DESCAMPS Oscar, Désiré [Dictionnaire des anarchistes]

Par Yves Le Maner, notice complétée par Rolf Dupuy et François Ferrette

Né le 20 juin 1883 à Armentières (Nord), mort le 20 avril 1972 ; tisserand ; militant anarchiste et syndicaliste à Lille (Nord) et en région parisienne.

Oscar Descamps était l’un des plus actifs militants anarchistes du Nord à la veille de la Première Guerre mondiale. Affilié à la Fédération révolutionnaire du Nord, il mena les grèves du Textile de 1910 dans la région lilloise et, à l’issue de ce mouvement, il tenta de former un syndicat dissident pour échapper à la domination des socialistes « modérés ». Inscrit au Carnet B depuis le 30 décembre 1910, il se présenta comme candidat abstentionniste en 1912 et, avec Henri Deruelle, aux élections législatives de 1914 dans la 2e circonscription de Lille.

Mobilisé en 1914 au colombier militaire de Besançon, puis affecté dans une section d’infirmiers dans le Pas-de-Calais, il recevait à l’hôpital les journaux La Bataille et Ce qu’il faut dire de Sébastien Faure* qu’il faisait circuler parmi les soldats.

Opposé à l’Union sacrée, il était membre du comité pour la reprise des relations internationales dont il distribuait la propagande auprès des soldats allant au front, et, lors de ses permissions participait à des réunions anarchistes à Paris.

Devenu secrétaire adjoint de la Fédération du Textile CGT du Nord au lendemain de la guerre, il rejoignit parmi les premiers les rangs du premier parti communiste de tendance anarchiste puis la Fédération des soviets. Ce « diable d’homme, l’œil vif sous le lorgnon (Le Prolétaire, 14 novembre 1920) avait été un admirateur précoce de la Révolution russe alors qu’il appartenait au Comité pour la Reprise des Relations internationales et au Comité de défense syndicaliste. Le 4 juillet 1920, à l’issue de la réunion constitutive du Comité de la IIIe Internationale du Nord, tenue à Lille, il fut choisi comme secrétaire provisoire.

En octobre 1920, il parvint, malgré l’opposition de Huyghe, à faire voter l’adhésion de son syndicat à la IIIe Internationale et il fut l’un des signataires de la « Résolution d’adhésion à la IIIe Internationale », parue dans le Bulletin communiste le 4 novembre 1920.

Il quitta le Parti communiste quelques années plus tard et dès 1922 était l’un des organisateurs du Comité de Défense Syndicaliste (CDS) de Lille fondé pour « barrer la route aux communistes ». Le 27 janvier 1924 il participait au Congrès régional anarchiste du Nord tenu à Lens. Il était à ce moment membre de la rédaction du journal Le Combat et responsable du service librairie de ce journal.

Début 1929 il alla travailler à Villeurbanne où en février il fut inscrit au Carnet B local, puis en région parisienne où il fut magasinier comptable puis cantonnier à Colombes où en 1939 il était le président du Groupement d’achat du comité de défense local des chômeurs.

Pendant la guerre d’Espagne il écrivit plusieurs articles dans le Libertaire, dont il était l’un des diffuseurs ainsi que de La Calotte.

En décembre 1939, il fut suspecté par la police d’avoir été l’un des diffuseurs aux portes de l’usine Blériot de Suresnes du tract "Aux travailleurs de l’usine Blériot : qui trahit ?" attaquant la CGT et L. Jouhaux et soutenant la ligne du parti communiste.

En janvier 1940 il fut embauché comme magasinier à Coubevoie et semble ne plus avoir eu d’activité militante.

Oscar Descamps est mort à Armentières le 20 avril 1972.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article156195, notice DESCAMPS Oscar, Désiré [Dictionnaire des anarchistes] par Yves Le Maner, notice complétée par Rolf Dupuy et François Ferrette, version mise en ligne le 13 mars 2014, dernière modification le 4 mai 2014.

Par Yves Le Maner, notice complétée par Rolf Dupuy et François Ferrette

SOURCES : Arch. Nat. F7/13610. — Arch. Dép. Nord, M 74572, M 37/74 et M 154/191. — Bulletin communiste, 4 novembre 1920. — Le Prolétaire, 10 juillet et 14 novembre 1920. — Le Congrès de Tours : édition critique, op. cit., p. 139. — État civil d’Armentières. — Recherches de François Ferrette Archives communistes.

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