BONTEMPS Arnold [BONTEMPI Arnoldo Egidio Vincenzo dit]

Par Philippe Bouba, Georges Rougeron

Né le 29 avril 1884 à Paris (XXe arr.), mort le 20 août 1953 à Paris (XVIIe arr.) ; ouvrier tourneur, publiciste, journaliste, inspecteur jeunesse et sport ; militant anarchiste en Algérie puis socialiste à Paris et dans l’Allier.

Fils de Louis Napoléon Egidio Marie Bontempi, employé, et de Mérope Innoncenta Maria Ortori, couturière, Arnoldo Bontempi apparaissait comme tourneur lors de son conseil de révision. Sa notice individuelle au Contrôle général des anarchistes en résidence en Algérie fut établie le 5 février 1904. Il en fut radié en juin 1908 suite à son départ à la fin août 1905 pour la France "sans esprit de retour".

Arnold Bontemps fut l’administrateur du journal algérois libertaire et syndicaliste Le Réveil de l’esclave (juin 1904, deux numéros parus). Il écrivit deux articles dans Le Réveil de l’esclave. Le premier traite des bureaux de placement et le second aborde le thème de l’enseignement. Bontemps refusait l’éducation religieuse mais aussi laïque : "tous les deux se valent, car tout en étant différents à leur base, les résultats sont à peu près les mêmes". La suite prévue pour le numéro suivant devait traiter de l’éducation libertaire.

Il fut condamné avec vingt-quatre autres membres de l’Association Internationale Antimilitariste des Travailleurs, dont Georges Yvetot et Gustave Hervé, pour "l’Affiche rouge" par la Cour d’assises de la Seine le 28 décembre 1905 (voir Roger Sadrin). Affiche prônant aux conscrits l’insurrection à tout ordre de mobilisation. Il fut amnistié en juillet 1906.

Il avait également participé au Réveil de l’Esclave (Paris, 1902) et à L’Homme libre (Paris, 1903-1904).

De retour en France, Arnold Bontemps fut journaliste, et collabora notamment au Peuple, au Populaire, au Quotidien, au Progrès Civique, au Soir, à Floréal à Paris-Soir et fut l’un des premiers chroniqueurs sportifs de la presse parisienne.

Il se maria le 27 février 1923 à Paris (XVIIe arr.) avec Marie, Elise, Salomé, Madeleine, Bilger, sans profession.

Présenté par la Fédération socialiste (SFIO) de l’Allier dans la circonscription de Lapalisse, Bontemps recueillit 6 802 voix sur 25 415 votants et 31 043 inscrits le 22 avril 1928 et dut être retiré après le premier tour de scrutin. Il avait été l’objet d’une véhémente campagne tenant aux origines italiennes de sa famille : Bontempi, d’un père garibaldien. Candidat aux élections sénatoriales du 20 octobre 1929, il obtint 150 voix sur 814 votants et inscrits. De nouveau présenté lors du renouvellement législatif du 1er mai 1932, il passa à 7 419 voix sur 25 576 votants et 31 614 inscrits ; il ne fut pas maintenu au ballottage.

Dans les débats intérieurs, il prit parti en faveur du courant représenté par Pierre Renaudel et quitta la SFIO pour participer à la constitution du Parti socialiste de France en 1933, puis de l’Union socialiste et républicaine en 1935. Lors du renouvellement législatif suivant, il retourna avec l’investiture de celle-ci devant les électeurs de Lapalisse, mais ne retrouva plus que 756 bulletins sur 26 886 votants et 32 039 inscrits. Mais il était demeuré de 1928 à 1945 au groupe socialiste du conseil général de l’Allier, ce qui facilita sa réinsertion au sein du Parti socialiste.

Durant le Front populaire, il participa aux réflexions conduites au sein du sous-secrétariat d’Etat aux Sports et aux Loisirs de Léo Lagrange, notamment dans le domaine du développement du sport et du tourisme populaire. En 1918 il fut désigné à titre temporaire inspecteur des sports et des loisirs. Il fut suspendu par Vichy en mars 1942. En septembre 1944, il reçut un certificat d’appartenance aux FFI, secteur de Paris, comme membre du mouvement France au combat.

Arnold Bontemps fut réintégré rétroactivement inspecteur de l’éducation physique et des sports à la Libération. Nommé inspecteur général de 3e classe en septembre 1944, il quitta finalement ses fonctions en novembre suivant. On le retrouve comme chargé de mission au cabinet du ministre de l’Éducation nationale Yvon Delbos, en 1948.

Dans la presse il prit part, en 1945, à la fondation de la société Les éditeurs de France-Documents, publiant le Bulletin de Paris, en même temps qu’il dirigeait les services politiques du quotidien La Dépêche de Paris.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article156508, notice BONTEMPS Arnold [BONTEMPI Arnoldo Egidio Vincenzo dit] par Philippe Bouba, Georges Rougeron, version mise en ligne le 25 février 2014, dernière modification le 11 mai 2020.

Par Philippe Bouba, Georges Rougeron

SOURCES : Arch. de Paris, registre matricule (D4R1 1326, matricule 1390), État civil. — Le Réveil de l’esclave, 19 juin, 25 juin 1904 — Arch. Nat. d’Outre-mer 1F/16, 1F/17 (notice individuelle du 5 février 1904) — René Bianco, « Un siècle de presse… », op. cit. — La Vie socialiste, 14 mai 1932. — G. Rougeron, Le conseil général, 1871-1940, Montluçon, 1960. — Guy Caplat, L’Inspection générale de l’Instruction publique au XXe siècle. Dictionnaire biographique des inspecteurs généraux et des inspecteurs de l’Académie de Paris, 1914-1939, en ligne. — Philippe BOUBA, L’anarchisme en situation coloniale, le cas de l’Algérie. Organisations, militants et presse, 1887-1962, thèse de doctorat d’histoire, Unviersité de Perpigna Via Domitia, Université d’Oran Es-Senia, 2014. — Notes de Paul Boulland.

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