GRANGÉ Edme, Philogène, Édouard [Dictionnaire des anarchistes]

Par Rolf Dupuy, Dominique Petit, Thierry Bertrand

Né le 29 août 1868 à Paris XXe arr. , mort en 1930 ; ouvrier ciseleur ; anarchiste, insoumis condamné à 12 ans de travaux forcés au bagne de Nouvelle-Calédonie

Fils d’un couple de boutonniers demeurant rue des Rigolles, Paris XXe arr., refusant de faire son service militaire en novembre 1890, l’ouvrier ciseleur Grangé avait gagné la Belgique. Le 16 janvier 1891 il était déclaré insoumis.
Au bout de quelques mois, il revint clandestinement à Paris pour voir sa compagne et ses deux petits enfants. Après avoir été dénoncé, il échappa aux gendarmes venus l’arrêter rue des Rigoles le 3 février 1891. Un commerçant cherchant à lui barrer le chemin reçut un coup de feu qui ne l’atteignit pas.
Lors du procès en Cours d’Assises de la Seine en mai 1891, il déclara : « Je suis devenu anarchiste en lisant Diderot. Les armées permanentes sont une atteinte à la liberté individuelle. Vous ferez de moi ce que vous voudrez, messieurs les jurés, mais vous n’empêcherez pas, par vos verdicts, l’avènement de la liberté qui éclatera un jour dans le monde au cri triomphant de : Vive l’anarchie ! »
Condamné à 12 ans de travaux forcés et 10 ans d’interdiction de séjour, pour tentative de meurtre, le 8 mai 1891, il fut envoyé au bagne de Nouvelle-Calédonie.
Après ce procès, sa compagne abandonna les enfants dont l’aîné sera adopté par un compagnon tandis que le plus petit sera élevé par sa grand-mère.

En février 1896 Le Libertaire et Les Temps Nouveaux lançaient une campagne en sa faveur. En 1900, Antoine Cyvoct*, qui l’avait connu au bagne, plaidait pour qu’il soit amnistié ainsi que d’autres compagnons.
Il était libéré de sa peine de travaux forcés le 13 mai 1902, et obtint, par décision présidentielle du 13 novembre 1909, une remise de l’obligation de résidence aux colonies. Il put revenir en France.

Début août 1916 il était mobilisé mais réformé fin août de la même année pour endocardite.
Il habitait au 115 rue Oberkampf dans le 11ème arrondissement de Paris.
Il se maria le 9 mars 1920, toujours à Paris XXe, avec Augustine Eugénie dite Cocotte Baumester ; il s’agit probablement de la nièce d’Augustin ?

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article156065, notice GRANGÉ Edme, Philogène, Édouard [Dictionnaire des anarchistes] par Rolf Dupuy, Dominique Petit, Thierry Bertrand, version mise en ligne le 18 mars 2014, dernière modification le 24 mai 2021.

Par Rolf Dupuy, Dominique Petit, Thierry Bertrand

SOURCES : ANOM, matricule 19076 / 11934 / 5392. — Arch. Paris D4R1 529. —
Libertaire, 15 février 1896. — Les Temps Nouveaux, 1 février 1896 — Le Matin, 9 mai 1891. — État civil. — Geneanet.— Note de Marianne Enckell.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément