GOY Philippe [Dictionnaire des anarchistes]

Par Yves Lequin, Gérard Raffaëlli, notice complétée par Guillaume Davranche

Né le 26 novembre 1887 à Saint-Étienne (Loire), mort le 5 avril 1920 à Saint-Étienne (Loire) ; tourneur sur métaux ; anarchiste et syndicaliste.

Philippe Goy ne fit pas le service militaire. Ajourné en 1908, il fut réformé en 1909 pour « faiblesse générale ». A partir de 1910, il fut l’un des responsables, avec Nicolas Berthet et Benoît Liothier, du groupe de Saint-Étienne des Jeunesses syndicalistes, qui comptait une cinquantaine de membres.

Fondateur en avril 1913 du Comité de Défense Sociale (CDS), Goy en fut nommé secrétaire et entama, dans le cadre de la lutte contre les bagnes militaires, une campagne de soutien en faveur de Brotte, un jeune ouvrier stéphanois.

Durant l’été 1913, le groupe stéphanois des Jeunesses syndicalistes devint un groupe pleinement anarchiste, le Foyer populaire de Saint-Étienne. Goy fut un membre actif du groupe, dont Benoît Liothier était le secrétaire, et qui tenait ses réunions au café Ferriol, sur le cours Victor-Hugo.

Le 12 octobre 1913, Philippe Goy était arrêté avec Claude Charrat et Raphaël Bénétierre lors d’une diffusion de tracts antimilitaristes à la caserne Rullière. Il s’agissait en fait d’un extrait d’un vieux discours d’Aristide Briand. Les trois jeunes ouvriers furent condamnés par le tribunal correctionnel, le 31 octobre à deux mois de prison. L’Humanité ayant indiqué qu’ils n’étaient pas anarchistes, ils écrivirent une lettre au Libertaire pour protester et rétablir la vérité.

Au moment de la déclaration de guerre, Philippe Goy, qui était inscrit au Carnet B comme « anarchiste dangereux », se cacha un certain temps dans les bois du Pilat avec Nicolas Berthet, Benoît Liothier et Jean-Baptiste Rascle pour éviter une éventuelle arrestation.

Il ne fut pas mobilisé en août 1914 mais, en décembre 1914 le conseil de révision de la Loire le déclara bon pour le service armé. Il rejoignit le 98e régiment d’infanterie comme soldat de de 2e classe le 26 février 1915, après sans doute une période d’instruction. Le 1er juillet 1917, il passa au 38e RI.

Démobilisé le 11 juillet 1919, il revint vivre à Saint-Étienne, au 24, rue José-Frappa. Il milita alors de nouveau au groupe anarchiste communiste, mais mourut en avril.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article156557, notice GOY Philippe [Dictionnaire des anarchistes] par Yves Lequin, Gérard Raffaëlli, notice complétée par Guillaume Davranche, version mise en ligne le 24 février 2014, dernière modification le 16 octobre 2022.

Par Yves Lequin, Gérard Raffaëlli, notice complétée par Guillaume Davranche

SOURCES : Registres militaires de la Loire. — Arch. Nat. F7/13053. — AD Loire 19M28 à 35, 19M37, 19M38, 92M247, M432, travée 438/4. — L’Humanité du 1er novembre 1913. — Le Libertaire du 15 novembre 1913.

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