BARBARON Marc

Par Jacques Girault

Né le 26 avril 1917 à Paris (XVIIIe), mort le 29 mai 2000 à Toulon (Var) ; chercheur puis professeur ; militant syndicaliste (SNESup-RS, SNET, SNES) ; militant communiste ; conseiller municipal de Meudon (Seine-et-Oise/Hauts-de-Seine).

Fils de chanteurs lyriques originaires de Bordeaux, Marc Barbaron, dont le père était franc-maçon, reçut les premiers sacrements catholiques mais manifesta ensuite un athéisme complet. Il fit ses études à Bordeaux dans l’école primaire publique que dirigeait son grand-père. Elève par la suite des lycées Voltaire puis Charlemagne à Paris, il entra à l’Ecole normale supérieure de l’enseignement technique en 1936 dans la section A1. À partir de septembre 1938, boursier, il commença des recherches comme aide-technique dans le laboratoire dirigé par Aimé Cotton. Il épousa en juillet 1938 à Paris une professeur d’éducation physique, fille d’un diplomate en poste au Maroc. Le couple eut trois enfants.

Appelé au service militaire dans un régiment d’artillerie à Meknès (Maroc) en septembre 1939, Barbaron sortit de l’école d’artillerie de Poitiers en janvier 1940 avec le grade d’aspirant. Après un stage dans la DCA à Biscarosse, il rejoignit un régiment à Tours (Indre-et-Loire), participa à la bataille de France avant d’être démobilisé en août 1940 à Casablanca. Il enseigna dans plusieurs établissements scolaires marocains (école industrielle de Casablanca, collège technique de Mazagran). À nouveau mobilisé le 25 novembre 1942, il participa aux campagnes d’Italie, à la libération de Marseille, puis à l’occupation de l’Autriche où il fut démobilisé, le 26 août 1945, avec le grade de lieutenant.

Marc Barbaron, en octobre 1945, rejoignit le laboratoire des basses températures et de l’électro-aimant à Meudon-Bellevue. Il exerça les fonctions de secrétariat et de comptabilité avant de devenir attaché de recherches au CNRS. Délégué du Syndicat national de l’enseignement supérieur et de la recherche, plusieurs fois auditionné par la commission Langevin-Wallon, il préparait une thèse soutenue en juin 1950 sous le titre Réaction des solides, mesures aux basses températures.

Entre 1939 et 1954, il fut l’auteur de seize communications dans des revues françaises et étrangères. Après le décès d’Aimé Cotton, le 11 juin 1951, fut organisée à la Sorbonne une cérémonie en son honneur par l’Association des travailleurs scientifiques. Dans son intervention publiée en plaquette, Barbaron retraçait les activités scientifiques et militantes de son maître. En août-septembre 1953, dans le bulletin Enseignement supérieur et recherche scientifique, le secrétaire du SNESup-RS évoquait "l’affaire Barbaron". Après sa thèse qui avait mérité les éloges de son directeur et du jury, il avait été maintenu attaché de recherches. Il demandait à continuer ses recherches sur les travaux d’optique aux basses températures tout en ouvrant un nouveau chantier pour le développement d’une théorie nouvelle de la physiologie nerveuse. La commission se montra favorable, mais la direction du CNRS mit fin à son détachement. L’auteur de l’article se demandait si c’était le responsable du syndicat ou le militant de l’Association des travailleurs scientifiques qui était sanctionné.

Marc Barbaron, membre du Parti communiste français depuis 1945, fut élu conseiller municipal de Meudon sur la liste "d’union républicaine et résistante et de défense des intérêts communaux" présentée par le PCF, le 19 octobre 1947. Réélu le 26 avril 1953, délégué à la bibliothèque populaire et au conseil d’administration de la caisse des écoles publiques, il démissionna en octobre 1955 puisqu’il habitait maintenant Nice (Alpes-Maritimes).

Après la fin de son détachement au CNRS, Barbaron réintégra l’enseignement technique au collège technique d’Argenteuil (Seine-et-Oise). En septembre 1954, muté au collège Carabacel, rattaché à la Chambre des métiers de Nice, il y enseignait les mathématiques. Par la suite il obtint un poste au lycée technique des Eucalyptus à Nice puis au lycée technique Rouvière à Toulon (Var) en 1975 où il enseigna les sciences physiques jusqu’à sa retraite en 1977. Parallèlement, spécialisé en biologie cellulaire, il continuait à fréquenter les laboratoires du CNRS de Marseille et de Paris.

Marc Barbaron, militait au Syndicat national de l’enseignement technique et occupa, en 1965-1966, la responsabilité de secrétaire de la section (S2) des Alpes-Maritimes, élu sur la liste « Union pour une action syndicale efficace ». Après la fusion de 1966, il milita au Syndicat national des enseignements de second degré, en étant membre pendant quelques années du secrétariat de la section académique (S3). Il siégeait, depuis 1965, comme élu du personnel dans la commission administrative paritaire académique des certifiés.

Divorcé, il se remaria en juin 1975 avec une professeure de lettres, à La Valette (Var) où ils habitèrent. Ils eurent une fille. Ils quittèrent la commune pour Arbois (Jura), où son épouse, membre du PCF depuis 1980, avait obtenu la direction du collège d’enseignement secondaire.

Marc Barbaron, à Nice, militait activement dans les organisations animées par les communistes (Secours populaire, Mouvement de la Paix). Responsable du cercle des intellectuels communistes, membre de l’Union rationaliste, il était aussi le vice-président du comité départemental d’action pour le soutien et la victoire du peuple vietnamien. Il intervenait aussi dans des réunions publiques sur le désarmement ou sur les succès de la science en URSS. Aux élections municipales de Nice, il figurait sur la liste "d’union ouvrière et démocratique" en 1959 et sur la liste "d’Union démocratique" en 1965.

A La Valette, il figura à deux reprises sur les listes d’union de la gauche pour les élections municipales. Ses obsèques furent civiles.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article15626, notice BARBARON Marc par Jacques Girault, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 10 octobre 2021.

Par Jacques Girault

ŒUVRE : Le fichier de la BNF conservait deux exemplaires de sa thèse, publiée aux éditions Masson.

SOURCES : Arch. com. Meudon (A-C. Prigent). — Archives Comité national du Parti communiste français. — Arch. SNET, fonds Louis Astre dépouillé par Julien Veyret. –- Renseignements fournis par son épouse. — Notes d’Alain Dalançon.

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