BRICOUT Fernand Jean-Baptiste (dit Bricou) [Dictionnaire des anarchistes]

Par Jean Maitron, notice complétée par Rolf Dupuy

Né le 4 novembre 1861 à Saint-Quentin (Aisne), mort le 10 novembre 1914 en Nouvelle-Calédonie ; ouvrier menuisier ; co-auteur de l’attentat du restaurant Very.

Fernand Bricout était le fils de Marie Louise Christy, ouvrière de magasin, et fut légitimé par le mariage de celle-ci avec Jean-Baptiste Guislain Bricout, domestique, le 5 octobre 1867.

C’est en 1886, lors d’une grève des menuisiers que Fernand Bricou était devenu anarchiste. Condamné à 100F d’amende pour "vol au préjudice d’un patron" et à 15 jours de prison pour "entrave à la liberté du travail", il fut de nouveau condamné en 1888 à un mois de prison "après avoir menacé de mettre le feu à la menuiserie de M. Bertrand et de tirer avec son révolver sur les non grévistes" (cf. Le Temps, 12 avril 1893)

En 1889 il participait aux cours de dessin organisé sous la direction de Jamin*, rue Charlot, par la chambre syndicale des menuisiers.

Avec une partie de la dynamite volée à Soisy-sous-Etiole, cachée à son domicile puis dans un fossé des fortifications avec l’aide de Théodule Meunier* et de Drouet, il confectionna la bombe déposée avec Meunier le 25 avril 1892 au restaurant Véry. Après son arrestation avec sa compagne Marie Deshayes dite Delange, le juge d’instruction lui aurait promis la liberté conditionnelle s’il révélait le lieu de la cachette de la dynamite. Remis en liberté conditionnelle, il aurait quitté Paris pour Le Havre et après deux tentatives de suicide, aurait été ramené à Paris où avec sa compagne il avait avoué sa complicité et dénoncé Meunier comme l’auteur de l’attentat du restaurant Véry et de celui de la caserne Lobau, le 15 mars 1892, après qu’on leur ait fait des « promesses réalisables » (cf. Arch. PPo. BA/139, pièce 162).

Lors du procès tenu le 11 avril 1893 devant la Cour d’Assises de la Seine, Marie Delange fut acquittée tandis que Bricou fut condamné à vingt ans de travaux forcés. Le 17 juillet 1893, à la prison de la Santé, en présence de deux gardians qui lui servirent de témoins et d’un officier des brigades politiques, il épousa Marie Deshayes, permettant ainsi de légitimer leur enfant et que son épouse le rejoigne au bagne de Nouvelle-Calédonie.

Selon les archives du bagne de Nouvelle-Calédonie, Fernand, Jean-Baptiste Bricout (matricules 19872, 12278, 5667) est décédé le 10 novembre 1914, malgré l’octroi d’une remise de résidence en 1912..

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article156015, notice BRICOUT Fernand Jean-Baptiste (dit Bricou) [Dictionnaire des anarchistes] par Jean Maitron, notice complétée par Rolf Dupuy, version mise en ligne le 26 mars 2014, dernière modification le 29 mars 2020.

Par Jean Maitron, notice complétée par Rolf Dupuy

SOURCES : J. Maitron, Histoire du Mouvement anarchiste, op. cit., p. 209. — Le Matin, 28 juin 1892 — Le Temps, 12 avril 1893 — Le Petit Parisien, 18 juillet 1893 — ANOM COL H 593 — Notes D. Dupuy, Marianne Enckell et Dominique Petit. — Etat civil.

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