VIAL Louis Paul [Dictionnaire des anarchistes]

Par Rolf Dupuy, Maurice Moissonnier

Né le 8 mars 1886 à Meximieux (Ain), guimpier puis tisseur. Déserteur, envoyé au bagne.

Fils d’un marchand tailleur, orphelin de mère à l’âge de 9 ans, Louis Vial avait commencé à travailler à Lyon dès ses 16 ans et avait adhéré au groupe du Nid rouge. Fin 1917, soldat au 1er régiment mixte de zouaves et à la suite de la distribution dans des usines de Lyon et de la banlieue, à la Croix-Rousse, Sathonay, Caluire, de tracts défaitistes signés d’un Comité d’action révolutionnaire des ouvriers et soldats qui exaltait l’exemple donné par les Russes, il fut inculpé ainsi que treize autres suspects dont trois femmes. Déféré le 9 avril 1918 devant le conseil de guerre de Lyon, Louis Vial, qui avait déserté, était alors en fuite. Arrêté quelques semaines plus tard, il fut jugé par la Cour d’assises du Rhône qui, le 24 juillet 1918, le condamna à huit ans de prison pour vol qualifié : le groupe de déserteurs auquel son cas fut joint avait en effet pillé une villa pour trouver les moyens de survivre. Vial fut le seul à nier sa participation à ce pillage, affirmant que ses convictions politiques lui interdisaient le recours à de tels expédients.

Le 21 mars 1919, il comparut de nouveau devant le 3e conseil de guerre qui, pour "désertion, fabrication de fausses permissions et fausses feuilles de route", lui infligea dix ans de travaux forcés. Transféré au bagne de Guyane en 1923, où il passa par divers lieux de détention, Vial retrouva quelques compagnons anarchistes et participa à l’une des tentatives d’évasion d’Eugène Dieudonné qui sera plus tard le signataire de sa défense publiée dans le n°4 (octobre 1928) du Bulletin du Comité de Défense sociale (Paris, 5 numéros de novembre 1927 à décembre 1929), défense éditée en brochure sous le titre Un innocent au bagne : Louis Paul Vial.

L’ensemble des syndicats lyonnais réunis sous l’égide de la Bourse du Travail conduisirent une vigoureuse campagne pour sa libération. L’ordre du jour voté au meeting organisé le 24 mai 1928 affirmait son innocence pour l’accusation de vol qualifié, notait que la condamnation se fondait sur les affirmations de deux condamnés qui avaient varié dans leurs propos, soulignait les preuves de haute moralité données en sa faveur, tant en liberté qu’au bagne, et réclamait sa libération, son rapatriement ainsi que l’amnistie pour l’assignation à résidence qui le frappait.

Malgré plusieurs évasions et plusieurs rejets du recours, Vial obtint sa libération en avril ou juin 1929. Libéré et rapatrié, il fut embauché en 1929 dans une coopérative lyonnaise de consommation.

Il se maria le 21 juin 1947 à Toulon (Var) avec Marie Jeanne Alice Soleillet.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article156628, notice VIAL Louis Paul [Dictionnaire des anarchistes] par Rolf Dupuy, Maurice Moissonnier, version mise en ligne le 24 février 2014, dernière modification le 30 mars 2020.

Par Rolf Dupuy, Maurice Moissonnier

SOURCES : Arch. Dép. Rhône, PP. 4 M 4 535. — Lyon républicain, 10 avril 1918. — Le Semeur, mars-avril 1928, décembre 1929. — E. Dieudonné, « Un innocent au bagne : Louis Paul Vial », Bulletin du Comité de défense sociale, octobre 1928. — R. Bianco, Un siècle de presse anarchiste…, op. cit. — ANOM Col H1500. — État civil.
Iconogr. : Bulletin du Comité de défense sociale, n°4.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
fiches auteur-e-s
Version imprimable Signaler un complément