BARBIAN Pierre

Par Pierre Schill

Né le 16 mai 1893 à Rappweiler (Sarre, Allemagne), mort le 6 mars 1974 à Rombas (Moselle) ; serrurier dans la métallurgie et mineur de fer en Moselle ; militant du syndicat unitaire des métaux de la Moselle puis de la CGT réunifiée ; maire communiste de Rombas (Moselle) de 1929 à 1934 et de 1945 à 1946 ; conseiller municipal de 1935 à 1939, premier adjoint d’une municipalité MRP-RPF-Indépendants de gauche de 1947 à 1953.

Fils de Élise Barbian, Pierre Barbian se maria le 13 mai 1918 à Longeville-lès-Metz (Lorraine annexée) avec Marie Françoise née Muller le 12 novembre 1898 à Malancourt-la-Montagne (Lorraine annexée), ils eurent quatre enfants.

Pierre Barbian fut mobilisé pendant la Première Guerre mondiale dans l’armée impériale allemande. Soldat à Metz (Lorraine annexée), il y rencontra sa future femme. À la fin de la guerre il quitta l’Allemagne pour rejoindre la France et s’installer à Rombas (Moselle). Il se fit naturaliser français.

Ouvrier dans la métallurgie, Pierre Barbian adhéra au parti communiste au milieu des années vingt. Il y milita jusqu’en 1945. Il milita également au syndicat unitaire des métaux puis à la CGT réunifiée.

Pierre Barbian travailla d’abord comme serrurier à l’entreprise métallurgique Jamaille de Rosselange (Moselle) où il anima de nombreuses grèves. Il fut licencié et travailla ensuite aux Forges et aciéries de Nord et Lorraine. À nouveau licencié en raison de ses activités syndicales et politiques, il dut aller travailler dans une entreprise métallurgique de Longwy (Meurthe-et-Moselle). Au moment de son élection à la mairie de Rombas il commença à travailler à la mine de fer Ida de Sainte-Marie-aux-Chênes (Moselle) où il occupa un emploi de contrôleur de wagonnets. Il fut embauché à condition d’abandonner toute activité syndicale. Auparavant déjà, les De Wendel lui avait proposé d’arrêter de travailler dans la métallurgie en échange d’une ferme et d’un peu de bétail en vue d’une « reconversion » dans l’agriculture.

Pierre Barbian représenta le Parti communiste à Rombas à plusieurs élections municipales. Candidat en mai 1925, il obtint au premier tour 562 voix sur 1 364 suffrages exprimés pour 1 381 votants sur 1 481 électeurs inscrits et ne fut pas élu. Il se représenta au scrutin de mai 1929 et fut élu en rassemblant 778 voix sur 1 429 suffrages exprimés. Pierre Barbian fut ensuite élu maire de Rombas. Il s’attacha à moderniser sa ville en la dotant notamment des infrastructures scolaires qui devaient permettre à la jeunesse de poursuivre ses études secondaires à Rombas. C’est aussi sous son mandat que la commune fit l’acquisition de la colonie de vacances de Vigneulles-lès-Hattonchâtel (Meuse).

Au début de l’année 1930, il était l’un des dirigeants du sous-rayon communiste de la vallée de l’Orne et il anima à ce titre de nombreuses manifestations publiques en Moselle du fer mais aussi dans le bassin houiller à l’Est du département.

En février 1934, Pierre Barbian fut sanctionné par le préfet de la Moselle car il avait organisé une manifestation antifasciste contre des Italiens réunis par le consul d’Italie à Clouange (Moselle) le 18 février 1934. Le 8 avril 1934, il participa à Thionville à une grande manifestation organisée par les communistes et la gauche pour protester contre la menace fasciste représentée par les Francistes. Ce rassemblement de plusieurs milliers d’ouvriers dégénéra en bataille de rue et les manifestants furent chargés par la police qui procéda à près de deux cents arrestations, dont celle d’Émile Fritsch* et Pierre Barbian. Pierre Barbian fut ensuite révoqué par le préfet de la Moselle. Au début du mois de mai 1934 les autorités l’envisagèrent de l’expulser car il était d’origine allemande.

Pierre Barbian fut candidat aux élections d’octobre 1934 au conseil d’arrondissement de Metz-campagne pour le canton de Metz-campagne. Candidat sur la liste communiste, il obtint au premier tour 4 334 voix sur 9 144 suffrages exprimés pour 9 425 votants et 14 599 électeurs inscrits et ne fut pas élu. Il était alors toujours l’un des dirigeants les plus influents du sous-rayon de la Vallée de l’Orne.

