MANDOUL Raoul, Raymond, Albert

Par Bertrand Gogendeau

Né le 4 juillet 1921 à Angoulême (Charente), fusillé le 21 février 1942 à Angers (Maine-et-Loire) ; charpentier.

En 1941, Raoul Mandoul, fils de Roger Mandoul et de Jeanne Étienne, était marié à Marie-Cécile Lamonerie. Ensemble, ils habitaient à Fléac (Charente) et avaient un enfant, Aline Mireille Rose née le 14 Avril 1941.
Le 2 janvier 1942, suite à une dénonciation, il fut arrêté par des Feldgendarmes pour détention d’arme. Il fut ensuite conduit à la prison d’Angoulême (Charente) et condamné à cinq années de travaux forcés par le tribunal allemand (FK 887) d’Angoulême. Par la suite, il fut amené par la Feldgendarmerie de la Feldkommandantur 779, dans le quartier allemand de la prison du Pré-Pigeon d’Angers, le 18 février 1942 à 15 heures, sous le matricule no 476. Compte tenu de la date de son arrivée à Angers et de la date de son exécution, il avait certainement été conduit à Angers pour être jugé uniquement. Il fut condamné à mort par le tribunal allemand d’Angers le 20 février 1942 pour « détention illicite d’armes ».
Le 21 février 1942, à 15 heures, Raoul Mandoul a été fusillé derrière le stand de tir militaire de Belle-Beille à Angers.
Après son exécution, il fut mis en bière immédiatement et inhumé au cimetière de l’Est à Angers (carré no 5, rang no 7, fosse no 21). Les autorités allemandes n’ayant pas transmis son nom au maire d’Angers, il fut exhumé, le 7 mars 1942, à 9 heures, pour identification. Le docteur Henri Pasquier, présent sur place pour constater les causes du décès, écrivit dans son rapport que « le corps porte des blessures par balles dans la région du coeur et une blessure par balle de la région temporale gauche ».
Dans l’une de ses poches de pantalon, y fut trouvée une enveloppe, portant comme adresse « Monsieur Raoul Mandoul, maison d’arrêt, section allemande, Angoulême (Charente) ». Elle contenait des billets de banque. Plus tard, les autorités allemandes remirent une valise au maire d’Angers appartenant à Mandoul et lui laissèrent le soin de faire prévenir son épouse de l’exécution. Le 7 mars 1942, Mme Mandoul écrivit au concierge du cimetière de l’Est pour connaître l’emplacement de la tombe de son mari. Aujourd’hui, Raoul Mandoul repose dans le carré militaire des « Morts pour la France 1939-1945 », no 48, dans le rang no 8, tombe no 15. Sa croix porte la mention « fusillé ».
Officiellement et selon le registre des inhumations du cimetière de l’Est d’Angers, Raoul Mandoul fut le premier homme à être fusillé, dans la clairière de Belle-Beille, par les autorités allemandes suite au jugement d’un tribunal militaire.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article156916, notice MANDOUL Raoul, Raymond, Albert par Bertrand Gogendeau, version mise en ligne le 20 février 2014, dernière modification le 4 janvier 2022.

Par Bertrand Gogendeau

SOURCES : DAVCC, Caen (Notes Thomas Pouty). – Arch. mun. Angers, 4 H 103, 42 M, 303 W 291, 303 W 293. – Arch. Dép. Maine-et-Loire, 181 J 50. – Acte de décès. – Registre des inhumations du cimetière d’Angers-Est. – Registre de la maison d’arrêt d’Angers pour le quartier allemand (p. 210-211). — Sources familiales.

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