BARDOLLET Félix

Par Jean Belin

Né le 18 novembre 1885 à Savigny-lès-Beaune (Côte-d’Or), mort à Dijon (Côte-d’Or) le 6 mai 1971 ; employé des Tramways électriques puis des assurances sociales ; syndicaliste CGT puis FO et mutualiste de Côte-d’Or ; conseiller municipal de Dijon ; militant socialiste.

Fils de Célestin Bardollet, voiturier, et d’Émilie, Anna Philippe, sans profession, Félix Bardollet était chauffeur mécanicien avant son incorporation d’octobre 1906 à octobre 1907. De mai 1909 à mai 1910, il était employé comme manoeuvre à la Compagnie du PLM à Dijon-Perrigny et participa à la grève de 1910. Il fut embauché comme receveur à la Compagnie des tramways électriques à Dijon du 1er juillet 1910 au 1er janvier 1938 avec une interruption d’août 1914 à février 1919 où il était mobilisé à la section des infirmiers. Il contribua en juin 1912 à la re-fondation du syndicat des Tramways électriques créé en 1901, mais dissous en 1903, et en fut le secrétaire général de 1912 à l’assemblée générale (AG) du 21 février 1934, qui prononça son exclusion de tous ses mandats rattachés au syndicat. Son exclusion du syndicat fut aussi évoquée. Elle devint effective en 1939.
En 1921, il était l’un des chefs des « majoritaires » dans la Côte-d’Or et fut secrétaire adjoint en 1922 après la scission, puis secrétaire général le 30 juin 1929 de l’Union Départementale confédérée ; il le resta jusqu’en 1931. Délégué de la Fédération nationale des Transports (1920-1936) pour la région de Dijon, il participa aux congrès internationaux de Vienne, Londres et Bruxelles. Félix Bardollet constitua la société de secours mutuels du personnel de la Compagnie des tramways électriques (1913), en fut le président jusqu’en 1933 et fut directeur fondateur de l’Union mutualiste des Transports (1934-1938).
Membre de la SFIO, de 1919 à 1924, il fut élu conseiller municipal de Dijon dans la liste radicale et conservatrice conduite par Gaston Gérard puis quitta en 1934 Dijon pour Paris où il était appelé par ses fonctions mutualistes. De retour à Dijon, il fut employé aux Assurances sociales comme visiteur médical le 1er décembre 1938.
Lors du 25e congrès de l’UD du 22 mai 1938, sa candidature fut proposée pour le renouvellement des membres de la commission administrative aux 400 délégués présents, représentants 80 syndicats, mais la majorité des congressistes rejetèrent sa candidature après un vote à bulletin secret.
Avec son frère Émile Bardollet et d’autres militants de la tendance confédérée, il contribua à exclure des militants unitaires communistes des directions de syndicats et du conseil d’administration de l’Union Départementale CGT de Côte-d’Or en septembre 1939 (voir Gabriel Lejard). Dans ses mémoires (Archives déposées à l’imprimerie coopérative ouvrière de Dijon), Henri Silvestre le fondateur de l’ICO le décrit ainsi : « le sinistre Bardollet Félix, éternel transfuge qui, à travers les années, essaya de surnager par-dessus tous les courants et aussi, avec n’importe quel moyen ».
Durant l’Occupation, Félix Bardollet présida le syndicat légal professionnel d’entraide du personnel des Assurances sociales de la Région de Dijon qu’il reconstitua le 13 juin 1941. Dans un premier temps, il défendit des positions vichystes en matière syndicale publiant par exemple dans Au Travail du 22 mars 1941, un article « En attendant le statut du travail » et même collaborationnistes puisque Félix Bardollet fut membre de la Ligue de pensée française, une organisation pacifiste favorable à la collaboration avec l’Allemagne. Cette ligue a été créée en novembre 1942 par des dissidents du Rassemblement National Populaire de Marcel Déat et des pacifistes dans la mouvance du philosophe Alain qui refusaient la dérive fasciste et militariste du RNP. Félix Bardollet semble avoir joué un double jeu qui explique la place qu’il va occuper après guerre : il aurait participé en effet à la vie clandestine de la CGT et fait partie du réseau « Agir ».
Après la Libération, il fut président du comité de réorganisation syndicale de la Côte-d’Or (1945-1946) et de la commission d’épuration. En mars 1947, et afin de s’adapter à la loi de création de la Sécurité sociale, le syndicat changea de titre pour devenir le syndicat des employés et employées des organismes sociaux de la Côte-d’Or. Félix Bardollet en fut, jusqu’à la scission de décembre 1947, le secrétaire général. Il passa alors à la CGT-FO. Il fut président fondateur de l’Union nationale des sociétés mutualistes d’entreprises et inter-entreprises du personnel des organismes sociaux et vice-président de la Fédération nationale des retraités du personnel des organismes sociaux. Il fut proposé par l’UD CGT de Côte-d’Or pour participer au conseil d’administration de la Caisse Primaire de Sécurité Sociale en avril 1947. Félix Bardollet se maria le 20 décembre 1910 à Dijon avec Pierrette Echaillier, sans profession, le 25 mars 1887 avec laquelle il eut trois filles et un fils (Germaine, Marcelle, Alberte et Pierre), domiciliés au 22 rue du Mont des Vignes à Dijon en 1931. Son épouse décéda en octobre 1931 et il se remaria le 30 juillet 1935 à Paris avec Marie Charlotte Joblot. Bardollet fut commandeur du Mérite social et reçut la Légion d’honneur.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article15699, notice BARDOLLET Félix par Jean Belin, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 23 juillet 2020.

Par Jean Belin

SOURCES : Arch. Nat. F7/12981. — L’Éclaireur socialiste. — Le Socialiste côte-d’orien. — Comptes rendus des congrès de la Fédération des Transports CGT 1923 à 1936. — Témoignages de Ch. Vègue et F. Bardollet. — Arch. IHS CGT Côte-d’Or, fonds de l’UD, comptes-rendus des réunions et assemblées dans fonds du syndicat des Tramways électriques de Dijon. — Arch. Municipales de Dijon, sous-série 7F. — Arch. Dép. de Côte-d’Or, état civil, recensement de la population et fiche de recrutement militaire. — Arch. de l’Institut d’histoire des organismes sociaux de la Côte-d’Or. — Le syndicalisme dans la France occupée, Michel Margairaz et Danielle Tartakowsky, presses universitaires de Rennes, 2008. — La Bourse du travail de Dijon et le syndicalisme CGT en construction de 1890 à 1930, Jean Belin, novembre 2016. — Michel Dreyfus, Syndicats nous voilà ! Le syndicalisme vichyssois à travers un journal : Au Travail, op.cit. —Notes de Gilles Morin. — Remplace la notice DBMOF du 20 octobre 2008, sans signature.

ICONOGRAPHIE : La CGT..., op. cit., p. 484.

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