LÉVY Maurice [pseudonyme dans la Résistance : VIAL]

Par Jean-Marie Guillon

Né le 3 avril 1912 à Lyon (Rhône), fusillé le 18 juillet 1944 à Signes (Var) ; agent de renseignement d’un réseau de renseignement de l’Office of Strategic Services (OSS).

Originaire de Lyon, résidant à Nîmes (Gard), Maurice Lévy était un agent de renseignement d’un réseau américain de l’Office of Strategic Services (OSS), le réseau OSS Jacques auquel appartenait son frère, Jacques Lardan, qui habitait, lui, à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône). Il avait été recruté dans le réseau par son créateur Jacques Alziary de Roquefort, un ancien camarade de classe, qui avait été parachuté en Auvergne en juillet 1943. En mai 1944, Jacques Lévy a été chargé avec Jean Naville de trouver un lieu proche de la vallée du Rhône pour y installer un émetteur radio. Diverses complicités les conduisirent chez Fernand Jean, garagiste à Apt (Vaucluse), chef départemental de la SAP (Section atterrissages et parachutages) qui les confia à Antoine Chatagnon, membre des Francs Tireurs et Partisans. Ce dernier assura l’hébergement et la protection du radio, Robert Rouet, et de Jean Naville (qui fut tué non loin de là, à Coustellet, le 19 août 1944). Jacques Lévy repartit à Nîmes où il fut arrêté le 5 juin 1944 par le Sipo-SD. Emprisonné à Nîmes, puis aux Petites Baumettes à Marseille (Bouches-du-Rhône), il aurait été pris pour un officier parachuté. C’est ainsi en tout cas qu’il se présenta à son compagnon de cellule, Daniel Bénédite, qui en fit une description émouvante dans ses souvenirs : « Il gardait un excellent moral qu’il m’avait communiqué. Animateur de la cellule, il imitait à la perfection Charles Trénet et débitait de bonnes histoires pleines d’humour puisées dans son abondant répertoire. Le 14 juillet, il revêtit son complet marron de bonne coupe, se coiffa d’un élégant chapeau de feutre assorti, se mit une cravate – accessoires qu’il a pu conserver par je ne sais quelle astuce. Il nous fait chanter La Marseillaise en sourdine et il ne peut s’empêcher de crier par la fenêtre « Vive la France ! Vive la République ! Vive De Gaulle ! » […] Il composa le strophes de l’Hymne des Baumettes sur l’air de On est zazou, zazou swing. Il avait eu dès le début de juillet l’idée de rédiger un journal humoristique ». Il s’agissait du Le Canard déchaîné qui eut quatre numéros du 13 au 17 juillet. Par l’intermédiaire d’un interprète, à qui il avait fourni son code (« 1908 Maurice »), le lieutenant Vial (Maurice Lévy) fit passer des informations à la Résistance à l’extérieur. Ses camarades, Jacques Alziary de Roquefort et Jean Naville, tentèrent en vain de préparer son évasion. Il fit partie de la fournée des vingt neuf résistants fusillés, après un jugement sommaire sur place, le 18 juillet, au fond d’un vallon isolé, dans les bois de Signes. D’après Dunker Delage, qui était le pivot de la section IV de la Sipo-SD, le jugement aurait été prononcé par la cour martiale de la 244e Division d’infanterie. Les corps furent exhumés le 17 septembre 1944. Un monument funéraire a été inauguré le 18 juillet 1946 dans le lieu, connu désormais comme le « Vallon des fusillés » et devenu nécropole nationale en 1996.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article156911, notice LÉVY Maurice [pseudonyme dans la Résistance : VIAL] par Jean-Marie Guillon, version mise en ligne le 5 février 2015, dernière modification le 20 novembre 2020.

Par Jean-Marie Guillon

SOURCES : Daniel Bénédite, Un chemin vers la liberté sous l’Occupation. De Varian Fry au débarquement en Méditerranée. Marseille-Provence 1940-1944, édition du texte Jean-Marie Guillon et Jean-Michel Guiraud, Paris, Éditions du Félin, Paris, 2017. – Fabrizio Calvi, OSS. La guerre secrète en France. Les services spéciaux américains. La Résistance et la Gestapo 1942-1945, Paris, Hachette, 1990.

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