BOUCAULT Jean, Roger

Par Annie Pennetier

Né le 30 juillet 1915 à Bordeaux (Gironde), fusillé comme otage le 24 octobre 1941 au camp de Souge à Martignas-sur-Jalle (Gironde) ; peintre en bâtiment ; communiste membre de l’OS.

Fils de Charles, peintre en bâtiment, et Élodie Boucault, Jean Boucault adhéra aux Jeunesses communistes, groupe Maxime Gorki, au début de 1936 ; il distribuait des tracts dans le quartier des Capucins à Bordeaux.
Marié le 10 juillet 1937 à Bordeaux avec Marie-Louise Crétu, le couple eut un enfant qui avait trois ans au moment de l’exécution de son père. Mobilisé en septembre 1939, au sortir de son service militaire, il fut donc absent de chez lui presque trois ans. Séparé, il retourna vivre chez sa mère 5 rue Hugla où il fut arrêté par la police française, sur dénonciation, le 10 juin 1941 pour appartenance à un groupe communiste et propagande. Une perquisition avait eu lieu la veille mais n’avait rien donné.
Selon l’attestation d’Henri Souque (alias lieutenant Perrier) du 19 octobre 1961 (DAVCC), il avait appartenu à l’OS (Organisation spéciale), de fin 1940 à avril 1941, puis il adhéra au Front national. Interné au camp de Mérignac, « il avait participé dans le camp à l’organisation des internés appelés à remplir une tâche de responsable FTP ».
En représailles à l’attentat de Nantes, le 20 octobre, contre l’officier allemand Reimers, il a été fusillé par les autorités allemandes, à Souge, avec 49 autres otages (23e de la liste) ; il avait le grade de sergent.
Le ministère des Anciens Combattants lui donna la mention « Mort pour la France » en janvier 1946, le certificat d’appartenance à la Résistance intérieure française en mai 1949. Puis le directeur interdépartemental lui attribua la carte d’Interné Résistant (IR) en avril 1963. En 1964, la commission nationale demanda une révision de cette dernière attribution « avis réservé une requête sera effectuée auprès du préfet ». Les attestations d’octobre 1961, des voisins lors de l’arrestation (« nous l’avons appris par la suite motivée pour fait de résistance », dirent-ils) et d’anciens internés de Mérignac (« actions dans le camp, grève de la faim, refus de trahir ») furent utilisées et aboutirent, le 27 août 1970, à « un rejet d’une demande d’attribution du titre d’Interné Résistant, la cause déterminante de la détention suivie d’exécution n’a pas été qualifiée de résistance à l’ennemi ». Nous sommes ici face aux tensions habituelles entre l’administration des anciens combattants et la résistance communiste.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article156959, notice BOUCAULT Jean, Roger par Annie Pennetier, version mise en ligne le 17 mars 2014, dernière modification le 6 mai 2016.

Par Annie Pennetier

SOURCES : DAVCC, Caen, 21P428737. – Site camp de Souge. – Christophe Dabitch, Les cinquante otages, un assassinat politique, éditions CMD, 1999. – État civil. – Comité du souvenir des fusillés de Souge, Les 256 de Souge, op. cit., p. 42.

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