Candidat aux élections municipales des 5 et 12 mai 1935 à Rombas, il menait la liste du Bloc ouvrier et paysan présentée par le Parti communiste. Se présentant comme « maire révoqué », il obtint au premier tour 727 voix sur 1 416 suffrages exprimés pour 1 431 votants et fut élu. Sa liste ne l’emporta pas au second tour.

Il anima les grèves du Front populaire et participa notamment aux manifestations du 14 juin 1936 dans la vallée de l’Orne où il mena un cortège de plusieurs milliers de personnes.

Le 3 juillet 1936, quelque trois mille ouvriers des villes de Rombas et Amnéville manifestèrent à Rombas à l’appel de Pierre Barbian qui voulait semble-t-il s’emparer « de force » de la mairie. Devant la réprobation des maires communistes des communes voisines (Amnéville, Mondelange et Basse-Yutz), il renonça finalement à ce projet.

En janvier 1943, il fut déporté avec sa famille en Silésie au moment où la Moselle était une nouvelle fois annexée par l’Allemagne. Auparavant, il avait soutenu le Groupe Mario, mouvement de résistance créé en Moselle par l’instituteur messin Jean Burger*. Il servit notamment d’agent de liaison avec Émile Waechter, l’un des responsables du Groupe en Moselle du fer. Après sa déportation c’est sa fille Marguerite qui poursuivit les contacts avec la résistance mosellane par l’intermédiaire d’Anna Schell.

Pierre Barbian rentra en Moselle en juillet 1945. Il fut à nouveau candidat aux élections municipales de septembre 1945 à Rombas à la tête de la Liste Républicaine et antifasciste. Pierre Barbian fut élu en obtenant 1 627 voix sur 2 495 votants pour 2 867 électeurs inscrits et retrouva dans la foulée son fauteuil de maire. Après des dissensions avec le PC, il démissionna de son mandat en octobre 1946 et fut remplacé par le communiste Josepk Keller. Il se considérait dès lors comme un homme de gauche « indépendant ».

Pierre Barbian se représenta aux élections municipales d’octobre 1947, comme « indépendant de gauche » à la tête d’une liste de défense des intérêts communaux opposée à celle constituée par la SFIO et le PC et menée par le maire communiste sortant Joseph Keller. Sa liste à dominante MRP et RPF rassembla une moyenne de 1 239 voix sur 2 351 suffrages exprimés pour 2 435 votants et 3 179 électeurs inscrits. Il fut élu premier adjoint du nouveau maire Paul Wetzel.

En 1937, Pierre Barbian avait fondé l’Amicale des vieux travailleurs de Rombas dont le but était de se battre pour l’amélioration des retraites des ouvriers. Il présida cette association jusqu’en 1956.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article15657, notice BARBIAN Pierre par Pierre Schill, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 25 mai 2021.

Par Pierre Schill

SOURCES : Archives familiales. — Arch. Dép. Moselle, 303 M 75, 146 et 180, 1330 W 265 et 266, 24 Z 16. — Archives des Houillères du bassin de Lorraine : Vt323-B26. — État civil, fichier domiciliaire et registres de délibérations de la commune de Rombas (Moselle) : renseignements fournis par Jean-Luc Pironio. — Volkstribüne, 30 avril 1925. — Le Messin, 6 mai 1935. — Metzer Freies Journal, 16 juin 1936. — Le Républicain Lorrain, 25 septembre 1945. — Gérard Diwo, Le communisme en Moselle (1925-1932) à travers les élections législatives d’avril 1928 et de mai 1932, mémoire de maîtrise d’histoire, Université de Metz, 1983, 176 p. — Marc-Pierre Gontard, Le Francisme en Moselle (1933-1936), mémoire de maîtrise d’histoire sous la direction d’Alfred Wahl, Université de Metz, 1983, 123 p. — Didier Kompa, La formation du Front populaire en Moselle, 1934-1936, mémoire de maîtrise d’histoire sous la direction d’Alfred Wahl, Université de Metz, 1985, 173 p. — Gérard Diwo, Les formations politiques en Moselle (21 octobre 1945-17 juin 1951), thèse de doctorat d’histoire sous la direction d’Alfred Wahl, Université de Metz, 1992, 2 tomes, 423 et 157 p. — Renseignements fournis par Léa Silva née Barbian, sa fille et par Albert Wackermann.

ICONOGRAPHIE : Portrait (au début des années soixante-dix) : collection personnelle de Léa Silva.

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