NAPOLITANO Antonino, dit Nino [Dictionnaire des anarchistes]

Par Rolf Dupuy, Marianne Enckell

Né le 20 juin 1893 à Palerme, mort le 17 novembre 1958 ; peintre décorateur ; militant anarchiste en Italie, en France et en Suisse.

Nino Napolitano commença à militer avant 1914 au parti socialiste à Palerme puis s’intéressa aux idées anarchistes : dans un télégramme daté du 6 novembre 1916, le préfet de Palerme informait le Ministère de l’intérieur que « chaque semaine Napolitano recevait et distribuait une dizaine d’exemplaires du journal Il Libertario ».

Vers 1919, il fit la connaissance de Paolo Schicchi au contact duquel il devint définitivement anarchiste. Il collabora à un très grand nombre de journaux anarchistes en Italie et à l’étranger, jusqu’en 1925.

Comme de nombreux autres militants, il émigra alors clandestinement en France où il fut très vite secrétaire de rédaction de l’hebdomadaire Il Monito (Paris, 24 décembre 1925 – 1er août 1929) fondé par Raffaele Schiavina (Max Sartin). Il résidait alors 73 faubourg Saint-Antoine (Paris XIe) avec sa compagne Céleste Carpentieri (née à Fiume le 5 décembre 1890). En novembre 1926, il fut arrêté avec sa compagne à la porte de la Librairie Internationale. Après quelques jours de détention le couple fut expulsé le 20 novembre et gagna la Belgique. Expulsé au bout de quelques mois, il partit alors pour la Suisse d’où il continua sa collaboration à L’Adunata dei Refrattari et à la revue individualiste Eresia di oggi e di domani (New-York, 9 numéros d’avril 1928 à mars 1929). En novembre 1928, le couple fut expulsé de Suisse. Ils allaient désormais vivre clandestinement, sous un faux nom, avec l’aide de Bertoni*, principal responsable du Risveglio, et du franc-maçon Giuseppe Chiostergi, animateur de la section genevoise de la Ligue des droits de l’homme.

Au printemps 1932, il parvint à gagner la Tunisie où il fut aidé par Nicolo Converti et Luigi Damiani. Fin 1932, il fut expulsé de Tunisie et après un bref passage à Marseille, où il ne put pas embarquer pour les États-Unis, il regagna clandestinement la Suisse où il vécut dans un petit village près de Genève avec quelques incursions en Savoie ; il touchait une modeste rémunération de collaborateur au Réveil/Risveglio.

A la fin de la guerre, il rentra à Palerme d’où il collabora notamment à la revue Volontà (Naples). Nino Napolitano continua sa collaboration à l’Adunata jusqu’à son décès survenu à Palerme le 17 novembre 1958.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article156595, notice NAPOLITANO Antonino, dit Nino [Dictionnaire des anarchistes] par Rolf Dupuy, Marianne Enckell, version mise en ligne le 2 mars 2014, dernière modification le 2 mars 2014.

Par Rolf Dupuy, Marianne Enckell

SOURCES : Dizionario biografico degli anarchici…, op. cit. (Notice de S. Fedele). — Chantier biographique des anarchistes en Suisse — L. Bettini, Bibliografia…. , op. cit. — Arch. Dép. Gard, 1M757 (Menées terroristes…). — Libertaire, 3 décembre 1926.

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