RICHARD Eugène

Par Julien Cahon

Né le 1er septembre 1903 à Vincennes (Seine, Val-de-Marne), mort à L’Etoile (Somme) le 11 novembre 1986 ; médecin ; résistant ; sympathisant communiste ; président départemental de l’UFAC et de la FNDIRP ; maire divers gauche de L’Etoile (1934-1965).

Eugène Richard, prononçant un discours lors de l’inauguration du groupe scolaire Jules Ferry, le 18 octobre 1953.
Eugène Richard, prononçant un discours lors de l’inauguration du groupe scolaire Jules Ferry, le 18 octobre 1953.
Source : Site internet sur L’Etoile et son histoire, par Ghislain Lancel.

Fils de Francis Richard, instituteur, et Marie Drouet, sans profession, Eugène Richard fut élève au lycée Louis le Grand et poursuivit ses études à la faculté de médecine de Paris. Après avoir soutenu sa thèse, il se maria, à Paris (XIIe arr.), le 11 septembre 1933, avec Josette Trouvelot, sage-femme. Le couple vint s’installer à L’Etoile (Somme) en 1933 également. L’année suivante, il fut élu conseiller municipal et maire de cette commune. Pacifiste, il dénonça la menace hitlérienne et se rapprocha du comité Pleyel.
En 1939, il fut mobilisé en qualité de médecin-lieutenant de l’armée de l’air (compagnie 44/104). Rendu à la vie civile, il reprit son poste de premier magistrat et entra dans la résistance. Il fut arrêté le 28 janvier 1942 par les policiers militaires de l’Abwehr sous l’inculpation d’avoir favorisé la fuite de militaires anglais. En réalité, son activité se manifestait en faveur des évadés français et belges, qu’il hébergeait, nourrissait et dont il facilitait le passage de la Somme. Incarcéré à Amiens, déporté à Bruxelles au siège de l’Abwehr près de la gare du Midi (prison Saint-Gilles), puis en Allemagne, à Bochum, Dusseldorf et Hambourg, il fut libéré par les Anglais après avoir été blessé deux fois par les bombardements alliés.
Il rentra de captivité le 2 juin 1945 et fut réélu maire de L’Etoile. Personnalité de gauche, mais non affilié à un parti politique, il avait formé une liste avec le PCF, qui comptait sept élus sur dix-sept. Mais, avant les élections municipales du 26 avril 1953, la section communiste de l’Etoile, dont le secrétaire était Désiré Paris*, exigea la majorité des conseillers (12 puis 9). Eugène Richard s’y refusa et le PCF présenta une liste contre celle du docteur Richard, qui comprenait dix conseillers sortants et qui fut largement réélu. La liste d’Eugène Richard recueillit de 726 (tête de liste) à 538 voix (sur 834 votants), celle emmenée par le communiste Désiré Paris, entre 292 (tête de liste) et 168 suffrages. Le premier adjoint du docteur Richard était Roger Minard, un syndicaliste CGT. Lors des élections de mars 1959, les deux listes s’opposèrent à nouveau : la liste Richard obtint 16 sièges sur 17 dès le premier tour, la tête de liste obtenant 577 voix (sur 851 suffrages exprimés) tandis que le leader communiste Désiré Paris était élu au second tour.
En 1958, Eugène Richard fut candidat au conseil général dans le canton de Picquigny : il totalisa 1 825 voix (sur 7 635 suffrages exprimés), derrière le candidat communiste Roger Godard (2 744 voix) et le conseiller radical-socialiste sortant, Eugène Leclercq (2 079 voix), mais devant le socialiste Germain Obry (618 voix) et le représentant de la droite, Durand (369 voix), qui se désistèrent en faveur de Leclercq, tandis qu’Eugène Richard se retira simplement.
En tant que maire de L’Etoile, Eugène Richard favorisa et anima une très large action en faveur de l’Aide médicale et sociale, ce qui permit à de nombreuses familles de pouvoir bénéficier des soins nécessaires à leur maintien en bonne santé. Il fit également construire le groupe scolaire de l’Etoile puis celui des Moulins Bleus pour remplacer les écoles communales vétustes. A son actif, figuraient aussi la construction du lotissement des Castors, initiative qualifiée de très risquée pour cette époque, et l’édification de la salle des Fêtes. Il quitta ses fonctions de maire en avril 1965, et fut désigné maire honoraire. La même année, au cours de l’été, alors que la filature Saint Frères cessa ses activités, il créa et présida le Comité de défense de l’industrie textile de la vallée de la Nièvre, comité qu’il anima pendant de nombreuses années avec beaucoup de dynamisme et de conviction et qui aboutit d’ailleurs à la construction d’un syndicat intercommunal, devenu aujourd’hui CCVN (Communauté de communes du val de Nièvre et environs).
De 1981 à 1986, il présida l’Union départementale des associations de combattants et victimes de guerre dans la Somme. A la mort de Jean Boën, il reçut la présidence départementale de la FNDIRP.
Il fut inhumé dans le caveau familial du cimetière du Père Lachaise à Paris.
Eugène Richard avait été décoré de la Légion d’honneur (chevalier) à titre militaire, de la Croix de guerre 1939-1945 avec palmes, et de la médaille de la résistance
Son nom fut donné à une rue de L’Etoile : la rue du docteur Richard, ancienne rue du Pont où il avait toujours résidé.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article156965, notice RICHARD Eugène par Julien Cahon, version mise en ligne le 31 mars 2014, dernière modification le 3 septembre 2020.

Par Julien Cahon

Eugène Richard, prononçant un discours lors de l'inauguration du groupe scolaire Jules Ferry, le 18 octobre 1953.
Eugène Richard, prononçant un discours lors de l’inauguration du groupe scolaire Jules Ferry, le 18 octobre 1953.
Source : Site internet sur L’Etoile et son histoire, par Ghislain Lancel.

SOURCES : Arch. Dép. Somme, 21W301. — Arch. Mun. Amiens (bibliothèque Louis Aragon), dossier PIC guerre 39-45 : résistance. — Site internet sur L’Etoile et son histoire, par Ghislain Lancel. — État civil.

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