictionnaire des anarchistes]

Par Jean Maitron, notice complétée par Rolf Dupuy

Né le 14 juin 1899 au Chambon-Feugerolles (Loire), mort le 2 avril 1975 à Saint-Étienne (Loire) ; ouvrier polisseur puis employé communal ; anarchiste et syndicaliste.

Francis Poinard, orphelin de père et de mère, était employé municipal à La Ricamarie lorsqu’il fut appelé au service militaire. Incorporé au 38e régiment d’infanterie le 19 avril 1918, il fut envoyé au front le 30 août. Le 30 décembre, il fut affecté aux escadrons du train. En octobre 1919 son régiment fut envoyé en Algérie. De retour en France en février 1921, il fut rendu à la vie civile le 15 avril avec le certificat de bonne conduite.

Il fut cependant rappelé à l’activité dès le 6 mai 1921 au 13e escadron du train, avec les troupes d’occupation de la Rhénanie. Il fut renvoyé dans ses foyers le 17 juin 1921.

Dans les années 1920, Francis Poinard fut l’un des animateurs du groupe anarchiste communiste de Saint-Étienne. Il résidait 66, rue Désiré-Claude.

Il fut délégué au IIe congrès national des Jeunesses syndicalistes CGTU, tenu à Lyon les 14 et 15 juillet 1923. D’octobre 1924 à mai 1925, il succéda à Prudhomme comme gérant de l’organe des Jeunesses syndicalistes, Le Cri des jeunes (Lyon, 1920-mai 1925).

Lorsque, le 31 décembre 1926, fut fondé le groupe anarchiste-communiste de Saint-Étienne, adhérent à l’Union anarchiste (UA), le conseil d’administration du groupe comprenait Francis Poinard (secrétaire), Régis Eyraud (secrétaire adjoint), Eugène Soullier (trésorier), André Garnier (trésorier adjoint), Pierre Dubouchet, Marcel Morel (archiviste), et Antoine Salis (organisateur artistique).

De 1926 à 1939, Poinard fut également un des animateurs de l’union locale CGT-SR, dont il fut délégué aux Ve et VIe congrès confédéraux, tenus en novembre 1934 et en janvier 1937. En 1932, il fut également l’administrateur du Combat Syndicaliste.

Au début, l’activité de la CGT-SR stéphanoise eut tendance à se confondre avec celle du groupe local de l’UA, qui diffusait Le Libertaire, L’En Dehors, le Combat syndicaliste...

En 1928, Poinard rejoignit l’Association des fédéralistes anarchistes (AFA), qui refusait le plate-formisme de l’organisation rebaptisée Union anarchiste communiste révolutionnaire (UACR).

En 1933, il signa, au nom de la CGT-SR un appel pour un 1er mai unitaire avec la CGT et la CGTU.

Dès le début de la guerre d’Espagne, il fut le secrétaire de la section stéphanoise du Comité anarcho-syndicaliste pour la défense et la libération du prolétariat espagnol (CASDLPE).

En 1938, Francis Poinard travaillait comme employé communal, était membre du groupe local de la Fédération anarchiste de langue française (FAF) et du syndicat interco de la CGT-SR, qui comptait alors 25 membres.

Le 6 septembre 1939, il fut mobilisé, puis affecté dans la 889e compagnie auto (13e escadron du train) dans l’armée des Alpes. Il fut démobilisé le 17 juillet 1940.

En 1946, il était gardien du jardin des plantes de Saint-Étienne.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article155951, notice POINARD Francis (François, dit) [Dictionnaire des anarchistes] par Jean Maitron, notice complétée par Rolf Dupuy, version mise en ligne le 28 mars 2014, dernière modification le 16 octobre 2022.

Par Jean Maitron, notice complétée par Rolf Dupuy

SOURCES : État civil de Saint-Étienne et Registres matricules de la Loire. — Arch. Nat. F7/13060, 13061. — Arch. PPo BA/1899. — AD Loire 93M55. — Journal officiel du 22 février 1927. — Le Libertaire du 25 mars 1927. — Le Cri du peuple du 6 mai 1933. — Henry Destours, « Les syndicalistes révolutionnaires et le mouvement syndical dans le département de la Loire entre les deux guerres », mémoire de maîtrise, université de Saint-Étienne, 1971. — Daniel Colson, « La question de l’effacement du syndicalisme révolutionnaire et de l’anarcho-syndicalisme dans le mouvement ouvrier français : Saint-Étienne 1920-1925 », doctorat de 3e cycle en sociologie, université Lyon-II, 1982. — René Bianco, « Un siècle de presse anarchiste… », op. cit. — notes de Guillaume Davranche.

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