GIRAUD Émile [Dictionnaire des anarchistes]

Par Jean Maitron, notice complétée par Guillaume Davranche

Né le 20 novembre 1898 à Paris (XIVe arr.), mort le 27 mars 1934 à Colombes (Seine) ; libraire, puis expert-comptable ; soviétiste.

Fils d’un mécanicien et d’une couturière, Émile Giraud fut incorporé le 16 avril 1917 au 155e régiment d’infanterie, mais fut rapidement blessé (gazé) au combat.

Il fut versé dans le service auxiliaire dès le 16 mai pour myocardie, et rejoignit le 1er groupe d’aviation le 6 août.

Réformé temporairement le 3 novembre 1917 pour tachycardie permanente, il sera ensuite régulièrement réformé, jusqu’à une réforme définitive le 27 avril 1929, date à laquelle il lui sera reconnu une invalidité à 100% en raison d’une tuberculose pulmonaire et d’une endocardie chronique entraînant amaigrissement et anémie.

Malgré cet état de santé très précaire, Émile Giraud s’engagea dans la lutte politique, en rejoignant le « premier » Parti communiste fondé par Raymond Péricat en mai 1919.

Au congrès tenu du 25 au 28 décembre 1919 à Paris, le PC se rebaptisa Fédération communiste des soviets (FCS, voir Alexandre Lebourg). Émile Giraud en fut alors élu trésorier. Il fut également gérant de son organe bimensuel Le Soviet jusqu’à son 13e numéro, en date du 1er mai 1921.

Dans Le Soviet n°1 (21 mars 1920), il signa une violente lettre ouverte à Raymond Poincaré, qui entraîna des poursuites. Le 1er avril 1920, la police perquisitionna le siège du Soviet, à la Maison commune 111, rue du Château, à Paris 14e, son imprimeur, la Cootypographie, au 11, rue de Metz à Courbevoie, ainsi que le domicile d’Émile Giraud, au 124, rue Compans, à Paris 20e. Émile Giraud fut aussitôt mis en état d’arrestation. Il n’allait pas tarder à être inculpé dans le cadre du « complot contre la sûreté de l’État » (voir Marius Hanot). Placés en détention préventive, les 12 inculpés du complot comparurent devant les assises le 28 février 1921 et furent acquitté le 17 mars.

Émile Giraud disparut alors de la scène politique.

En 1922, il quitta son emploi de libraire pour devenir expert-comptable.

Le 9 décembre 1922 il épousa Germaine Audoin.

Le 7 février 1931, il se remaria avec Marjorie Burrows qui, à la mort d’Émile Giraud en 1934, fut reconnue veuve de guerre.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article156554, notice GIRAUD Émile [Dictionnaire des anarchistes] par Jean Maitron, notice complétée par Guillaume Davranche, version mise en ligne le 24 février 2014, dernière modification le 22 août 2020.

Par Jean Maitron, notice complétée par Guillaume Davranche

SOURCES : Le Gaulois, 2 avril 1920. — La Presse du 27 février 1921 — Annie Kriegel, Aux origines du communisme français, 1914-1920, Mouton & Co, 1964. — La Révolution prolétarienne de mai 1975. — Christiane Magry, Les anarchistes, la Révolution russe et l’expérience soviétique en France (1914-1921), mémoire de maîtrise, Paris-I, 1975. — Pierre Berthet, Les libertaires français face à la révolution bolchévique en 1919 : autour de Raymond Péricat et du Parti communiste, mémoire de maîtrise, Paris-IV, 1991. — État civil de la mairie de Colombes. — Note de Marc Giraud, son petit-fils.

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