FAURE Léopold, Marguerite [dit Fattys]

Par Antoine Olivesi, notice révisée par Françoise Morel Fontanelli

Né le 29 août 1894, mort le 15 juillet 1955 à Marseille ; ouvrier savonnier ; anarchiste.

Fils de Jean-Pierre Faure, entrepreneur, et d’Émilie Mürner ou Meunier, Léopold Faure bénéficiait d’une pension d’invalide en raison de problèmes ophthalmologiques. Il fut condamné, le 24 octobre 1921, à deux mois de prison avec sursis et à 50 francs d’amende par le tribunal correctionnel de Marseille pour outrages et blessures à agent. Il avait manifesté la veille devant le consulat des États-Unis avec d’autres militants de la bourse du travail, en faveur de Sacco et de Vanzetti.

En 1922, il était membre de l’Union Anarchiste marseillaise dont le siège se situait au bar Bruno, sur le Marché des Capucins (1°arr). Le 2 avril 1922, il participa aux travaux du congrès constitutif de la Fédération anarchiste du Sud à Marseille (voir Mosquera). En juillet 1922, il fut le gérant responsable du premier numéro de Terre Libre rédigé en français, espagnol et italien. Avec dix numéros, ce bimensuel fut l’éphémère organe de la Fédération anarchiste du Sud.

Proche des milieux libertaires italiens, Léopold Faure fut en relation avec l’administration de Fede qui lui expédiait Ai Giovani. Il fut gérant du Comité Pro Figli Dei Carcerati Politici de mai 1925 à juillet 1928, gérant de L’Ora Nostra de janvier à juillet 1928, gérant du comité "Pro Perseguitati Cociancich" de 1932 à 1934. Il était connu des services de renseignements italiens et son nom figurait d’ailleurs dans les dossiers du Casellario Politico Centrale de certains militants toscans exilés à Marseille.
Son domicile du 9, rue Jean Dolfus fut le siège successif de différentes organisations et organes libertaires italiens, puis durant les années 1930, il utilisa une boîte postale de la Poste Colbert. Il servait donc de couverture aux libertaires italiens trop exposés aux expulsions. À partir de 1927, il semblerait qu’il ait été avec Julien Clot l’un des principaux animateurs du Comité de défense sociale de Marseille.

Il fut candidat abstentionniste dans la 8° circonscription de Marseille aux législatives de 1928. Sa déclaration de candidature est rédigée sur une feuille mentionnant les mêmes indications que celle d’Abel Victor. Il n’obtint qu’une seule voix. Il en recueillit dix, dans la même circonscription, aux élections de 1936.

A partir de janvier 1931, il fut le gérant de Vogliamo, revue publiée par le Suisse Carlo Vanza à Biasca (Tessin), puis à Annemasse et enfin à Lugano d’août 1929 à février 1931.

En 1936, il militait avec Martial Desmoulins dans le groupe Action Libertaire.

Léopold Faure était encore signalé comme anarchiste en 1938. Il travaillait alors comme peintre à son compte et avait été réformé n°1 avec une pension de 30% d’invalidité en 1936. Toutefois les listes électorales de 1939 le mentionnaient comme savonnier.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article156205, notice FAURE Léopold, Marguerite [dit Fattys] par Antoine Olivesi, notice révisée par Françoise Morel Fontanelli, version mise en ligne le 12 mars 2014, dernière modification le 5 janvier 2019.

Par Antoine Olivesi, notice révisée par Françoise Morel Fontanelli

SOURCES : Arch. Dép. (13) État-Civil Naissance Reg.6, 08/1894, 1R1381, 1M 1728, notice et rapport du préfet du 30/12/1939, 1 M 805 rapport du 8 avril 1922 — Arch. Mun. Marseille, 1939 — Arch. Cent. Roma CPC Ugo Boccardi n° 426 rapport 20/07/1926 — Le Petit Provençal et Le Petit Marseillais, 24 et 25/10/1921, 23/04/1928, 27/04/1936 — Il Risveglio Anarchico de Genève n° 677 du 17/10/1925 — L’Ora Nostra, 1928 — La Lotta Umana, n°13 12/04/1928 — L’Adunata Dei Refrattari, 09/03/1935 — Bettini Leonardo, Bibliografia dell’anarchismo, vol. I, tome 2, Periodici e numeri unici anarchici in lingua italiana pubblicati all’estero (1872-1971), cp editrice, Florence, 1976 — Souvenirs ou la fin d’une vie par Martial Desmoulins, brochure polycopiée du CIRA de Marseille, 1983, pp. 16 et 47 — René Bianco, Cent ans de presse anarchiste..., op. cit. — Morel Françoise, Le mouvement anarchiste marseillais dans l’entre-deux-guerres, maîtrise, Aix-Marseille I, 1997 — Fontanelli Morel Françoise, I Comitati Pro Vittime Politiche d’Italia à Marseille dans l’entre-deux-guerres. Histoire d’une organisation anarchiste en exil Aix-Marseille I, Master II, 2011. — Note de Thierry Bertrand.

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